Résumé

L' Arioste,  Roland furieux : vingt chants (1865)

“ Ah ! que ne peut l'Amour, ce cruel et ce traître, Sur un cœur asservi dont il s'est rendu maître?
Par lui, ce paladin, ce type de l'honneur, Roland, manque à la foi qu'il doit à son seigneur; Lui, si respectueux, grande âme à Dieu soumise, Défenseur empressé de notre sainte Église, D'un fol amour épris, il s'inquiète peu De l'empereur son oncle, et moins encor de Dieu !
II
Et pourtant je l'excuse, heureux, en ma folie, Qu'à ce bon compagnon ma faiblesse me lie ; Moi qui n'ai pour le bien que mollesse et tiédeur, Je suis vif pour le mal, et même plein d'ardeur.
”
Source : Gallica

L' Arioste,  Roland furieux : vingt chants (1865)

“ Roger croit voir sa mie aux mains d'un fier géant, Et suit, dans un château, tant sa vue est trompée, La vaine illusion bien vite dissipée ; Là, se trouvent aussi, sur les larges paliers, Des dames en grand nombre, et de beaux cavaliers :
L
Dupe comme Roger d'un grossier stratagème, Chaque guerrier séduit croit suivre ce qu'il aime, Son écuyer, sa dame, un ami regretté. ;
Ils vont sur cette trace avec anxiété : Dans le cœur des humains l'affection varie, Et, quoique sans succès, on cherche avec furie.
Nul n'ose s'éloigner; dans la perplexité Tant l'espoir les soutient au manoir enchanté !
”
Source : Gallica

L' Arioste,  Roland furieux : vingt chants (1865)

“ Semblable au médecin, dont la main ferme et sûre Par le fer, par le feu guérit une blessure : D'abord on se lamente ; on crie au mal qu'il fait, Et bientôt on rend grâce, et l'on sent le bienfait.
XLIII
Elle aime ce héros, son grand cœur, sa noblesse ; Mais du moins son amour est exempt de faiblesse.
Ce n'est pas comme Atlant qui lui porte secours Dans l'unique désir de prolonger ses jours : Pour ce vieillard, qui veut changer la destinée, Tout l'honneur d'ici-bas ne vaut pas une année, Une année où Roger vit joyeux et content, Sans souci de la gloire et d'un sort éclatant.
”
Source : Gallica

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