Guillaume Amfrye de Chaulieu

Élements biographiques

Portrait de Guillaume Amfrye de Chaulieu Guillaume Amfrye de Chaulieu Poésies de Chaulieu

Je rends graces au Ciel que l’esprit de retraite
Me presse chaque jour d’aller bientôt chercher
Celle que mes Aïeux plus sages s’étoient faite,
D’où mes folles Erreurs avoient su m’arracher.
C’est-là, que jouissant de mon indépendance,
Je serai mon Héros, mon Souverain, mon Roi ;
Et de ce que je vaux la flatteuse ignorance
Ne me laissera voir rien audessus de moi.
Tout respire à la Cour l’erreur et l’imposture :
Le Sage avant sa mort doit voir la vérité.
Allons chercher des lieux où la simple Nature
Riche [3] de ses biens seuls fait toute la beauté.
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Portrait de Guillaume Amfrye de Chaulieu Guillaume Amfrye de Chaulieu Poésies de Chaulieu

Je vis pour moi, content que ma seule indolence
Me tienne lieu de biens, de fortune & de Cour.
Si j’ai du goût pour quelque Belle,
J’y trouve du plaisir, & n’en crains point de maux ;
Je ne veux que boire avec elle,
Et me moquer de mes Rivaux.
Revenu des erreurs, après de longs détours,
Comme moi, vous aurez recours
Quelque jour aux leçons de la philosophie,
Qui ne déçut jamais le sage qui s’y fie,
Et dont j’ai si souvent éprouvé le secours.
C’est elle qui me fait avec tranquillité
Regarder fixement le terme de la vie.
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Portrait de Guillaume Amfrye de Chaulieu Guillaume Amfrye de Chaulieu Poésies de Chaulieu et du marquis de La Fare

Qui m’avoit traité de poëte, en m’envoyant à Anet
deux cents billets blancs
de la loterie du roi, tirée à Saint-Germain en 1680.
Quelque faveur que l’on me fasse,
Jamais d’un assez long sommeil
Je n’ai dormi sur le Parnasse,
Pour me trouver, à mon réveil,
Salué du nom de poëte ;
Moi, qui ne me serois vanté
Que d’en avoir eu la manchette,
La marotte, ou la pauvreté.
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