Victor de Laprade

Victor de Laprade

Résumé

Portrait de Victor de Laprade Victor de Laprade À la patrie

Et déjà dans son cœur dont tout le sang a fui
Il a senti couler l’âme d’un peuple immense :
Les grands siècles futurs se lèvent devant lui.
C’est ainsi, pour nous faire une France immortelle,
Qu’ils tombaient souriant, nos superbes aïeux ;
Qu’ils ont, pendant mille ans, trouvé la mort si belle,
Qu’alors tout cœur de brave était un cœur joyeux.
On s’immolait, chacun à sa noble chimère,
À sa gloire, à son Dieu, — deux mots anéantis !
L’homme ignorait encor la nature, une mère
Qui nous a créés tous serfs de nos appétits.
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Portrait de Victor de Laprade Victor de Laprade À la patrie

Depuis que mon cœur bat, j’ai vécu de ta gloire :
Le vieillard garde encor les ardeurs de l’enfant.
Ah ! je t’ai bien aimée, et du fond des entrailles !
Même à travers ces temps où je n’ai pas vécu,
Mon âme était présente à tes grandes batailles,
Et je sais ce que c’est que de mourir vaincu.
Mais je sais qu’on revit, après mille défaites,
A force de vertu, pur d’orgueil et de fiel ;
Je sais pour tes soldats ce qu’ont pu tes prophètes,
Rien qu’en tenant leurs cœurs élevés vers le ciel.
Je ne cesserai point d’aiguillonner les âmes,
De leur crier : « Plus haut ! »
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Portrait de Victor de Laprade Victor de Laprade À la patrie

Que son peuple soit tien, triomphant ou souffrant,
Et qu’on dise à jamais dans l’histoire du monde :
« L’œuvre de Dieu s’y fait des mains du peuple franc. »
Cher pays, je m’en vais dormir sous tes grands chênes,
D’un inutile amour j’emporte les remords.
Pourtant s’il faut livrer des batailles prochaines,
Parmi les bons soldats compte aussi tes vieux morts.
Tu le sais mieux que moi, chère âme de la France,
Les amours que Dieu veut survivent au trépas ;
Tous ceux qui dans le Christ ont mis leur espérance
L’immense éternité ne les sépare pas.
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