“ Mais qu’est-il besoin d’un si long discours ? Figurez-vous par vous-mêmes quelle différence il y a entre une victoire et une défaite ; les avantages que l’une vous procure, les maux que l’autre entraîne après elle, et pensez, en combattant, qu’il ne s’agit pas ici de la perte des légions, mais de tout l’empire. Si vous êtes vaincus, Rome n’a plus de ressources pour tenir tête à l’ennemi. Ses soins, ses forces, ses espérances, tout est réuni dans votre armée. Faites en sorte que le succès réponde à son attente, et que votre reconnaissance égale les bienfaits que vous en avez reçus. ”
Polybe
Résumé
L’Histoire générale de Polybe, rédigée au IIe siècle av. J.-C., explore les conflits et les alliances qui ont façonné le monde antique, en mettant notamment en lumière les rivalités entre Romains, Carthaginois, Achéens et Étoliens. Ce texte, structuré autour de récits militaires et politiques, examine les mécanismes du pouvoir, la stratégie des armées et les enjeux des alliances.
Les thèmes de la cavalerie, des batailles et des régimes (oligarchie, démocratie) y sont développés avec une rigueur historique. L’œuvre, à travers des exemples comme la guerre punique ou les institutions spartiates, vise à expliquer les causes et les conséquences des transformations politiques et militaires de l’époque.
Citations de Histoire générale (Polybe)
“ Je voudrais de tout mon cœur que les Romains et les Carthaginois n’eussent jamais pensé à étendre leurs conquêtes, ceux-là au-delà de l’Italie, ceux-ci au-delà de l’Afrique, et qu’ils se fussent renfermés les uns et les autres dans ces deux beaux empires que la nature semblait avoir elle-même séparés. Mais nous avons d’abord pris les armes pour la Sicile ; nous nous sommes ensuite disputé la domination de l’Espagne ; enfin, aveuglés par la fortune, nous avons été jusqu’à nous faire la guerre chacun pour sauver notre propre patrie, et c’est encore là que nous en sommes aujourd’hui. ”
“ Lorsqu’engagés dans leurs fables ils sont en peine le trouver un dénoûment, ils ont recours aux dieux et aux demi-dieux, artifice indigne de l’histoire, qui doit rouler toute sur des faits réels. Ils nous peignent les Alpes comme si raides et si escarpées, que, loin de pouvoir les faire passer à de la cavalerie, à une armée, à des éléphans, à peine l’infanterie légère en tenterait-elle le passage. Selon ces historiens, les pays d’alentour sont si déserts, que si un dieu ou demi-dieu n’était venu montrer le chemin à Annibal, sa perte et celle de toute son armée était inévitable. ”
