E. Durègne

Résumé

E. Durègne Aquarelles d'Espagne (1906)

Voici, en effet, que subitement les sierras se sont encapuchonnées de brouillards lourds; la
côte marocaine se voile; un froid subit tombe du ciel décoloré. Nous descendons au galop par de longues sinuosités vers la baie déjà sombre, que barre au loin une masse informe, à l'aspect sinistre, qui s'éclaire de mille points brillants.
Le bateau va partir, il ne nous reste plus que dix minutes ; nous traversons en hâte une petite ville sans caractère, précédée de villas banales, déjà déparée par son contact avec « ce qui n'est plus l'Espagne ».
Source : Gallica

E. Durègne Aquarelles d'Espagne (1906)

Cadiz est si coquette, si riante! la population y paraît plus heureuse, les femmes plus jolies.
La nature elle-même trouve sur ces rochers battus par les grandes vagues de l'Océan le moyen d'y
être plus gracieuse. Les palmiers y sont d'une robustesse inconnue, les jardins d'une fraîcheur
surprenante, et je garde au nombre de mes plus profondes impressions le souvenir d'une longue rêverie au sommet d'un labyrinthe émergeant du parfum des Heurs, alors que la lune, reflétée par le scintillement de l'immense baie, enveloppait la ville assoupie d'une phosphorescence nacrée.
Source : Gallica

E. Durègne Aquarelles d'Espagne (1906)

Le ciel, infiniment pur, est d'un vert infiniment doux, sur lequel tranche, juste en face, une très haute colline dont le lilas clair virera à l'ocre jaune lorsque le soleil aura monté.
La ville endormie s'éclaire graduellement à son tour; voici les grands palmiers, les hautes
tours carrées, les dômes qui s'illuminent en or, puis les terrasses supérieures, puis les plus humbles toitures, avec, au centre de chacune, un trou carré encore noir.
Source : Gallica

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