Marie Allo,
Les fontaines : poèmes
(1923)
“ Comme un ruisseau de rêve, s'étale En un ruban impalpable et clair, Onde fantôme à reflets d'opale, Gaze irréelle éparse dans l'air. Dans mon jardin, un tilleul balance Ses rameaux verts, et c'est pour mes yeux, L'écran où joue, en sa transparence, Mon beau fil bleu, si capricieux. J'y vois flotter des cheveux de fée, Eparpillés par le vent si doux... Les voiles blancs dont était coiffée La Reine Mab, y voltigent flous. J'y vois voler l'âme aérienne D'un sylphe mort au sein d'une fleur ; L'ombre d'un Mai, d'une année ancienne, Qui restera fleuri dans mon cœur. ”
