Alfred de Musset

Alfred de Musset

Résumé

Portrait de Alfred de Musset Alfred de Musset Nuits

Pourquoi, dans ce récit d’une vive souffrance,
Ne veux-tu voir qu’un rêve et qu’un, amour trompé ?
Est-ce donc sans motif qu’agit la Providence ?
Et crois-tu donc distrait le Dieu qui t’a frappé ?
Le coup dont tu te plains t’a préservé peut-être,
Enfant ; car c’est par là que ton cœur s’est ouvert.
L’homme est un apprenti, la douleur est son maître,
Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert.
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Portrait de Alfred de Musset Alfred de Musset Nuits

Est-ce un jugement téméraire, de considérer que cet amoureux au désespoir ait eu la prétention de s’ériger en personnage de légende et d’incarner, dans la mémoire des hommes, le type de l’amant au dix-neuvième siècle ? Les grandes passions, en somme, sont assez rares ; l’amour total, exclusif, absolu, ne se rencontre guère que dans les livres ; chaque siècle à peine nous en donne un : Héloïse et Abeilard, Dante et Béatrice, Laure et Pétrarque, Roméo et Juliette, puis, toute seule, Manon Lescaut ou MIle de Lespinasse, et Musset tout seul...
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Portrait de Alfred de Musset Alfred de Musset Nuits

Les moissons, pour mûrir, ont besoin de rosée ;
Pour vivre et pour sentir, l’homme a besoin des pleurs ;
La Joie a pour symbole une plante brisée,
Humide encor de pluie et couverte de fleurs.
Ne te disais-tu pas guéri de ta folie ?
N’es-tu pas jeune, heureux, partout le bienvenu,
Et ces plaisirs légers qui font aimer la vie,
Si tu n’avais pleuré, quel cas en ferais-tu ?
Lorsqu’au déclin du jour, assis sur la bruyère,
Avec un vieil ami tu bois en liberté,
Dis-moi, d’aussi bon cœur lèverais-tu ton verre,
Si tu n’avais senti le prix de la gaîté ?
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