Résumé

L. Étienne Le Paganisme poétique en Angleterre…

Un jeune poète qui se sacrifie à l’amour avec une passivité lyrique est une élégie, une ode vivante, c’est-à-dire un être de raison. Vouloir mourir, quels qu’en soient les motifs, n’est pas une passion dramatique, puisqu’une telle volonté exclut le combat et l’action : vouloir mourir parce qu’on n’espère plus rien de l’amour, c’est l’opposé du drame ; mais se laisser conduire à la mort comme une victime résignée d’un roman préconçu, comme un martyr se dévouant à un type d’amour introuvable, c’est être une sorte de Tibulle ou de Properce prenant au sérieux ses métaphores.
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L. Étienne Le Paganisme poétique en Angleterre…

Froide pastorale ! Quand les années auront détruit cette génération, tu demeureras au milieu d’autres tristesses que les nôtres, éternelle amie des hommes, tu continueras de leur dire : « Le beau est le vrai, le vrai est le beau ; c’est là tout ce que vous savez sur la terre, et tout ce que vous avez besoin de savoir ! »
Quelle ravissante poésie ! mais quel songe ! Un jeune poète arrêté devant cette urne antique et rêvant à la vue de ces bas-reliefs des danses éternelles, un éternel amour, une éternelle fête, voilà Keats tout entier.
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L. Étienne Le Paganisme poétique en Angleterre…

Il s’échappe des universités comme un jeune Athénien sortant de la salle du festin, la tête ceinte de la couronne du banquet, promenant par la sage Angleterre son audacieuse nudité ; il fait scandale par des allures qui auraient provoqué les sévérités d’Athènes, étonné parfois Corinthe elle-même. S’il faut prendre au sérieux ce talent très remarquable, mais très jeune aussi, quel chemin le paganisme a fait depuis l’aimable Keats ! La mythologie lui suffisait, il ne parlait qu’à l’imagination.
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