“ Au moment où Françoise posait son poêlon sur un coin de la table, la Mayeux, sortant de sa rêverie, remplit une cuvette d’eau et vint l’apporter au jeune forgeron, en lui disant d’une voix douce et timide : — Agricol, pour tes mains. — Merci, ma petite Mayeux... Es-tu gentille !... Puis, avec l’accent et le mouvement le plus naturel du monde, il ajouta : — Tiens, voilà ma belle fleur pour ta peine... — Tu me la donnes !... s’écria l’ouvrière d’une voix altérée, pendant qu’un vif incarnat colorait son pâle et intéressant visage. Tu me la donnes... cette superbe fleur... ”
Mayeux
Définition et enjeux
Le terme Mayeux désigne principalement une figure littéraire, souvent associée à des personnages féminins dans des œuvres du XIXe siècle. Dans Le Juif errant d’Eugène Sue, elle incarne une jeune ouvrière émouvante, symbole de dévouement et de résilience face à l’adversité.
Anaïs Bazin, dans L’époque sans nom, la présente comme une figure politique naissante, tandis que François-René de Chateaubriand la place dans un contexte historique, liée à la Révolution. Ces approches diverses, allant du roman sentimental à l’analyse historique, mettent en lumière la richesse du concept, qui englobe à la fois des archétypes sociaux et des récits de combat.
Citations sur “Mayeux”
“ Plus le forgeron parlait, plus la Mayeux s’enhardissait... Ce qu’elle avait surtout redouté dans la révélation de son secret, c’était de le voir accueilli par la raillerie, le dédain, ou une compassion humiliante ; loin de là, la joie et le bonheur se peignaient véritablement sur la mâle et loyale figure d’Agricol ; la Mayeux le savait incapable de feinte ; aussi s’écria-t-elle cette fois sans confusion, et au contraire, elle aussi... avec une sorte d’orgueil : — Toute passion sincère et pure a donc cela de beau, de bien, de consolant, mon Dieu ! ”
“ La Mayeux secoua tristement la tête; une larme brilla dans ses yeux, et elle continua:— Quand je suis arrivée rue de Babylone, il faisait encore nuit; j'ai attendu qu'il fit grand jour.— Pauvre enfant... toi si peureuse, si chétive, dit Françoise profondément touchée; aller si loin, et par ce temps affreux, encore... Ah! tu es bien une vraie fille pour moi...— Agricol n'est-il pas aussi un frère pour moi? dit doucement la Mayeux en rougissant légèrement; puis elle reprit: lorsqu'il a fait grand jour, je me suis hasardée à sonner à la porte du petit pavillon ”
