François-René de Chateaubriand

François-René de Chateaubriand

Résumé

Portrait de François-René de Chateaubriand François-René de Chateaubriand,  Mémoires d’outre-tombe

“ N’espère pas me tromper, l’amitié a bien plus d’illusions que l’amour, et elles sont bien plus durables. L’amitié se fait des idoles, et les voit telles qu’elle les a créées : elle vit du cœur et de l’âme ; la fidélité lui est naturelle, elle s’accroît avec les années.
L’amour enivre, mais l’ivresse passe. Il ne vit pas de pureté [4] , et ne se nourrit pas de gloire : découvrant tous les jours que l’idole qu’il a créée perd quelque chose à ses yeux, il en voit bientôt les défauts, et le temps seul le rend infidèle en dépouillant de ses grâces l’objet qu’il aime.
”
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Portrait de François-René de Chateaubriand François-René de Chateaubriand,  Mémoires d’outre-tombe

“ Dans le désert de ma première existence, j’ai été obligé d’inventer des personnages pour la décorer ; j’ai tiré de ma propre substance des êtres que je ne trouvais pas ailleurs, et que je portais en moi. Ainsi j’ai placé des souvenirs d’Atala et de René au bord de la cataracte de Niagara, comme l’expression de sa tristesse. Qu’est-ce qu’une cascade qui tombe éternellement à l’aspect insensible de la terre et du ciel, si la nature humaine n’est là avec ses destinées et ses malheurs ? S’enfoncer dans cette solitude d’eau et de montagnes, et ne savoir avec qui parler de ce grand spectacle ! ”
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Portrait de François-René de Chateaubriand François-René de Chateaubriand,  Mémoires d’outre-tombe

“ Pétrarque a raconté comment il rencontra cette vallée : « Je m’enquérais, dit-il, d’un lieu caché où je pusse me retirer comme dans un port, quand je trouvai une petite vallée fermée, Vaucluse, bien solitaire, d’où naît la source de la Sorgue, reine de toutes les sources : je m’y établis. C’est là que j’ai composé mes poésies en langue vulgaire : vers où j’ai peint les chagrins de ma jeunesse. »
C’est aussi de Vaucluse qu’il entendait, comme on l’entendait encore lorsque j’y passai, le bruit des armes retentissant en Italie ; il s’écriait :
Italia mia.
”
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