Résumé

Portrait de Plutarque Plutarque Vies des hommes illustres

Mais le grand Pompée, dont les Romains appelaient le camp leur patrie, et la tente leur Sénat, traitant de déserteurs et de traîtres les préteurs et les consuls qui étaient restés à Rome ; ce Pompée qu’on n’avait jamais vu sous la loi d’un autre, et qui n’avait jamais eu dans ses campagnes, marquées par tant de succès, d’autre chef que lui-même, peut-on souffrir que, par les brocards d’un Favonius et d’un Domitius, et par la crainte de s’entendre appeler Agamemnon, il se laisse presque forcer à hasarder une bataille qui devait décider de l’empire et de la liberté ?
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Il ne désespérait pas, disait-il, une fois César mort, de voir cet homme, d’un caractère élevé, ambitieux, et avide de gloire, s’enflammer, à leur exemple, d’une noble émulation pour la vertu, et vouloir contribuer aussi à la liberté de sa patrie. Ces réflexions sauvèrent la vie à Antoine, qui, le jour même du meurtre, profitant de la frayeur générale, prit la fuite sous le costume d’un homme du peuple. Brutus et ses complices se retirèrent au Capitole, les mains encore teintes de sang ; et, montrant leurs poignards nus, ils appelaient les citoyens à la liberté.
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Quant à vous, Romains, Romulus vous a laissé des guerres que vous voudriez peut-être ne point avoir ; mais la ville a besoin, pour y résister, d’un roi plein d’ardeur, et dans la force de l’âge. Ce peuple est accoutumé aux armes, et le succès aiguillonne son ardeur : tout le monde sait qu’il ne veut que s’agrandir et commander aux autres. Ce serait donc s’exposer au ridicule, que de servir les dieux et de vouloir former les citoyens à la pratique de la justice, à la haine de la guerre et de la violence, dans une nation qui a plus besoin d’un général d’armée que d’un roi.
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