Édouard d’Ault-Dumesnil

Résumé

Édouard d’Ault-Dumesnil Revue des Deux Mondes

Car, ainsi que les jardins abondans donnent des fruits convenables dans toutes les saisons de l’année, de même les hommes heureusement nés, qui ont reçu d’en haut cette science infuse, s’en servent conformément aux différens âges de la vie. Et si les sciences sont désirables, comme dit Cicéron, quelle est celle qui est supérieure à la poésie, qui est plus noble, ou plus digne de l’homme, qui répond mieux à tous les besoins de l’humanité ? Les difficultés dans lesquelles elles s’enferment, qui nous en ouvre l’entrée, si ce n’est la douce et belle éloquence, soit en vers soit en prose ?
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Édouard d’Ault-Dumesnil Revue des Deux Mondes

Si tu causais avec Jean de Mena seulement, tu parlerais latin, je le sais bien ; oh ! que je suis malheureux de me voir en défaut sur la langue latine [4] ! Mais les œuvres de Santillane attestent, en maint et maint lieu, qu’il connaissait trop bien les auteurs latins, qu’il cite même assez souvent, pour ignorer leur langue. Il n’est donc permis d’inférer du passage de Jean de Lucena que l’inaptitude de Santillane à parler le latin. L’érudition dont il fait preuve, et même étalage, à tout propos, ne laisse pas douter qu’il ne l’entendît à la lecture.
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LE MARQUIS
DE SANTILLANE.
Le règne de Jean ii, roi de Léon et de Castille, dans la première moitié du xve siècle, présente une des phases remarquables de la littérature espagnole. À travers les difficultés de sa carrière royale, ce prince conduisit le char de l’état d’une main mal assurée, et l’histoire a pu être sévère envers lui, sans cesser d’être juste ; mais il aima, il cultiva même les lettres et les arts, et sa cour réunit l’élite des poètes castillans de cette époque. Au nombre de ces plus beaux fleurons de sa couronne brillèrent plusieurs grands du royaume
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