Dessalles-Régis

Résumé

Dessalles-Régis Revue des Deux Mondes

Pour conclure avec Hégésippe Moreau qui avait, lui, un talent vrai, ce qui l’a perdu, ainsi que bien d’autres, en ce siècle tourmenté, c’est l’immodération de l’ame, l’impatience de la destinée, le débordement inquiet des fermens de l’imagination sur la raison austère, le sacrifice du devoir religieux et moral à l’exigence des passions. Ce qui lui a manqué, c’est la persistance dans l’œuvre, la confiance en sa force, c’est-à-dire dans celle de la poésie ; car s’il eût cru sincèrement à la poésie, il se fût attaché à vivre pour elle, pour le service de son culte et de ses autels.
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Dessalles-Régis Revue des Deux Mondes

Nous savons maintenant que l’auteur de la Fille du Cid peut, avec un succès égal, marcher à la suite des génies les plus divers ; il lui reste encore à être lui-même, et à se révéler dans une voie qui n’ait pas été déjà sillonnée par d’ineffaçables empreintes.
À vouloir juger M. Casimir Delavigne dans son ensemble et comme caractère de poète, on n’est pas en vérité sans quelque légitime embarras. Entre le haut piédestal que lui dresse la foule complaisante et le socle plus abaissé où le pose la critique austère, son rang bien précis ne se dessine pas nettement à l’œil.
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Dessalles-Régis Revue des Deux Mondes

Lorsque le destin n’a point départi au poète la liberté de chanter à toute heure, et de donner à loisir une forme à sa pensée, pourquoi le poète ne garderait-il pas d’abord pour lui seul, au fond de son cœur, ses inspirations chéries, satisfait de l’émotion et du bonheur qu’elles lui donnent, en vue de sa perfection morale ? Estimons ceux-là qui, en attendant mieux, se résignent à épancher les trésors de leur poésie intérieure sur tout ce qui les entoure, qui tentent de lui donner un but moralement pratique.
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