“ Ce bon roi Dagobert, si étourdi, si peu soigneux de sa personne, mangeur si avide, buveur si infatigable, chasseur si effarouché, guerrier si timide, si pacifique ami de saint Éloi, si prompt à la riposte enjouée, ce Dagobert-là ne ressemble guère au véritable Dagobert Ier, fils du cruel Chlother II, petit-fils de la cruelle Frédégonde, roi des Franks de Neustrie, d’Austrasie, de Bourgogne et d’Aquitaine. Si l’on en croit la chanson, la France n’a jamais eu de roi plus débonnaire ; si l’on interroge l’histoire, peu de princes ont été plus terribles. ”
Dagobert
Définition et enjeux
Dagobert, figure historique des origines du royaume des Francs, a inspiré des récits divers. Eugène Sue le dépeint comme un père protecteur et émotif dans Le Juif errant, où ses réactions dramatiques mettent en évidence ses conflits intérieurs.
En revanche, l'œuvre anonyme Légendes pour les enfants le place dans un cadre mythique, où ses actes, comparables à ceux d’un roi ivre et impétueux, oscillent entre le grotesque et le sacré. Ces approches contrastées, mêlant récit historique et fiction, révèlent la richesse de son héritage culturel.
Citations sur “Dagobert”
“ Par un mouvement spontané, chaque sœur prit une main de Dagobert et se serra contre lui en regardant le magistrat d’un air à la fois inquiet et candide. C’était un tableau si touchant, que ce vieux soldat présentant pour ainsi dire à son juge ces deux gracieux enfants aux traits remplis d’innocence et de charme, que le bourgmestre, par un nouveau retour à des sentiments pitoyables, se sentit vivement ému ; Dagobert s’en aperçut ; aussi avançant, en tenant toujours les orphelines par la main, il lui dit d’une voix pénétrée : — Les voilà, ces pauvres petites, M. le bourgmestre, les voilà. ”
“ Dagobert eut alors un moment d'étourdissement, de vertige; sa pensée lui échappait; tout ce qui lui arrivait était si soudain, si incompréhensible, qu'il lui fallut quelques minutes pour se remettre, pour bien se convaincre que sa femme, cet ange de bonté dont la vie n'était qu'une suite d'adorables dévouements, sa femme, qui savait ce qu'étaient pour lui les filles du maréchal Simon, venait de lui dire: «Ne m'interroge pas sur leur sort, je ne peux te répondre.» L'esprit le plus ferme, le plus fort, eût vacillé devant ce fait inexplicable, renversant. ”
