L' Arioste

Résumé

L' Arioste,  Roland furieux (1516)

“ Plus du tiers est mort ; Roland chasse le reste ; il taille, il fend, il transperce, il déchire ; les malheureux jettent pour fuir tout ce qui les embarrasse : les écus, les épées, les épieux, les serpes ; les uns se dispersent au loin, les autres courent le long du chemin ; d’autres se cachent dans les bois et dans les cavernes. Roland, sans pitié ce jour-là, ne veut pas en laisser échapper un seul vivant.
Sur cent vingt, — c’est Turpin qui a fait le compte, — quatre-vingt-dix au moins périrent. À la fin, Roland revient vers Zerbin, dont le cœur tressaille d’impatience dans la poitrine.
”
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L' Arioste,  Roland furieux (1516)

“ Amour, qui me brûle le cœur, produit ce vent, pendant qu’il agite ses ailes autour du feu. Amour, par quel miracle tiens-tu mon cœur dans le feu sans le consumer jamais ?
« Et moi, je ne suis, je ne suis pas celui que je parais être. Celui qui était Roland est mort, et la terre le recouvre. Son ingrate dame l’a tué, tellement, dans son manque de foi, elle lui a fait une cruelle guerre. Je suis l’âme de Roland, séparée de son corps, et qui erre dans les tourments de cet enfer, afin que mon ombre lamentable serve d’exemple à quiconque a placé son espérance dans Amour. »
”
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L' Arioste,  Roland furieux (1516)

“ Rodomont, aux prises avec Roland, ressemble à l’ours stupide qui croit pouvoir déraciner l’arbre d’où il est tombé, et qui, lui attribuant sa mésaventure, s’acharne contre lui dans sa rage haineuse.
Roland, dont l’esprit était perdu je ne sais où, et qui se servait uniquement de sa force, de cette force prodigieuse dont personne au monde, à quelques rares exceptions près, n’aurait pu se défendre, se laissa tomber à la renverse, du haut du pont, avec le païen qu’il tenait embrassé ; tous deux tombèrent dans le fleuve et allèrent jusqu’au fond. L’onde rejaillit en l’air et le rivage en gémit.
”
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