“ Homérus est tenu pour ivrogne, ayant fait l’éloge du vin ; le Père Ennius lui-même ne s’est jamais élancé pour chanter les armes qu’après avoir bu. Je renvoie les gens à jeun au Forum et au Putéal de Libon ; je défends aux sobres de chanter. Depuis cet édit, les poëtes n’ont point cessé de boire, la nuit, à qui mieux mieux et de sentir le vin pendant le jour. Quoi ! si quelqu’un, avec une face farouche, des pieds nus et l’étroite étoffe de sa toge, singe Cato, nous représentera-t-il les mœurs et la vertu de Cato ? ”
Cato l'Ancien
Définition et enjeux
Cato l'Ancien, figure emblématique de la République romaine, incarne l'idéal de la vertu républicaine et la résistance aux dérives du pouvoir. Plutarque souligne son statut d'« homme nouveau » grâce à ses exploits, tandis que Horace le présente comme un symbole de sobriété et de rigueur.
Sénèque, quant à lui, met en lumière son dévouement inébranlable à la liberté face à la domination de César. Ces approches variées, alliant histoire, philosophie et critique sociale, révèlent une figure complexe, à la fois réformateur et conservateur, dont l'héritage persiste dans les récits de la grandeur romaine.
Citations sur “Cato l'Ancien”
“ C’était la coutume des Romains d’appeler hommes nouveaux ceux dont les ancêtres avaient vécu dans l’obscurité, et qui commençaient à s’illustrer par eux-mêmes ; ils donnèrent donc à Caton le nom d’homme nouveau ; mais il disait lui-même que, s’il était nouveau à l’égard des honneurs et de la réputation, il était très ancien par les exploits et les vertus de ses ancêtres. ”
Plutarque,
Vies des hommes illustres
“ Mais il y a un mot de Caton bien plus caractéristique encore, et qui va bien plus loin : l’homme admirable, l’homme divin et le plus digne de gloire, c’est, suivant lui, celui qui prouve, par ses comptes, qu’il a acquis plus de bien dans sa vie que ne lui en avaient laissé ses pères. Caton était déjà vieux, lorsque Carnéade, philosophe académique, et Diogène, philosophe stoïcien, vinrent d’Athènes à Rome demander pour les Athéniens la décharge d’une amende de cinq cents talents [27] , à laquelle les Sicyoniens les avaient condamnés par contumace sur la poursuite des habitants d’Oropus. ”
