Antoine de Cournand,  Épître contre l'affectation , lue à la rentrée publique du Collège de France… (1802)

“ Mais toi, que ce discours par le zèle dicté, Offense dans sa forme et dans sa liberté, Imite, j'y consens, non la fausse science, Mais la sage raison, l'utile bienfaisance.
Poursuis moins la vertu de ton rire moqueur; Affecte moins l'esprit, tâche d'avoir un coeur : Des partis divisés tu fomentais la haine, Prends pour ton propre compte une ame plus humaine : Par des tons insolens tu te crois embelli, Contrefais dans le monde un maintien plus poli ; Au profit de tes mœurs gêne ton caractère: C'est un bien d'affecter ce qui doit toujours plaire.
”
Source : Gallica

Antoine de Cournand,  Discours en vers sur la protection que les princes doivent aux arts… (1804)

“ Mais le génie ardent, fier, noble, généreux, Même à la cour des rois, s'il rampe est malheureux: La majesté le gêne, et la froideur le glace;
Accueilli par les grands, il veut l'être avec graee.
Sous un servile joug s'il se laisse enchaîner Il renonce à la gloire, et ne peut la donner.
La Seine, la Tamise, et le Tage et le Tibre, Tout nous dit que les arts veulent un peuple libre: Dans les fers des tyrans l'esprit perd sa vigueur: Ce qu'un esclave écrit est bas comme son cœur.
”
Source : Gallica

Antoine de Cournand,  Épître sur les avantages de la poésie… (1803)

“ A-t-on moins de talens pour avoir des rivaux?
Phébus! ta république est un vaste domaine: Que l'orgueil inquiet s'intrigue et se démène; Sur tant de concurrens si quelqu'un doit primer, Laissons au seul public le soin de le nommer.
Souvent, sans la connaître, on parle de la gloire: Des succès mendiés ne sont pas la victoire.
J'estime un écrivain cher à sa nation, S'il est grand par lui-même, et non par faction.
En vain l'on se fatigue après la renommée: Enivrés quelque tems de leur propre fumée , Le poëte sans grâce, et le lourd prosateur Finissent par lasser la presse et le lecteur.
”
Source : Gallica

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