Charles Baudelaire,
Les Fleurs du mal/1857
“ Lesbos, où les baisers sont comme les cascades ! Lesbos où les Phrynés l’une l’autre s’attirent, Où jamais un soupir ne resta sans écho, À l’égal de Paphos les étoiles t’admirent, Et Vénus à bon droit peut jalouser Sapho ! — Lesbos où les Phrynés l’une l’autre s’attirent, Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses, Qui font qu’à leurs miroirs, stérile volupté, Les filles aux yeux creux, de leur corps amoureuses, Caressent les fruits mûrs de leur nubilité, Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses, Laisse du vieux Platon se froncer l’œil austère ”
