François Porché

Résumé

François Porché Revue des Deux Mondes

Coude à coude, prenant ainsi tout leur volume,
Ils sont là, dans l’air, devant nous,
Et les poussières du bitume
Comme un baiser brûlant montent vers leurs genoux.
Il n’y a plus d’armes rivales,
L’œil ne distingue plus le soldat du gradé,
Sauf, en de justes intervalles,
Lorsque flambe au soleil l’or d’un képi brodé.
Tout dans cette heure semble un incroyable songe :
Les pas, les roulements de ces tambours usés,
Et la clameur des murs qui comme un dais s’allonge
Sur tous ces visages bronzés.
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François Porché Revue des Deux Mondes

C’est en vain qu’un frisson dans l’air nous avertit,
Toujours l’explosion du printemps nous étonne ;
C’est en vain que le canon tonne,
Que la trompette retentit.
Malgré tant d’écussons, de mats et de guirlandes,
Nous n’avions rien prévu : quand les choses sont grandes,
Le rêve en regard est petit.
Voici l’Evénement qui s’engouffre sous l’Arche,
Et passe outre, allongé sur son chemin vermeil,
Fatal dans sa splendeur, rigoureux dans sa marche,
Comme un nouveau soleil.
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François Porché Revue des Deux Mondes

L’obus indifférent couvre sa trajectoire,
Et ceux qui vont mourir poussent leurs derniers cris.
Un homme est sûr de la victoire.
Il s’avance au milieu de quelques manteaux gris.
Reims, où l’âme survit dans la pierre trouée.
Semble un phare qui danse au haut d’une bouée.
L’homme est content de ce qu’il voit.
Il déploie une carte et l’ongle de son doigt
Sous un rayon tremblant erre de ville en ville.
L’aide de camp sourit d’un sourire servile,
Et la voiture attend au bas de la forêt...
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