“ «Amasia! ... ma chère Amasia! ... Elle ne m'entend plus! ... Elle ne me répond pas! ... Ah! si elle est morte, je mourrai!—Non! ... elle n'est pas morte, s'écria Kéraban. Elle respire! ... Ahmet! ... Elle est vivante!....»En ce moment, Nedjeb venait de se relever. Puis, se jetant sur le corps d'Amasia,«Ma maîtresse ... ma bien aimée maîtresse! ... disait-elle ... Oui! ... elle vit! ... Ses yeux se rouvrent!»Et, en effet, les paupières de la jeune fille venaient de se soulever un instant.«Amasia! ... Amasia! s'écria Ahmet.—Ahmet ... mon cher Ahmet!» répondit la jeune fille. ”
Jules Verne
Résumé
Kéraban-le-Têtu, roman humoristique et d’aventures de Jules Verne, publié en 1883, suit les tribulations de Kéraban, un vendeur de tabac turc têtu et inflexible, qui refuse de verser une taxe impromptue pour traverser le Bosphore. Refusant de fléchir, il décide de rallier Constantinople à Scutari en faisant le tour de la mer Noire, accompagné de son client hollandais Van Mitten et de son valet Bruno.
Ce récit, à la fois théâtral et ubuesque, mêle aventure, caricatures de personnages et situations absurdes, tout en révélant des tensions conjugales de l’auteur. Depuis 1990, des voyageurs ont suivi l’itinéraire de Kéraban, fidèles aux approximations de Verne, mais ignorants des richesses culturelles du littoral pontique.
Citations de Kéraban-le-Têtu (Jules Verne)
“ Venez à Scutari, dans un mois ! s’écria Ahmet. Vous nous attendrez là, ma chère Amasia, et nous ferons en sorte de ne pas trop vous faire attendre ! — Soit ! Rendez-vous à Scutari ! répondit Sélim. C’est là que nous célébrerons le mariage ! — Mais enfin, ami Kéraban, le mariage fait, ne reviendrez vous pas à Constantinople ? — J’y reviendrai, s’écria Kéraban, certes, j’y reviendrai ! — Et comment ? — Eh bien, ou cet impôt vexatoire sera aboli, et je passerai le Bosphore... sans payer... — Et s’il ne l’est pas ? — S’il ne l’est pas ?... répondit le seigneur Kéraban avec un geste superbe. ”
“ « Soit, mon oncle, dit-il, et croyez bien que personne ici n’a l’envie de vous résister... Mais si vous n’êtes venu à Odessa que parce qu’Odessa est sur votre route, quelle route voulez-vous donc suivre pour aller de Constantinople à Scutari ? — La route qui fait le tour de la mer Noire ! — Le tour de la mer Noire ! » s’écria Ahmet. Et il y eut un instant de silence. « Ah çà ! reprit Kéraban, qu’y a-t-il d’étonnant, d’extraordinaire, s’il vous plaît, à ce que je me rende de Constantinople à Scutari en faisant le tour de la mer Noire ? » Le banquier Sélim et Ahmet se regardèrent. ”
