“ Ce bon roi Dagobert, si étourdi, si peu soigneux de sa personne, mangeur si avide, buveur si infatigable, chasseur si effarouché, guerrier si timide, si pacifique ami de saint Éloi, si prompt à la riposte enjouée, ce Dagobert-là ne ressemble guère au véritable Dagobert Ier, fils du cruel Chlother II, petit-fils de la cruelle Frédégonde, roi des Franks de Neustrie, d’Austrasie, de Bourgogne et d’Aquitaine. Si l’on en croit la chanson, la France n’a jamais eu de roi plus débonnaire ; si l’on interroge l’histoire, peu de princes ont été plus terribles. ”
Dagobert Ier de Bourges
Définition et enjeux
Citations sur “Dagobert Ier de Bourges”
Lucien Davesiès de Pontès, Etudes sur l'histoire de Paris ancien et moderne… (1871)
“ Ils avaient confié le gouvernement de ces provinces à des ducs et à des comtes, qui avaient fini par en épouser la nationalité et par se rendre tout à fait indépendants. Dagobert Ier prétendit gouverner lui-même, du fond de l'Austrasie, ce royaume, qu'au mépris de la loi Salique il voulut garder sans partage. Son frère Charibert se retira dans le midi et s'y créa d'autant plus facilement un parti, qu'il avait épousé la fille du duc de Gascogne. ”
“ Charibert établit sa résidence à Toulouse, et la troisième année de son règne, avec une armée, il soumit à son pouvoir toute la Gascogne, et par là étendit un peu plus son royaume. Dagobert régnant déjà depuis sept ans, et en possession, comme nous l’avons dit, de la plus grande partie du royaume de son père, alla en Bourgogne [36] . L arrivée de Dagobert frappa d’une si grande crainte les évêques, les grands et tous les Leudes du royaume de Bourgogne, que c’était une chose étonnante ; mais il procura une grande joie aux pauvres en leur rendant justice. ”
Gustave Ducoudray, Histoire générale, depuis l'invasion des barbares jusqu'en 1610… (1883)
“ Cette constitution, qui avait pour objet de mettre un peu d'ordre dans la société, favorisa surtout l'ambition des leudes, auxquels on garantit encore la possession de leurs bénéfices. Dagobert Ier; ses guerres (628-638) . - Clotaire II laissa en 628 les trois royaumes francs à son fils Dagobert qui, depuis l'année 622, avait été déjà donné comme chef aux Austrasiens et s'était signalé, dès sa jeunesse, par son ardeur à combattre les Saxons. Lorsqu'en 628 il eut réuni sous sa domination toute la Gaule, il s'appliqua à étendre au dehors la puissance des Francs. ”
Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy, La Cour du roi Dagobert : récits et légendes des temps mérovingiens… (1854)
“ LE ROI D'YVETOT Ces mouvements de violence furieuse, reprit Balderic, sont dans le sang des fois francs. Dagobert les a hérités de son père Clotaire II, de son aïeul Chilpéric, de son bisaïeul Clotaire Ier. Ordinairement toutefois ils réparent. ”
Légendes pour les enfants (1857)
“ Le royaume était heureux. Tout à coup on le vit dépérir : il s'arrêta, à cause de sa faiblesse, dans sa métairie d'Épinay-sur-Seine, et, le 19 janvier 638 , il rendit l'âme à Saint-Denis, où il s'était fait transporter. Un peu avant de mourir, lorsqu'il eut congédié ses amis, Dagobert avait fait venir ses chiens et les avait caressés doucement. « Il n'y a si bonne compagnie qui ne se quitte, » leur dit-il. Par un article de son testament, Dagobert les léguait à saint Éloi, avec prière de les soigner toute leur vie et de ne les plus mener à la chasse. ”
Légendes pour les enfants (1857)
“ Dagobert est roi des Franks et bon justicier. Ce fut sa première victoire. Deux années après, Chlother mourait et lui laissait-la Neustrie et la Bourgogne. Haribert, frère de Dagobert, héritait du royaume d'Orléans et de l'Aquitaine. C'était un prince d'un esprit très-simple. Dagobert, investi du pouvoir, s'occupa tout de suite de l'avancement des travaux entrepris à Saint-Denis, et aussi du soin de visiter ses États et d'y faire fleurir lui-même la justice. Les rois ne savent pas, d'ordinaire, combien ils auraient de facilité, s'ils le voulaient, à gagner le cœur de leurs peuples. ”
Gaston Paris,
Histoire poétique de Charlemagne
(1865)
“ Le règne à la fois victorieux et pacifique que les Gesta attribuent à Dagobert ressemble beaucoup à celui de Charlemagne dans les légendes ; et l'éloge du roi mérovingien aurait été appliqué sans scrupule, au moyen âge, au fils de Pépin : « Dagobert fut un roi très-fort dans les guerres, nourricier des Francs, sévère dans les jugements, libéral pour les églises. Il établit la paix dans tout son règne; sa gloire retentit dans beaucoup de nations ; il inspira à la ronde la crainte et la terreur dans tous les royaumes; il fut pacifique et gouverna comme Salomon le royaume des Francs s. » ”
Abrégé d'histoire sacrée et profane à l'usage du pensionnat des Ursulines de S-Omer (1858-1861)
“ Après tant de combats, couronnés par la gloire, Qu'il est doux de jouir des fruits de la victoire ! D. Dagobert recueillit-il toute la succession de Clotaire II ? R. Non ; il fut obligé de céder l'Aquitaine 1 à Aribert, son frère. D. Comment Dagobert se conduisit-il sur le trône ? R. Le commencement de son règne donna les plus belles espérances; Dagobert ne se montra d'abord pas inférieur à son père. Il battit les Bretons et les Gascons qui s'étaient révoltés, et pacifia le royaume. Mais bientôt son amour pour les femmes le précipita dans les excès les plus honteux ”
Ernest d' Hervilly, Héros légendaires : leur véritable histoire (1889)
“ Dagobert Ier était mort depuis plus de mille ans quand Molière donna sa comédie des Fâcheux. Et ce fut bien heureux pour le poète ! Car si le roi Dagobert, que la chanson, infiniment trop populaire, hélas! qualifie de bon, bien à tort, attendu qu'il n'y allait pas de main morte quand il s'agissait de faire passer les gens, et par milliers, de vie à trépas. — si le roi Dagobert, dis-je. ”
Légendes pour les enfants (1857)
“ Ainsi faisait Dagobert, aidé des conseils de l'évêque Arnoul, de saint Éloi et de saint Ouen, l'ami de saint Éloi. La simplicité sied bien aux chefs des peuples. C'est pour donner un prétexte à leurs goûts de luxe, qu'ils parlent quelquefois de la nécessité où ils sont d'avoir autour d'eux une cour pompeuse. La vérité est que les rois qu'on aime et qui sont vraiment puissants, se passent bien de tous ces colifichets. Dagobert fut d'abord un roi tout simple. ”
Raoul de Navery,
La fille du roi Dagobert
(1879)
“ Cette pensée assombrit le visage du roi. Il se souvint d'une autre enfant, la première qui eût balbutié le nom de « père » à son oreille. Celle-là, il ne la cherchait point pour la couvrir de baisers. Victime innocente de ses passions égoïstes, elle restait isolée, elle, fille légitime d'une reine, tandis que le fils de la concubine recevait les précoces honneurs de la royauté. Et cependant, tout dans la ville de Metz et le palais d'Austrasie rappelait à Dagobert des souvenirs dont la puissance et le charme l'envahissaient progressivement. ”
François-René Salmon, Les pélerinages des environs de Paris (1874)
“ Quand le roi vit en quel état on avait mis son malheureux favori, sa fureur n'eut plus de bornes. Il fit appeler sur l'heure le jeune prince, disposé à lui infliger un châtiment exemplaire. Mais Dagobert n'eut garde d'obéir, et s'enfuit à toute bride au Vicus Catulliacus, où il s'enferma dans la chapelle de saint Denis. Là, prosterné sur le pavé, il implora l'assistance du glorieux patron des Gaules. Sa prière fut entendue. ”
Pierre Bernadau,
Histoire de Bordeaux,... depuis 1675…
(1839)
“ Ce prince entre en eonquérant pacifique à Bordeaux et érige cette ville en capitale du royaume d'Aquitaine, qui conserve ce titre jusqu'à la mort de Charibert, son petit-fils, qu'on croit avoir été inhumé à Blaye en 650. Alors ce royaume change de nom. Dagobert Ier en fait un duché héréditaire et le donne à son neveu Boggis en 657, à la charge par lui et ses successeurs de se reconnaître vassaux des rois de France. C'est le premier exemple de l'établissement des grands fiefs dans la monarchie française , remarquent les savants auteurs de l'Art de vérifier les dates. ”
Joseph-Alexis Walsh,
Souvenirs historiques des principaux monuments de Paris
(1854)
“ La jeunesse est irréfléchie, ardente, rebelle à tout joug ; il faut ne pas lui garder rancune : je pardonnerai à mon fils. Cette bonne pensée suffit à Dieu et aux saints martyrs. A l'instant même, la main puissante et invisible se leva de dessus le roi et ses gens ; et Dagobert, tombé aux genoux de son père, fut relevé par lui et pressé dans ses bras ; et le second acte du jeune prince fut d'aller demander pardon à son gouverneur, si outrageusement offensé. ”
Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy, La Cour du roi Dagobert : récits et légendes des temps mérovingiens… (1854)
“ Le roi des Vendes la signa : après quoi il s'en retourna comme il était venu, pendant que Dagobert reprenait le chemin de SaintDenis. A la suite d'un long évanouissement, la princesse revint à elle. Lorsqu'elle vit qu'elle était restée seule, elle respira plus librement. Ses actions de grâces, dit encore la légende, furent un chant si éclatant, qu'il retentit dans toute la vallée et rappela sa biche timide. Le bruit de ces merveilles se répandit dans le pays. Les habitants, jusque-là idolâtres, accourent à la grotte et embrassent le Christianisme. Notburge les civilise ”
Paul Lacroix,
Le Moyen-âge et la Renaissance…
(1848)
“ Aussitôt, la foudre éclate, trois jeunes hommes vêtus de blanc s'élancent à la poursuite des démons, délivrent -l'âme prisonnière et l'emportent avec eux dans le ciel. C'était l'âme du saint roi Dagobert, qui reçut ainsi un brevet de paradis et qui faillit être canonisé comme bienheureux, grâce à la vision d'un ermite de Lipari. Les visions n'étaient pas toujours comme celle-ci, un drame à péripéties, dans lequel le visionnaire, éveillé ou frappé d'extase, jouait le rôle de spectateur ou d'acteur à travers une succession plus ou moins variée de circonstances extraordinaires. ”
Légendes pour les enfants (1857)
“ Le bruit de sa renommée l'enivra; la splendeur des tributs qu'on lui envoyait l'éblouit. Dagobert tomba tout à coup dans le vice. Il oublia les grands saints Denis, Rustique et Éleuthère; il ne donna plus d'argent pour la continuation des travaux de leur chapelle, que les ronces et le lierre envahirent de nouveau. Il n'écoula ni Arnoul, ni Éloi, ni Ouen. Il prit goût aux étoffes d'or, aux pierres précieuses, aux animaux rares, aux luxueuses curiosités de l'Orient. ”
Raoul de Navery,
La fille du roi Dagobert
(1879)
“ En ce moment, du reste, le roi d'Austrasie ne songeait qu'à mettre sur pied une armée capable de lutter contre les Vénèdes, non qu'il crût redoutable un ennemi dont, quelques années auparavant, il avait constaté la barbarie et l'indiscipline, mais, Dagobert aimait le faste sous tous ses aspects, il se plaisait à voir un camp nombreux, des soldats en belle tenue de bataille ; l'engourdissement dans le quel le jetait l'abus des plaisirs, s'il lui ôtait le mâle courage de sa première jeunesse, laisserait subsister un état dans ses autres états, plus que pour venger le pillage d'une caravane. ”
Louis-François Raban, Histoire des invasions et des expéditions militaires en Espagne… (1823)
“ Aussi restèrent-ils eu repos pendant tout le règne de ce roi. Hais les douceurs de la paix corrompirent son coeur, et lui firent perdre l'amour de ses sujets qu'irritèrent sa vie licencieuse et sa cruauté. Un parti puissant se forma contre lui, et obtint des troupes de Dagobert, en lui promettant un grand plat d'or enrichi de pierreries. Pour ce frivole avantage, le roi de France exposa une armée de quatre-vingt-dix mille hommes , qu'il envoya, non pour soutenir un roi sur son trône, mais pour le renverser. ”
“ Brunulf, frère de la reine Sichilde, voulant faire régner son neveu Charibert, avait commencé à se révolter contre Dagobert ; mais l’événement en décida autrement. Dagobert occupa tout le royaume de Clotaire, tant la Neustrie que la Bourgogne, et s’empara de tous les trésors. À la fin, touché de pitié et suivant de sages conseils, il céda à son frère Charibert, par transaction et pour qu’il y vécût comme un riche particulier, le pays situé au-delà de la Loire et du côté de la Gascogne, c’est-à-dire les cantons de Toulouse, de Cahors, d’Agen, de Périgueux et de Saintes jusqu’aux monts Pyrénées. ”
“ La très-mémorable histoire qui va suivre, nous apprend qu'il est bon d'avoir des amis partout. Elle prouvera encore que le Diable est sans force devant les gens de bien. Le roi Dagobert mourut à trente-six ans, consumé de débauches. Ce prince n'avait su vivre que dans les plus grands désordres; mais il avait bâti des églises, et enrichi les monastères. Aussitôt qu'il fut mort, un saint ermite, nommé Jean, qui s'était retiré dans une petite île, voisine des côtes de la Sicile, fut averti en songe de prier Dieu pour l'âme de Dagobert. ”
“ La même force empêcha ces hommes avides de saisir celui qu’ils étaient venus chercher ; ils ne pouvaient s’avancer d’un pas dans le sanctuaire, et tous leurs efforts se brisaient contre une muraille qu’ils n’apercevaient point. Dagobert, couché sur les tombeaux, remerciait Dieu dans son cœur et ne s’occupait pas de ses ennemis. Ceux-ci revinrent à Rueil et racontèrent au roi ce qui leur était arrivé. Dagobert s’endormit d’un doux sommeil. ”
“ Les gens fortement trempés, et le vétéran était de ce nombre, préfèrent les grands périls, les positions menaçantes, mais nettement tranchées, à ces angoisses vagues qui précèdent un malheur définitif.Dagobert, servi par son bon sens, par son admirable dévouement, comprit qu'il n'avait de ressource que dans la justice du bourgmestre, et que tous ses efforts devaient tendre à se rendre ce magistrat favorable; il essuya donc ses yeux aux draps du lit, se releva, droit, calme, résolu, et dit aux orphelines.— Ne craignez rien... mes enfants; il faudra bien que ce soit notre sauveur qui arrive. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Sous Dagobert I. qui avoit cinq femmes à la fois, & un Serrail de concubines, on se plongea dans la débauche. Le Gendre. Dagobert aimoit les lettres. Id. Dagobert II. commença à régner en 716. Du Tillet. On appelle Dabert un Saint Evêque de Bourges, nomme Dagobert. Voyez Dabert. Pour marquer qu’une chose est fort vieille, antique, usée, on dit proverbialement & populairement qu’elle est du temps de Dagobert. DAGON. s. m. Faux Dieu des Philistins. Dagon. Ce Dieu étoit honoré sur tout à Azot, où il avoit un temple, comme il paroît par le Ch. V. du I. L. des Rois. ”
Légendes pour les enfants (1857)
“ Dagobert, il faut l'avouer, ne s'arrangea pas longtemps de la simple métairie de ses pères. XII. Dagobert devient gourmand, orgueilleux et cruel. On parlait de Dagobert dans toute la Germanie, en Italie et en Espagne. Sa renommée était allée bien plus loin : on parlait de lui à Constantinople comme du modérateur suprême des destinées du monde ; on lui envoyait, par respect, mille présents venus de l'Orient, de la Chine et de l'Inde : de l'or en poudre, du corail, des étoffes de crêpe, des châles, de l'ivoire, du baume, du thé, des perles et des éléphants. ”
Charles Barberet, Questions d'histoire du moyen âge et moderne pour l'examen du baccalauréat ès lettres… (1848)
“ Son fils aîné, Dagobert, resté seul maître de la monarchie par le meurtre de Chilpéric, fils de Caribert, son frère (631) , soumit les Bretons et les Gascons à sa suzeraineté, et fit une guerre malheureuse contre les Venèdes et les Lombards. Il eut le mérite de choisir pour ministres des hommes sages et pieux, dont les plus célèbres furent saint Ouen et saint Éloi. Ses dernières années furent souillées par des actes de cruauté qu'il crut expier par d'immenses largesses au clergé. ”
César-Henri Derveaux , Annales religieuses de la ville de Comines (Annales religieuses de la ville de Comines, 1856)
“ Disons cependant, qu’ami du roi Dagobert, il recevait de lui des libéralités immenses qu’il consacrait au soulagement des malheureux, veuves, pupilles, orphelins, religieux, prêtres, étrangers, voyageurs, églises, maisons de bienfaisance, tous avaient part à ses bienfaits. La longue histoire de sa vie n’est qu’une succession d’œuvres de charité. ”
Leconte de Lisle,
Histoire du Moyen-Âge
“ Daghobert mourut d’une dyssenterie le 19 janvier 638, à l’âge de trente-quatre ans, laissant deux fils encore enfants, Sighebert II et Khlodowigh II. Le premier resta roi d’Austrasie ; le second eut la Neustrie et la Burgundie. Chacun de ces trois royaumes avait un maire du Palais. Dès ce moment, les minorités se succédant presque sans interruption, les rois franks ne sont plus que des instruments entre les mains des Maires qui deviennent les vrais souverains. Les premières années de royauté des fils de Daghobert furent paisibles, grâce au désintéressement d’Éga et de Peppin de Landen ”
