Alfred de Tanouarn, Solitude et rêverie : poésies (1849)
“ Si, jeune, on a pour tromper la souffrance Le doux sommeil et la douce espérance, Vieux aujourd'hui, tu n'as que le sommeil. Si par instants le bonheur sur ta couche Vient se poser, vite il s'envole, hélas! Oiseau craintif que le bruit effarouche. Passons, enfants, ne le réveillons pas. Sans clore l'œil, d'assoupir la douleur Moi je sais l'art : je pense, oublie et rêve ; Et, bien qu'il soit suspendu comme un glaive Sur mon chevet, point ne vois le malheur. Je dis au monde, et mème à la fortune, Mème à l'amour, (à lui je le dis bas) : Eloignez-vous, fuyez, troupe importune. ”
