André Corthis

André Corthis

Résumé

Portrait de André Corthis André Corthis Revue des Deux Mondes

Il faut rester aujourd’hui sur cette terre de Galice, dans ce petit Saint-Jacques tout dallé de granit. Un seul train ou bien les diligences, disions-nous, pour y arriver. Des routes rares et mauvaises. L’isolement, en somme, l’abandon. Il n’est donc que plus merveilleux de trouver là ces pèlerins d’aujourd’hui que sont le souci de s’instruire, celui de s’élever, que plus émouvant d’y saluer, quand on le rencontre, cet autre pèlerin, bien plus vieux celui-là venu derrière l’empereur Charles, peut-être, au temps des légendes, et qu’on appelle l’amour de la France.
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Portrait de André Corthis André Corthis Revue des Deux Mondes

Devant moi, au delà des toits de tuiles décolorés, brunis par les pluies, monte dans le ciel gris une orfèvrerie de pierres grises enrichies de mousses en or : les tours de la cathédrale.
C’est vers elle qu’il faut aller tout de suite, au hasard des petites rues tortueuses bordées d’arcades sombres, pavées de larges dalles en granit : toutes y conduisent. Et si l’on veut s’éloigner, elle continue de s’imposer, d’obséder, d’attirer, la grande cathédrale. Des places et des faubourgs, des bois, des villages, on ne voit qu’elle, d’abord. La ville est ronde autour d’elle et la campagne s’arrondit.
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Portrait de André Corthis André Corthis Revue des Deux Mondes

La ville en même temps se révèle, et la verte campagne autour d’elle, et les monts sombrement boisés qui se ramassent, se replient, semblent encore adorer. La ville, toute la ville, émoi du Moyen âge, Saint-Jacques-de-Galice, le « Champ des Etoiles. » Irréguliers comme des vagues, sont tant de toits de tuiles, humides, assombris, couleur de rose défaite ou de lilas fané. Ils se pressent, se serrent ; les rues mêmes, si étroites, ne semblent pas les disjoindre
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