Édouard Gros

Résumé

Édouard Gros Espagne et Portugal (1911)

Elle sait danser avant de savoir aimer, ou plutôt, l'un ne va pas sans l'autre, et en réalité n'en font qu'un.
La femme espagnole danse comme l'oiseau chante, comme le ruisseau coule, comme la fleur livre son parfum.
Penchée en avant ou ployée en arrière, en harmonieuses courbes, souple, ondoyante,
la jeune Andalouse de l'aristocratie — une de ces folles vierges du midi de l'ESPAGNE — dans un mouvement plein de grâce, paraît s'offrir d'elle-même, tout en refusant, s'abandonner tout en ne se livrant pas.
Source : Gallica

Édouard Gros Espagne et Portugal (1911)

La danse, chez le peuple espagnol, est une institution nationale - de la poésie mise en -action.
La fleur jetée aux pieds de la danseuse, le geste noble de la main qui envoie un baiser, — le mouvement gracieux de la tête qui affirme la pensée, — tout cela c'est le langage ému de la foule, — c'est la parole qui ne ment jamais, celle qui va droit au cœur.
La course au toro est aussi une institution nationale — de la poésie en action.
La course aux taureaux fortifie, endurcit l'âme espagnole.
Elle ennoblit son caractère, fait de lui un héros, lui enseigne le courage, le mépris de la mort.
Source : Gallica

Édouard Gros Espagne et Portugal (1911)

Mais l'âne reste la bête privilégiée.
Il souffre et ne se plaint pas.
C'est la ressource des humbles.
Tous les deux — le propriétaire et l'ânedînent, l'un de quelques feuilles volées aux brousses des haies, d'un chardon cueilli en passant dans les pierres, l'autre d'une gousse d'ail frottée sur un morceau de pain.
Tous les deux boivent dans le même ruisseau.
C'est ainsi que l'été, sur les chemins, sans ombre, on les voit, en file indienne, soulevant un nuage de poussière, l'hiver ils pataugent dans la boue jusqu'aux genoux.
Bêtes et gens manquent complètement d'élégance.
Source : Gallica

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