“ Achevez cet hymen; et repassant l'Euphrate, Faites voir à l'Asie un autre Mithridate. Que nos tyrans communs en pâlissent d'effroi, Et que le bruit à Rome en vienne jusqu'à moi.PHARNACE Seigneur, je ne vous puis déguiser ma surprise. J'écoute avec transport cette grande entreprise; Je l'admire. Et jamais un plus hardi dessein Ne mit à des vaincus les armes à la main. Surtout j'admire en vous ce coeur infatigable Qui semble s'affermir sous le faix qui l'accable. ”
Mithridate
Définition et enjeux
Mithridate, satrape de Cappadoce au Ve siècle av. J.-C., figure historique et culturelle complexe, a inspiré de nombreuses interprétations. Xenophon le présente comme un acteur central des affaires de la région, tandis que Plutarque évoque ses stratégies politiques et militaires. Dans la littérature, Jean Racine immortalise son destin tragique dans son drame, mettant en scène ses conflits familiaux et son opposition aux Romains.
D'autres auteurs, comme Alfred Spont ou Jean le Rond d’Alembert, soulignent son héritage symbolique, notamment le « mithridate », remède légendaire censé le rendre invulnérable aux poisons. Ces approches, mêlant histoire, mythologie et littérature, révèlent une figure à la fois politique, intellectuelle et emblématique.
Citations sur “Mithridate”
Léon Feugère, Morceaux choisis des classiques français… (1874)
“ Mithridate à ses enfants 8. Le grand cœur de Mithridate, irrité plutôt qu'abattu par de nombreuses défaites, songe toujours à se venger des Romains; et, pour associer ses deux fils, Pharnace et Xipharès, à sa vengeance, il leur déclare ses projets. Approchez, mes enfants. Enfin l'heure est venue Qu'il faut que mon secret éclate à votre vue A mes nobles projets je vois tout conspirer : Il ne me reste plus qu'à vous les déclarer. Je fuis : ainsi le veut la fortune ennemie. ”
François de Sales,
Introduction à la vie dévote
(1619)
“ DE LA FRÉQUENTE COMMUNION On dit que Mithridate, roi du Pont, ayant inventé le tnithridat renforça tellement son corps par icelui, que s’essayant par après de s’empoisonner pour éviter la servitude des Romains, jamais il ne lui fut possible. Le Sauveur a institué ce sacrement très auguste de l’Eucharistie qui contient réellement sa chair et son sang, afin que qui le mange vive éternellement ; c’est pourquoi, quiconque en use souvent avec dévotion affermit tellement la santé et la vie de son âme, qu’il est presque impossible qu’il soit empoisonné d’aucune sorte de mauvaise affection. ”
