Résumé

E.-Albert Babeau Notes et croquis d'Espagne : Burgos… (1914)

Dans la cathédrale d'Avila un ouvrier, un paysan, je veux dire un homme de la race, mais sans éducation, s'agenouille et prie, en sentant dominer une force supérieure ; un artiste, un homme habitué aux jeux de la culture et de la pensée voit au moins s'exalter en lui ses plus nobles aspirations, mais un bourgeois jacobin dirait « allons nous réchauffer à l'auberge voisine ».
Il y a dans l'ombre d'une chapelle collatérale un petit tableau qui n'est fait que de l'or des auréoles et du croissant délié de
Cathédrale d'Avila,
la lune.
Source : Gallica

E.-Albert Babeau Notes et croquis d'Espagne : Burgos… (1914)

L'intérieur est austère et sombre. Des colonnes rigides s'enfoncent dans des ombres profondes, nuages pour toujours prisonniers sous les voûtes.
Ainsi l'âpre Espagne refuse à ses fidèles l'ivresse facile de l'Italie et la douceur de la France. La cathédrale d'Avila n'aurait pu jaillir sur le sol de Florence ou parmi les jardins de Touraine, et pourtant, lorsque j'ai abdiqué mes sensations apprises, quelle suavité dans cette désolation, quelle sécurité dans cette force et quelle lumière auprès de ces ombres !
Source : Gallica

E.-Albert Babeau Notes et croquis d'Espagne : Burgos… (1914)

Une cinquantaine de tours massives enserrent la ville : la cathédrale s'achève en forteresse.
Les lourds blocs des remparts ne sont pas à l'échelle humaine.
Avila témoigne d'abord au touriste le mépris le plus complet : à travers les tristes maisons d'un faubourg, gagnons les champs. D'énormes rochers granitiques sont éparpillés sur le sol. Dans les rafales, des nuages qui ont eux-mêmes la forme de rocailles, roulent vers une lointaine sierra dont les sommets recueillent en même temps la neige et la pluie.
Source : Gallica

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