“ Et, après un mutisme où ce qu’il avait osé dire l’effraya lui-même, il reprit : « Par exemple, si le Sarvant est le biologiste que je suppose, la matière humaine doit plutôt lui manquer depuis quelque temps ; écoute ce désert ! » ”
Citations sur “Sarvant”
“ Contrairement aux on-dit, le Gaspard avait été l’unique objet humain dont le Sarvant eût démeublé Ruffieux. Dans la nuit du 19 au 30, ce fut le tour d’Ameyzieu, presque sous les murs de Mirastel. Mais les précautions abondantes dont les campagnards s’entouraient déjà limitèrent le dommage à des pertes matérielles. Les hôtes de Mirastel se dirent que l’heure était venue pour eux d’être tourmentés ; la zone dangereuse s’était rétrécie autour du château à mesure qu’elle s’élargissait au loin ; le hasard seul pouvait leur épargner l’attaque du Sarvant. M. Le Tellier s’en réjouit beaucoup. ”
“ Le pauvre homme, encore malade, traversait sa cour clopin-clopant lorsqu’il fut appréhendé. Sa vieille mère était folle de peur et redoutait qu’il ne prît froid, à cause qu’il n’avait sur lui qu’une robe de chambre. Dans la nuit du 15 au 16, quittant la route et poussant une pointe au sud, le Sarvant pilla Ceyzérieu, sur la côte, en face de Mirastel, par delà le marais. Puis il revint à la route, malmena Talissieu où il s’empara d’un poulain nouveau-né, raccourcit de sa pointe ornementale une tourelle de Châteaufroid, et chaparda quelques lapins dans un cuveau de métairie. ”
Maurice Renard,
Le Maître de la lumière
“ Les deux vieux baissèrent la tête, Charles se rappelait toutes les histoires de revenants qu’il leur avait fait raconter dans son enfance. Il savait que l’un et l’autre étaient persuadés d’avoir entrevu le servant sous des formes diverses, indécises mais effrayantes, à la brune, au clair de lune, dans les ténèbres, au fond des celliers bas et obscurs, traversant un couloir de maison déserte ou s’éclipsant au détour d’un escalier noyé de crépuscule. Qu’est-ce au juste qu’un servant, ou sarvant ? Une ombre, un spectre, un esprit, un démon, une âme en peine, tout ce qu’on veut. ”
“ À nos yeux, en dépit de tout, les Sarvants sont demeurés des pêcheurs de personnes, alors qu’au vrai ce sont les assaillants de l’humanité. On a repoussé dans la nuit des temps à venir cette idée insupportable, — mais, un jour lointain, ces êtres, qui partagent avec nous l’empire de la Terre, peuvent s’aviser de nous asservir ou bien de nous exterminer, comme un jour peut-être nous irons occuper le bas des océans. ”
“ L’arrivée d’un projectile aussi gros qu’un corps humain suffit à motiver le tumulte auquel tu fais allusion. Ce n’est pas cela. Il vaut mieux supposer, non pas que les Sarvants pompent leurs victimes, mais qu’ils les attirent au moyen d’une sorte d’aimant particulier, à la manière dont l’aimant véritable attire le fer. ”
“ « En tout cas, les Sarvants ne se privent pas de martyriser ceux qui ne leur ressemblent pas ! » murmura le duc d’Agnès. L’astronome répliqua : — « Et s’ils ne savaient pas ce que c’est que la souffrance ?... Avez-vous songé à cela ?... Nous qui souffrons, nous prétendons bien que certains animaux ignorent la douleur. Au fond, qu’est-ce que nous en savons ? » — « Peut-être, » insinua l’aveugle, « peut-être ont-ils adopté notre tournure, sachant au contraire que c’est l’homme que l’homme redoute davantage ? — Mais dépêchons ! la pourriture gagne ces restes... » ”
“ Vis-à-vis de l’aréroscaphe, des Sarvants et du monde superaérien, nous sommes ainsi que des aveugles. Depuis le commencement de la vie, nous avons joué avec les Sarvants un jeu de colin-maillard terrifiant, — et c’est nous qui avions le bandeau sur les yeux ! (Ce ne sont pas, d’ailleurs, les seuls ennemis invisibles que nous ayons depuis si longtemps. Pensez à l’acide carbonique, le traître, à l’oxyde de carbone. l’empoisonneur son complice, et tant d’autres !) Nous sommes des aveugles en face des Sarvants, vous dis-je ! ”
“ Des êtres pareils aux Sarvants ! Le regard n’a pas de prise sur eux ; ils sont doués d’une transparence absolue ; la lumière les traverse intégralement. » — « Nous nous sommes fiés bêtement au témoignage de notre vue », fit le duc d’Agnès. « D’abord nous avons pris les victimes pour les ravisseurs (souvenez-vous des hommes volants) et ensuite les prisonniers pour la prison (rappelez-vous la tache carrée) ! » — « Et l’inexplicable poisson voltigeur qui, en vérité, sautillait sur le fond du cylindre invisible ! » ”
“ Donc les Sarvants y sont aussi dans l’air respirable !... Donc ils ont des sortes de scaphandres pour aller dans l’air, comme nous mettrions des scaphandres pour aller viviséquer les poissons dans leur élément aquatique... § Je ne regarde plus à côté. § Les Sarvants ne peuvent être des créatures plus grande que nous. La dimension des couloirs, la hauteur des étages, le prouvent. 27 juillet. Le malheureux ! le malheureux ! L’épouvantable torture ! On a continué. On continue... À l’étage plus bas, le porc a été transporté dans la chambre vide qui est sous le supplicié. ”
“ Dieu sait pourtant que l’astronome eût voulu connaître quelque chose ! Car cet enlèvement sous une charmille, au grand jour, par un ciel sans nuages, dans un parc des plus fréquentés, puis encore le salut de Mme Le Tellier — cette grâce accordée ou bien ce coup manqué, si contraires aux habitudes des Sarvants —, c’étaient là de véritables phénomènes. ”
“ Pouvait-on n’être pas seul en l’absence à jamais de Marie-Thérèse ?... Il tendit vers le ciel des Sarvants la menace et la vanité de ses poings, et tout à coup lui vint une ivresse d’amertume, un désir forcené de souffrance et de sanglots. « Ah ! » songeait-il comme un enfant gâté. « On veut que je sois malheureux ! Ah ! on le veut ? Eh bien, je le serai, malheureux ! et même au delà de ce qu’on veut ! » Ainsi l’homme prétend toujours avoir raison de sa destinée. ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ « Voilllà!! dit-elle. Et maintenant, mes fistons, c'est moi qui commande la colonne!. En route pour le Sylphe ! Hue et aïe donc ! » Quant à Sarbacane, il était heureux comme un roi ! « Hein? mon neveu! croyez-vous que c'est un joli résultat, s'écria-t-il. Qu'en pensez-vous, monsieur le sceptique? Doutez-vous maintenant de mes talents de chasseur? — Non ! mon oncle. Je m'avoue stupéfait ! » ”
David Martin, Le Nouveau Testament
“ Comme le sarment ne peut point de lui-même porter de fruit, s’il ne demeure au cep, vous ne le pouvez point aussi, si vous ne demeurez en moi. 5 Je suis le cep, et vous en êtes les sarmens. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, porte beaucoup de fruit ; car hors de moi, vous ne pouvez rien produire. 6 Si quelqu’un ne demeure point en moi, il est jeté dehors comme le sarment, et il se sèche ; puis on l’amasse, et on le met au feu, et il brûle. ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Il y avait donc là un écart capable de surprendre brutalement un homme; mais cela ne dura que quelques minutes, au bout desquelles Sarbacane se trouva tout à fait à son aise et put se mouvoir librement. Ce qui lui causa le plus de gêne, c'est que l'horizon était peu visible. A quelques mètres de lui, l'opacité des couches liquides devenait complète! Mais on s'habitue vite aux étonnements sous-marins, et bientôt notre brave professeur, donnant téléphoniquement l'ordre au Sylphe de se mettre en marche très doucement, se mit lui-même en route, guidé et soutenu par le filin d'attache. ”
Paulin Blanc, Prosper Servel, de Montpellier… (1868)
“ Privé des avantages de la naissance, de l'éducation, de la fortune, comme son émule, Prosper Servel se fit poëte pour obtenir des distractions morales ; Scarron se fit poëte quand la fortune et la santé, follement gaspillées par lui, vinrent à lui manquer : l'un commençait sa carrière poétique vers 30 ans ; la vie s'éteignait pour l'autre à peu près au même âge, c'est-à-dire à l'âge de la maturité et de la raison : chez Scarron, le fruit déjà venu était à cet âge en train de sève et de parfum ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Il fit feu!. La balle — bien ajustée pourtant — glissa sur la carapace du pachyderme, et ce dernier s'ébroua comme si une mouche l'eût piqué. Puis, poussant un meuglement assez semblable à celui d'un bœuf, il agita en tous sens ses oreilles et sa queue. et, louchant de ses petits yeux noirs féroces, il fit un bond! Sarbacane tournant les talons voulut fuir. Il n'eut pas le temps d'éviter le choc, et sous la poussée du nez cornu de l'animal, le Docteur roula sur le sol, le nez dans les herbes. Philomène et Roger poussèrent un cri terrible. ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Un quart d'heure plus tard, les deux oiseaux étaient enfilés à la queue leuleu et dix mètres de filin pendaient sur le sol derrière Mme Casoar! « Cette fois le plus difficile est fait! dit tout bas Sarbacane non sans jeter à Roger ainsi qu'à Philomène un regard de triomphateur. Oui! les voilà pris! Il ne s'agit plus que de faire un nœud solide à la corde. » Prudemment le professeur s'avança à travers les hautes herbes et les arbustes; il se glissa sans être vu jusqu'auprès des deux oiseaux et allongeant le bras il s'empara de l'extrémité du cordeau. ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Si nous vendions Papillon, insinua la mère Lanfry. — Ça ne me sourit guère! déclara Sarbacane. J'y tiens beaucoup, et je serais navré de m'en séparer. — Pourtant, mon oncle, ce serait peut-être la meilleure solution; car nous ne pouvons nous éterniser dans ce coin perdu de Java; des devoirs impérieux nous appellent ailleurs. - Enfin! soupira Sarbacane. Il est des circonstances bien pénibles à traverser. Vous avez raison, Roger. Essayons de trouver un acquéreur. ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Autour de ce singulier cortège Klaps, empoigné d'une joie sans bornes, bondissait en aboyant ! ! ! Quant au monstre, il semblait somnoler; sa marche était lourde, presque hésitante. Les yeux clignotaient, comme s'il eût été envahi d'une invincible envie de dormir. Au travers de ses narines, une forte liane tressée en anneau était reliée fortement à la corne de son nez. De chaque côté de cet anneau étaient fixées, en guise de rênes, les deux bretelles du docteur Sarbacane, et ce dernier, les tenant à deux mains, guidait tranquillement cette monture d'un genre inédit!. C'était charmant!!! ”
C. A. Walckenaer, Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal…
“ Toutes ces personnes, et beaucoup d'autres, plus ou moins liées avec madame de Sévigné, avaient été exilées de Paris par lettres de cachet, ou étaient forcées de partir ou de se cacher, par la crainte d'être arrêtées. De tous ceux qui avaient marqué par leur opposition à la cour, Scarron seul, retenu et défendu par ses infirmités, était resté; et ce qui paraît étrange, c'est que sa maison ne cessa point d'être aussi fréquentée qu'auparavant; elle continua à être le rendez-vous de tout ce qu'il y avait de monde élégant, jeune, spirituel et aimable. ”
“ C’était en son palais, où s’étalait tout le faste d’une fortune orientale, au milieu de cette ville où ses équipages étaient cités pour leur luxe, que Scarpante devait le rejoindre, après avoir accompli sa mission. Le seigneur Saffar n’eût jamais admis qu’un homme à lui eût échoué, quand il lui avait ordonné de réussir. Il aimait à faire montre de la puissance que lui donnait l’argent. ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Lorsque Sarbacane apparut, la rumeur s'accentua ; des cris d'effroi montèrent même au-dessus de la foule, et le Docteur entendit des bribes de phrases qui arrivèrent jusqu'à lui. « C'est là. au troisième!. Y s'a échappé de la ménagerie!. On dit qu'il a dévoré l'concierge ! Paraît même que c'est un serpent « vélimeux » ! Du coup la lumière se fit dans l'esprit du savant : c'était lui qui causait cette émotion extraordinaire, ou pour mieux dire, c'était son python albinos, dont le concierge épouvanté avait dû dénoncer la présence; et du reste, le concierge lui-même apparut bientôt. ”
Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné,
Lettres de Madame de Sévigné/Édition Monmerqué…
“ Pour Mme Scarron, c’est une chose étonnante que sa vie [4] : aucun mortel, sans exception, n’a commerce avec elle. J’ai reçu une de ses lettres ; mais je me garde bien de m’en vanter, de peur des questions infinies que cela attire. Le rendez-vous du beau monde est les soirs chez la maréchale d’Estrées [5] ; Manicamp et ses deux sœurs [6] sont assurément bonne compagnie ; Mme de Senneterre s’y trouve quelquefois, mais toujours sous la figure d’Andromaque ; on est ennuyé de sa douleur. Pour elle, je comprends qu’elle s’en accommode mieux que de son mari. ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Merci Zanim! dit Roger en tendant la main à l'Hindou. Et à dater d'aujourd'hui, vous n'êtes plus pour moi un serviteur, mais en quelque sorte un garde du corps. Vous resterez armé, pour veiller de concert avec M. et Mme Lanfry, sur ma petite fille. Ce serait en effet dommage de ne pas faire un soldat d'un homme qui sait si bien se servir de ses armes. — Quant à toi! ma perle rose! conclut Sarbacane, je bénis le Ciel de l'avoir ainsi protégée. Garde donc précieusement ta Liliane ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Aussi, en débarquant à Marseille, le docteur Sarbacane était littéralement éreinté. Quant à la robuste Mme Lanfry, elle n'avait pas semblé se ressentir de son bain forcé ni des émotions de sa chasse au singe; cette diablesse de bonne femme, bâtie à chaux et sable, vous avait des muscles d'athlète et la fatigue ne semblait point avoir prise sur sa robustesse. ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Dès aujourd'hui je vais, avec votre aide, l'aménager pour la lutte et former un équipage. - Ça est des hommes à moi qui le fourniront. Et puis ça est moi que je fournis des armes. En plus, monsieur le Gouverneur il prêtera bien pour nous un canonrevolver. — Bravo! bravo! bravo! s'écria Sarbacane, j'en suis!. J'en suis! — Et moi aussi ! dit Anacharsis. - Et moi aussi, moussu! dit Zanim. — Et puis moi aussi!. Pas vrai? on part pas les uns sans les autres! ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ « Je le jure, dit madame Scarron, en lui écrivant et la remerciant de son approbation, je le jure, quand j'aurois prévu la mort de la reine, qui me prive de ma pension, je n'aurois point accepté la proposition du marquis ; j'aurois respecté mon indigence. On ose comparer cet homme à M. Scarron, plein d'esprit, de la plus grande probité de coeur, et du désintéressement le plus parfait. Je l'avois corrigé de ses licences Mes amis sont bien cruels ! tout le monde me blâme, et l'on ne songe ni à me plaindre, ni à me servir ». ”
Jules Claretie,
Victorien Sardou
“ Féval tirait un roman pour le Siècle du malheureux drame accroché là, puis il essayait de faire jouer la pièce par Mélingue, dont la femme, l’excellente Théodorine, s’effrayait à l’idée de voir son mari en bossu et qui, sollicité par Fanfan la Tulipe, alors écrit par Paul Meurice, préférait Fanfan au Bossu. Victorien Sardou donnait alors, à Charenton, où il allait à pied par tous les temps, des leçons au fils d’un marchand de vins. Songez à ces épreuves, vous qui rêvez, dès le premier pas, le succès et l’argent dans les lettres ! Voilà comment on arrive ! ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Parfait! Parfait! déclara Roger de Maindragues dont une joie visible éclaira le regard. Parfait! mon brave Sylphe!. Il est là! Ils sont là, mes braves!. Ah! vont-ils être heureux quand ils sauront que nous sommes là, nous aussi! - D'accord, mon neveu, mais c'est bien là le difficile, déclara Sarbacane. La crique est obstruée, et vous n'avez pas la prétention de les rejoindre en ballon., puisque nous n'en possédons malheureusement pas ! — Oh! mon oncle. Je vous avoue que même si j'avais un ballon à ma disposition ce n'est pas ce mode de locomotion que j'emploierais. ”
Henri Cavaniol, Les Monuments en Chaldée, en Assyrie et à Babylone… (1870)
“ On a retrouvé des inscriptions contenant des prières de Sargon à ce Dieu, dans le Harem de Khorsabad. - Sin. Il avait un temple à Chalah. A Hisr-Sarkin, Sarkin lui dédia aussi un sanctuaire, il y était adoré avec Samas. — Une inscription de Sarkin nous l'a appris : « Sargon, roi du monde, roi d'Assyrie, a construit ce temple du dieu de la lune et du dieu du soleil, ses maîtres dans la ville de Sargon. Il l'a élevé depuis les fondations jusqu'au faîte, en l'honneur du maître des bataillons, qui soutient son glaive, qui étend la victoire du roi d'Assyrie, et qui donne la paix au pays d'Assyrie.» ”
