Résumé

Louis Étienne Un Retour vers Byron à propos de nouvelles publications

Byron n’avait garde de renoncer entièrement aux tons sérieux, il y a des larmes dans Don Juan ; il en fait aussi verser aux autres, car sa muse n’est pas le papillon dont il parle, qui a des ailes et pas d’aiguillon ; c’est la guêpe, dont la piqûre est redoutable. Son entreprise était nouvelle, non par le ton plaisant qu’il répandait sur le poème entier, mais par le mélange du badinage et des traits acérés. Le rire constant eût manqué chez lui de sincérité aussi bien que la raideur soutenue de Childe-Harold, et l’on ne conçoit pas Byron devenu l’amuseur inoffensif d’un public désœuvré.
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Louis Étienne Un Retour vers Byron à propos de nouvelles publications

Voilà bien ces vagues orageuses de la passion parvenue à son extrême limite et s’y brisant en une poésie qui est le soupir de l’âme humaine aux rivages où elle est enfermée ! Ce n’est pas pourtant le dernier mot de l’art de Byron. Voici venir Haïdée, le type le plus pur de l’amour libre au milieu d’un monde idéal qui n’existe peut-être nulle part, si ce n’est dans l’imagination du poète ou bien dans quelque région ignorée, là où la nature parle seule en l’absence de toute loi sociale et de toute éducation.
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Louis Étienne Un Retour vers Byron à propos de nouvelles publications

« Un jour viendra qu’Ilion sacré périra. » Ne voilà-t-il pas ce mélange de satire et d’épopée qui est la marque essentielle du génie de Byron ? Il part pour l’Orient, et pour dernier adieu jette un défi à presque toute la littérature, « aux pillards d’Ecosse comme aux sots d’Angleterre, » Il part sans autre objet que de fuir sa patrie, qu’il a prise en dégoût, de fuir des hommes qu’il méprise. On a tenté quelquefois d’expliquer l’exil définitif de Byron sans l’attribuer au rigorisme ou à la dureté de la société anglaise.
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