Résumé

Portrait de Guillaume Amfrye de Chaulieu Guillaume Amfrye de Chaulieu Poésies de Chaulieu et du marquis de La Fare

AU DUC DE NEVERS,
en 1680.
Excuse, grand Nevers, la lenteur de ma veine.
L’hiver a glacé l’Hippocrène :
Pégase ne peut plus marcher,
Et la divine Melpomène
En Lipare s’en va chercher
Brontes pour le ferrer à glace ;
Car tu croiras facilement
Qu’on ne trouve que rarement
Un maréchal sur le Parnasse,
Où jamais d’artisan grossier
De grimper n’auroit eu l’audace,
Si, pour te plaire, près d’Horace,
Apollon n’avoit donné place
À Maître Adam ton menuisier.
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Portrait de Guillaume Amfrye de Chaulieu Guillaume Amfrye de Chaulieu Poésies de Chaulieu et du marquis de La Fare

En ce Dieu de pitié j’ai mis ma confiance ;
Trop sûr de ses bontés, je vis en assurance
Qu’un Dieu, qui par son choix au jour m’a destiné,
À des feux éternels ne m’a point condamné.
Voilà par quels secours mon âme défendue
A banni les terreurs dont on l’a prévenue,
Et, sans vouloir braver le céleste pouvoir,
A fait céder la crainte aux douceurs de l’espoir.
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Portrait de Guillaume Amfrye de Chaulieu Guillaume Amfrye de Chaulieu Poésies de Chaulieu et du marquis de La Fare

Qui m’avoit traité de poëte, en m’envoyant à Anet
deux cents billets blancs
de la loterie du roi, tirée à Saint-Germain en 1680.
Quelque faveur que l’on me fasse,
Jamais d’un assez long sommeil
Je n’ai dormi sur le Parnasse,
Pour me trouver, à mon réveil,
Salué du nom de poëte ;
Moi, qui ne me serois vanté
Que d’en avoir eu la manchette,
La marotte, ou la pauvreté.
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