François Porché

Élements biographiques

François Porché L’Amour qui n’ose pas dire son nom

Socrate et Platon, en somme, n’ont pas fait autre chose que d’édifier magnifiquement une théorie de ce que Freud, de nos jours, a appelé la sublimation de l’instinct sexuel. « Veux-tu savoir ce que j’entends par amour, dit Phèdre, dans Le Banquet, c’est la honte pour le Mal et l’émulation pour le Bien ». Quand « l’amour grec » se limite à un désir grossier, il ne recouvre que des sentiments très bas : indifférence cynique, complaisance intéressée, haine, mépris. Mais la passion est bonne si l’élan qu’elle communique à l’être est contrôlé, dirigé, épuré.
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François Porché Revue des Deux Mondes

Un brusque sort heureux le met sur le pavois,
La foule a des rumeurs, mais du sein des murailles
S’échappent d’autres voix.
Ce qui peut demeurer des gloires disparues
Autour d’un bas-relief, dans le plan d’un jardin,
Dans le tracé des vieilles rues,
Se réveille soudain.
C’est qu’ils ont tout sauvé : la fontaine et la grille,
Et l’arbre dont L’arceau s’abaisse avec amour,
Les dômes, les clochers, et c’est pourquoi tout brille
Et se tourne vers eux comme un front vers le jour.
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François Porché L’Amour qui n’ose pas dire son nom

Dans l’instant qu’il ne l’observe que pour s’en réjouir, il en est tacitement complice. Et d’ailleurs, il le sait, il l’a dit. C’est cela même qui l’excite et le bouleverse. Participer à la bassesse en esprit, regarder un autre que soi barboter dans la fange, en se tenant soi-même assez loin, assez haut pour n’être pas sali (Gide le croit) par les éclaboussures, ce sont-là jeux de prince, en effet. Mais prince, Satan ne l’est-il pas ? N’est-ce pas là justement son vieux titre ?
Ce qui fait Gide frissonner de joie, c’est de mêler aux images de la volupté le sentiment de la morale insultée.
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