André Corthis

André Corthis

Masques (1938)

Résumé

Portrait de André Corthis André Corthis,  Masques (1938)

“ Ces gens qui s'appelaient! — « Mais, bon Dieu... qu'est-ce qu'ils peuvent avoir (déjà!) à se raconter? »...
Adeline savait l'apaiser et tirer de sa propre exaltation des paroles que tout à coup il écoutait gravement. L'état d'esprit qu'elle avait ressemblait un peu à celui que jadis elle rapportait de l'église : soulevé, magnifié. L'entrevue du père et de la fille, les bras ouverts de Gratien, son silence, ses larmes, les sanglots de Mellec, toute la pathétique beauté d'une telle scène continuait et continuerait longtemps à l'obséder. Le drame n'était pas seul entré dans la maison.
”
Source : Gallica

Portrait de André Corthis André Corthis,  Masques (1938)

“ Gratien, comme épuisé, crispait son poing au dossier d'une chaise. Tout son grand corps tremblait :
— Que tu souffres!... murmura-t-elle, ne pensant plus qu'à lui et plus tendre d'avoir tous ces remords.
Mais il n'acceptait pas la pitié.
— Non!... quand la souffrance a été acceptée une fois pour toutes, on cesse de la sentir... du moins on ne la sent pas de la même façon.
Son tremblement s'arrêta. Il lâcha la chaise, il sourit; et la lumière que recevait
son visage, c'est ce beau visage meurtri qui semblait l'émettre.
”
Source : Gallica

Portrait de André Corthis André Corthis,  Masques (1938)

“ Aussitôt le passé retournerait à ses pourritures, à son néant. Elle retrouverait la paix. La désirait-elle? A vrai dire, ces questions, elle détestait de se les poser et s'appliquait tout entière aux petites besognes. « La vie humble, aux travaux ennuyeux et faciles », était pour elle redevenue « œuvre de choix... » Mais il y avait deux fois par mois cette évasion vers Mellec.
Adeline partait de bonne heure; elle déjeunait en route. Dès qu'on avait passé le Rhône, le paysage, dans sa sauvagerie, lui
rappelait la lande, bien qu'il n'y ressemblât guère.
”
Source : Gallica

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