Marie Allo

Marie Allo

Résumé

Portrait de Marie Allo Marie Allo Les fontaines : poèmes (1923)

Comme un ruisseau de rêve, s'étale En un ruban impalpable et clair, Onde fantôme à reflets d'opale,
Gaze irréelle éparse dans l'air.
Dans mon jardin, un tilleul balance Ses rameaux verts, et c'est pour mes yeux, L'écran où joue, en sa transparence, Mon beau fil bleu, si capricieux.
J'y vois flotter des cheveux de fée, Eparpillés par le vent si doux...
Les voiles blancs dont était coiffée La Reine Mab, y voltigent flous.
J'y vois voler l'âme aérienne D'un sylphe mort au sein d'une fleur ; L'ombre d'un Mai, d'une année ancienne, Qui restera fleuri dans mon cœur.
Source : Gallica

Portrait de Marie Allo Marie Allo Les fontaines : poèmes (1923)

En mai, des tiges légères Poussent, du fond du ruisseau, Leurs corolles éphémères
A fleur d'eau :
C'est ta guirlande, Ophélie, Qui vient fleurir de nouveau, De peur que l'on ne t'oublie...
Et par les longs soirs d'été, Lorsque le croissant d'opale Teinte le flot argenté
D'un feu pâle,
Pour le rêveur, ton ami, C'est ta robe qui s'étale Au sein du lac endormi.
Ainsi la mort te fit reine Au royaume du cristal,
Un tintement de fontaine Matinal
Charme ton rêve, ô dormeuse ! Et dans un lit virginal Te berce l'onde amoureuse.
Source : Gallica

Portrait de Marie Allo Marie Allo Les fontaines : poèmes (1923)

Les yeux tout trempés d'un reflet de l'âme, Les yeux alanguis des rêves du cœur,
Les yeux où la vie allume sa flamme,
Les yeux, tous les yeux, s'éteindront, Seigneur !
Les yeux qu'on a vus pleurer et sourire,
Les yeux pleins de fièvre, ou pleins de candeur, Les yeux qu'on adore, et ceux qu'on admire, Les yeux, tous les yeux, s'éteindront, Seigneur !
Mais, mon Dieu, je crois, d'une foi profonde Qu'ainsi qu'au printemps, renaissent les fleurs, Devant la beauté de quelque autre monde, Les yeux, tous les yeux, s'ouvriront ailleurs !
Source : Gallica

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