Résumé

Antoine de Cournand Épître sur les avantages de la poésie… (1803)

Aux esprits cultivés elle offre des appas; La politesse y gagne, et le cœur n'y perd pas.
L'homme est fait pour sentir autant que pour connaître; Si vous me disputez la moitié de mon être, Je saurai la défendre : on peut, avec honneur, En style mesuré combattre un raisonneur.
Quand aux dépens des vers on élève la prose, L'observateur, sans peine, en devine la cause: Des lèvres du poëte un bon mot échappé Blesse d'un esprit faux le renom usurpé ; Mais si le mot est juste, il est permis d'en rire.
Le vers corrige un fat mieux qu'une autre satire
Source : Gallica

Antoine de Cournand Épître sur les avantages de la poésie… (1803)

Racine attendrissait des héros plus humains ; Boileau donnait au vers sa forme régulière; Et Thalie écrivait sous le nom de Molière.
Compagne du bon goût, la tendre volupté Aux autels du génie amène la beauté : Tout poëte sensible adopte pour sa muse Ninon ou Sévigné, Deshoulière on La Suze.
Sexe aimable, régnez; vos soins nous ont poliai Des talens d'Apollon vos talens embellis, Ces vers, où Vénus même en ses grâces respire, Doublèrent notre gloire en doublant votre empire.
On a beau vous traiter de futiles rimenrs, Poètes! vos accens nous ont donné des mœurs.
Source : Gallica

Antoine de Cournand Épître sur les avantages de la poésie… (1803)

A-t-on moins de talens pour avoir des rivaux?
Phébus! ta république est un vaste domaine: Que l'orgueil inquiet s'intrigue et se démène; Sur tant de concurrens si quelqu'un doit primer, Laissons au seul public le soin de le nommer.
Souvent, sans la connaître, on parle de la gloire: Des succès mendiés ne sont pas la victoire.
J'estime un écrivain cher à sa nation, S'il est grand par lui-même, et non par faction.
En vain l'on se fatigue après la renommée: Enivrés quelque tems de leur propre fumée , Le poëte sans grâce, et le lourd prosateur Finissent par lasser la presse et le lecteur.
Source : Gallica

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