“ J'oubliai mon amour par le sien traversé: Je n'eus devant les yeux que mon père offensé. J'attaquai les Romains; et ma mère éperdue Me vit, en reprenant cette place rendue, À mille coups mortels contre eux me dévouer, Et chercher en mourant à la désavouer. L'Euxin, depuis ce temps, fut libre, et l'est encore; Et des rives de Pont aux rives du Bosphore, Tout reconnut mon père, et ses heureux vaisseaux N'eurent plus d'ennemis que les vents et les eaux. Je voulais faire plus. Je prétendais, Arbate, Moi-même à son secours m'avancer vers l'Euphrate. ”
Résumé
“Mithridate”, est une œuvre de Jean Racine. Des thèmes tels que XIPHARÈS, Mithridate ou Pharnace y sont abordés.
Citations de Mithridate (Jean Racine)
“ Et mes derniers regards ont vu fuir les Romains. À mon fils Xipharès je dois cette fortune: Il épargne à ma mort leur présence importune. Que ne puis-je payer ce service important De tout ce que mon trône eut de plus éclatant! Mais vous me tenez lieu d'Empire, de couronne; Vous seule me restez; souffrez que je vous donne, Madame; et tous ces voeux que j'exigeais de vous, Mon coeur pour Xipharès vous les demande tous.MONIME Vivez, Seigneur, vivez, pour le bonheur du monde, Et pour sa liberté qui sur vous seul se fonde; Vivez, pour triompher d'un ennemi vaincu, Pour venger... ”
“ C'est à toi de choisir quel parti tu dois prendre, Qui des deux te paraît plus digne de ta foi, L'esclave des Romains, ou le fils de ton roi. Fier de leur amitié, Pharnace croit peut-être Commander dans Nymphée, et me parler en maître. Mais ici mon pouvoir ne connaît point le sien: Le Pont est son partage, et Colchos est le mien; Et l'on sait toujours que la Colchide et ses princes Ont compté ce Bosphore au rang de leurs provinces.ARBATE Commandez-moi, Seigneur. Si j'ai quelque pouvoir, Mon choix est déjà fait, je ferai mon devoir. ”
“ Que le démon de Rome a formée et nourrie. Et je vis? Et j'attends que de leur sang baigné, Pharnace des Romains revienne accompagné! Qu'il étale à mes yeux sa parricide joie! La mort au désespoir ouvre plus d'une voie. Oui, cruelles, en vain vos injustes secours Me ferment du tombeau les chemins les plus courts, Je trouverai la mort jusque dans vos bras même. Et toi, fatal tissu, malheureux diadème, Instrument et témoin de toutes mes douleurs, Bandeau que mille fois j'ai trempé de mes pleurs, Au moins, en terminant ma vie et mon supplice, Ne pouvais-tu me rendre un funeste service? ”
“ Il faut qu'on joigne encor l'outrage à mes douleurs. À l'amour de Pharnace on impute mes pleurs. Malgré toute ma haine, on veut qu'il m'ait su plaire. Je le pardonne au Roi, qu'aveugle sa colère, Et qui de mes secrets ne peut être éclairci. Mais vous, Seigneur, mais vous, me traitez-vous ainsi?XIPHARÈS Ah! Madame, excusez un amant qui s'égare, Qui lui-même, lié par un devoir barbare, Se voit prêt de tout perdre, et n'ose se venger. Mais des fureurs du Roi que puis-je enfin juger? Il se plaint qu'à ses voeux un autre amour s'oppose. ”
“ Rome en votre faveur facile à s'apaiser...XIPHARÈS Rome, mon frère, ô ciel! Qu'osez-vous proposer? Vous voulez que le Roi s'abaisse et s'humilie? Qu'il démente en un jour tout le cours de sa vie? Qu'il se fie aux Romains, et subisse des lois Dont il a quarante ans défendu tous les rois? Continuez, Seigneur. Tout vaincu que vous êtes, La guerre, les périls sont vos seules retraites. Rome poursuit en vous un ennemi fatal, Plus conjuré contre elle et plus craint qu'Annibal. ”
“ J'espère toutefois qu'un coeur si magnanime Ne sacrifîra point les pleurs des malheureux Aux intérêts du sang qui vous unit tous deux. Vous devez à ces mots reconnaître Pharnace. C'est lui, Seigneur, c'est lui dont la coupable audace Veut, la force à la main, m'attacher à son sort Par un hymen pour moi plus cruel que la mort. Sous quel astre ennemi faut-il que je sois née? Au joug d'un autre hymen sans amour destinée, À peine je suis libre et goûte quelque paix, Qu'il faut que je me livre à tout ce que je hais. ”
“ Faire un affreux lien d'un sacré diadème? Ah! ne voyez-vous pas que les Dieux, plus humains, Ont eux-mêmes rompu ce bandeau dans vos mains?MONIME Hé! par quelle fureur obstinée à me suivre, Toi-même, malgré moi, veux-tu me faire vivre? Xipharès ne vit plus. Le Roi désespéré Lui-même n'attend plus qu'un trépas assuré. Quel fruit te promets-tu de ta coupable audace? Perfide, prétends-tu me livrer à Pharnace? ”
“ ARBATE Pharnace entrait à peine Qu'il courut de ses feux entretenir la Reine, Et s'offrir d'assurer par un hymen prochain Le bandeau qu'elle avait reçu de votre main.MITHRIDATE Traître! sans lui donner le loisir de répandre Les pleurs que son amour aurait dus à ma cendre! Et son frère?ARBATE Son frère, au moins jusqu'à ce jour, Seigneur, dans ses desseins n'a point marque d'amour, Et toujours avec vous son coeur d'intelligence N'a semblé respirer que guerre et que vengeance.MITHRIDATE Mais encor quel dessein le conduisait ici?ARBATE Seigneur, vous en serez tôt ou tard éclairci. ”
“ Je l'ai laissé sanglant, porté par des soldats, Et Xipharès en pleurs accompagne leurs pas.MONIME Xipharès? Ah! grands Dieux! Je doute si je veille, Et n'ose qu'en tremblant en croire mon oreille. Xipharès vit encor? Xipharès, que mes pleurs...ARBATE Il vit chargé de gloire, accablé de douleurs. De sa mort en ces lieux la nouvelle semée Ne vous a pas vous seule et sans cause alarmée. Les Romains, qui partout l'appuyaient par des cris, Ont par ce bruit fatal glacé tous les esprits. ”
“ Et tandis que l'Asie occupera Pharnace, De cette autre entreprise honorez mon audace. Commandez. Laissez-nous, de votre nom suivis, Justifier partout que nous sommes vos fils. Embrasez par nos mains le couchant et l'aurore; Remplissez l'univers, sans sortir du Bosphore; Que les Romains, pressés de l'un à l'autre bout, Doutent où vous serez, et vous trouvent partout. Dès ce même moment ordonnez que je parte. Ici tout vous retient. Et moi, tout m'en écarte. Et si ce grand dessein surpasse ma valeur, Du moins ce désespoir convient à mon malheur. ”
“ Pharnace, en ce moment, et ma flamme offensée Ne peuvent pas tout seuls occuper ma pensée. D'un voyage important les soins et les apprêts, Mes vaisseaux qu'à partir il faut tenir tout prêts, Mes soldats dont je veux tenter la complaisance, Dans ce même moment demandent ma présence. Vous cependant ici veillez pour mon repos. D'un rival insolent arrêtez les complots. Ne quittez point la Reine, et s'il se peut, vous-même Rendez-la moins contraire aux voeux d'un roi qui l'aime. ”
“ Mais ce Parthe, Seigneur, ardent à nous défendre Lorsque tout l'univers semblait nous protéger, D'un gendre sans appui voudra-t-il se charger? M'en irai-je moi seul, rebut de la fortune, Essuyer l'inconstance au Parthe si commune, Et peut-être, pour fruit d'un téméraire amour, Exposer votre nom au mépris de sa cour? Du moins, s'il faut céder, si contre notre usage Il faut d'un suppliant emprunter le visage, Sans m'envoyer du Parthe embrasser les genoux, Sans vous-même implorer des rois moindres que vous, Ne pourrions-nous pas prendre une plus sûre voie? ”
“ Ah! ne languissons plus dans un coin du Bosphore. Si dans tout l'univers quelque roi libre encore, Parthe, Scythe ou Sarmate, aime sa liberté, Voilà nos alliés: marchons de ce côté, Vivons ou périssons dignes de Mithridate, Et songeons bien plutôt, quelque amour qui nous flatte, À défendre du joug et nous et nos États, Qu'à contraindre des coeurs qui ne se donnent pas.PHARNACE Il sait vos sentiments. Me trompais-je, Madame? Voilà cet intérêt si puissant sur votre âme, Ce père, ces Romains que vous me reprochez.XIPHARÈS J'ignore de son coeur les sentiments cachés ”
“ Du temps, qui l'a flétri, laisse voir tout l'outrage. D'ailleurs mille desseins partagent mes esprits: D'un camp prêt à partir vous entendez les cris; Sortant de mes vaisseaux, il faut que j'y remonte. Quel temps pour un hymen qu'une fuite si prompte, Madame! Et de quel front vous unir à mon sort, Quand je ne cherche plus que la guerre et la mort? Cessez pourtant, cessez de prétendre à Pharnace. Quand je me fais justice, il faut qu'on se la fasse. ”
“ Ne doit point par des pleurs être déshonorée. J'ai vengé l'univers autant que je l'ai pu: La mort dans ce projet m'a seule interrompu. Ennemi des Romains et de la tyrannie, Je n'ai point de leur joug subi l'ignominie; Et j'ose me flatter qu'entre les noms fameux Qu'une pareille haine a signalés contre eux, Nul ne leur a plus fait acheter la victoire, Ni de jours malheureux plus rempli leur histoire. Le ciel n'a pas voulu qu'achevant mon dessein, Rome en cendre me vît expirer dans son sein. Mais au moins quelque joie en mourant me console: J'expire environné d'ennemis que j'immole ”
“ Si ce fils en effet digne de votre estime À quelque amour encore avait pu vous forcer. Mais qu'un traître, qui n'est hardi qu'à m'offenser, De qui nulle vertu n'accompagne l'audace, Que Pharnace, en un mot, ait pu prendre ma place? Qu'il soit aimé, Madame, et que je sois haï?SCÈNE V MITHRIDATE, MONIME, XIPHARÈS MITHRIDATE Venez, mon fils, venez, votre père est trahi. Un fils audacieux insulte à ma ruine, Traverse mes desseins, m'outrage, m'assassine, Aime la Reine enfin, lui plaît, et me ravit Un coeur que son devoir à moi seul asservit. ”
“ Vous seul, Seigneur, vous seul, après quarante années, Pouvez encor lutter contre les destinées Implacable ennemi de Rome et du repos, Comptez-vous vos soldats pour autant de héros? Pensez-vous que ces coeurs, tremblants de leur défaite, Fatigués d'une longue et pénible retraite, Cherchent avidement sous un ciel étranger La mort et le travail, pire que le danger? Vaincus plus d'une fois aux yeux de la patrie, Soutiendront-ils ailleurs un vainqueur en furie? Sera-t-il moins terrible, et le vaincront-ils mieux Dans le sein de sa Ville, à l'aspect de ses Dieux? ”
“ Et vous, à m'obéir, Prince, qu'on se prépare. Les vaisseaux sont tout prêts. J'ai moi-même ordonné La suite et l'appareil qui vous est destiné. Arbate, à cet hymen chargé de vous conduire, De votre obéissance aura soin de m'instruire. Allez; et soutenant l'honneur de vos aïeux, Dans cet embrassement recevez mes adieux.PHARNACE Seigneur...MITHRIDATE Ma volonté, Prince, vous doit suffire. Obéissez. C'est trop vous le faire redire.PHARNACE Seigneur, si pour vous plaire il ne faut que périr, Plus ardent qu'aucun autre on m'y verra courir. Combattant à vos yeux, permettez que je meure. ”
“ Que ta confusion ne part que de ta rage. Il te tarde déjà qu'échappé de mes mains Tu ne coures me perdre, et me vendre aux Romains. Mais avant que partir, je me ferai justice: Je te l'ai dit.SCÈNE II MITHRIDATE, PHARNACE, XIPHARÈS, GARDES MITHRIDATE Holà! gardes. Qu'on le saisisse. Oui, lui-même, Pharnace. Allez, et de ce pas Qu'enfermé dans la tour on ne le quitte pas.PHARNACE Hé bien! sans me parer d'une innocence vaine, Il est vrai, mon amour mérite votre haine. J'aime: l'on vous a fait un fidèle récit. Mais Xipharès, Seigneur, ne vous a pas tout dit. ”
“ Pharnace m'ait jamais coûté les moindres larmes. Ce fils victorieux que vous favorisez, Cette vivante image en qui vous vous plaisez, Cet ennemi de Rome, et cet autre vous-même, Enfin ce Xipharès que vous voulez que j'aime...MITHRIDATE Vous l'aimez?MONIME Si le sort ne m'eût donnée à vous, Mon bonheur dépendait de l'avoir pour époux. Avant que votre amour m'eût envoyé ce gage, Nous nous aimions... Seigneur, vous changez de visage.MITHRIDATE Non, Madame. Il suffit. Je vais vous l'envoyer. Allez. Le temps est cher. Il le faut employer. ”
“ Je fuis. Souvenez-vous, Prince, de m'éviter, Et méritez les pleurs que vous m'allez coûter.XIPHARÈS Ah! Madame... Elle fuit, et ne veut plus m'entendre. Malheureux Xipharès, quel parti dois-tu prendre? On t'aime, on te bannit; toi-même tu vois bien Que ton propre devoir s'accorde avec le sien. Cours par un prompt trépas abréger ton supplice. Toutefois attendons que son sort s'éclaircisse, Et s'il faut qu'un rival la ravisse à ma foi, Du moins, en expirant, ne la cédons qu'au Roi.ACTE III SCÈNE PREMIÈRE MITHRIDATE, PHARNACE, XIPHARÈS MITHRIDATE Approchez, mes enfants. ”
“ XIPHARÈS Moi, Seigneur, que je fuie! Que Pharnace impuni, les Romains triomphants N'éprouvent pas bientôt...MITHRIDATE Non, je vous le défends. Tôt ou tard il faudra que Pharnace périsse. Fiez-vous aux Romains du soin de son supplice. Mais je sens affaiblir ma force et mes esprits. Je sens que je me meurs. Approchez-vous, mon fils. Dans cet embrassement dont la douceur me flatte, Venez, et recevez l'âme de Mithridate.MONIME Il expire.XIPHARÈS Ah! Madame, unissons nos douleurs, Et par tout l'univers cherchons-lui des vengeurs. ”
“ Achevez cet hymen; et repassant l'Euphrate, Faites voir à l'Asie un autre Mithridate. Que nos tyrans communs en pâlissent d'effroi, Et que le bruit à Rome en vienne jusqu'à moi.PHARNACE Seigneur, je ne vous puis déguiser ma surprise. J'écoute avec transport cette grande entreprise; Je l'admire. Et jamais un plus hardi dessein Ne mit à des vaincus les armes à la main. Surtout j'admire en vous ce coeur infatigable Qui semble s'affermir sous le faix qui l'accable. ”
“ MONIME, à Xipharès.Adieu, Prince. Quelle nouvelle!SCÈNE V PHARNACE, XIPHARÈS PHARNACE Mithridate revient? Ah! fortune cruelle! Ma vie et mon amour tous deux courent hasard, Les Romains que j'attends arriveront trop tard.À Xipharès.Comment faire? J'entends que votre coeur soupire, Et j'ai conçu l'adieu qu'elle vient de vous dire, Prince; mais ce discours demande un autre temps: Nous avons aujourd'hui des soins plus importants. Mithridate revient, peut-être inexorable. Plus il est malheureux, plus il est redoutable. Le péril est pressant plus que vous rie pensez. ”
“ Ce seul dessein l'occupe; et hâtant son voyage, Lui-même ordonne tout, présent sur le rivage. Ses vaisseaux en tous lieux se chargent de soldats, Et partout Xipharès accompagne ses pas. D'un rival en fureur est-ce là la conduite? Et voit-on ses discours démentis par la suite?MONIME Pharnace cependant, par son ordre arrêté, Trouve en lui d'un rival toute la dureté. Phoedime, à Xipharès fera-t-il plus de grâce?PHOEDIME C'est l'ami des Romains qu'il punit en Pharnace. L'amour a peu de part à ses justes soupçons. ”
“ SCÈNE IV MITHRIDATE, MONIME MITHRIDATE Madame, enfin le ciel près de vous me rappelle, Et secondant du moins mes plus tendres souhaits, Vous rend à mon amour plus belle que jamais. Je ne m'attendais pas que de notre hyménée Je dusse voir si tard arriver la journée, Ni qu'en vous retrouvant, mon funeste retour Fît voir mon infortune, et non pas mon amour. C'est pourtant cet amour, qui de tant de retraites Ne me laisse choisir que les lieux où vous êtes; Et les plus grands malheurs pourront me sembler doux, Si ma présence ici n'en est point un pour vous. C'est vous en dire assez, si vous voulez m'entendre. ”
“ Non, Princes, ce n'est point au bout de l'univers Que Rome fait sentir tout le poids de ses fers; Et de près inspirant les haines les plus fortes, Tes plus grands ennemis, Rome, sont à tes portes. Ah! s'ils ont pu choisir pour leur libérateur Spartacus, un esclave, un vil gladiateur, S'ils suivent au combat des brigands qui les vengent, De quelle noble ardeur pensez-vous qu'ils se rangent Sous les drapeaux d'un roi longtemps victorieux, Qui voit jusqu'à Cyrus remonter ses aïeux? ”
“ Vous-même, d'un autre oeil me verriez-vous, Madame, Si ces Grecs vos aïeux revivaient dans votre âme? Et puisqu'il faut enfin que je sois votre époux, N'était-il pas plus noble, et plus digne de vous, De joindre à ce devoir votre propre suffrage, D'opposer votre estime au destin qui m'outrage, Et de me rassurer, en flattant ma douleur, Contre la défiance attachée au malheur? Hé quoi? n'avez-vous rien, Madame, à me répondre? Tout mon empressement ne sert qu'à vous confondre. Vous demeurez muette; et loin de me parler, Je vois, malgré vos soins, vos pleurs prêts à couler. ”
“ Et le seul nom de Rome étonne les plus fiers. De mille affreux périls ils se forment l'image, Les uns avec transport embrassent le rivage, Les autres qui partaient s'élancent dans les flots, Ou présentent leurs dards aux yeux des matelots. Le désordre est partout; et loin de nous entendre, Ils demandent la paix, et parlent de se rendre. Pharnace est à leur tête; et flattant leurs souhaits, De la part des Romains il leur promet la paix.MITHRIDATE Ah le traître! Courez. Qu'on appelle son frère; Qu'il me suive, qu'il vienne au secours de son père.ARBATE J'ignore son dessein. ”
“ En effet, il n'y a guère d'actions éclatantes dans la vie de Mithridate qui n'aient trouvé place dans ma tragédie. J'y ai inséré tout ce qui pouvait mettre en jour les moeurs et les sentiments de ce prince, je veux dire sa haine violente contre les Romains, son grand courage, sa finesse, sa dissimulation, et enfin cette jalousie qui lui était si naturelle, et qui a tant de fois coûté la vie à ses maîtresses. La seule chose qui pourrait n'être pas aussi connue que le reste, c'est le dessein que je lui fais prendre de passer dans l'Italie. ”
“ Mais pourtant Xipharès ne paraît point encore.PHOEDIME Vaine erreur des amants qui, pleins de leurs désirs, Voudraient que tout cédât au soin de leurs plaisirs! Qui prêts à s'irriter contre le moindre obstacle...MONIME Ma Phoedime, et qui peut concevoir ce miracle? Après deux ans d'ennuis, dont tu sais tout le poids, Quoi! je puis respirer pour la première fois? Quoi! cher Prince, avec toi je me verrais unie? ”
“ J'ai pris soin de m'armer contre tous les poisons; J'ai su, par une longue et pénible industrie, Des plus mortels venins prévenir la furie. Ah! qu'il eût mieux valu, plus sage et plus heureux, Et repoussant les traits d'un amour dangereux, Ne pas laisser remplir d'ardeurs empoisonnées Un coeur déjà glacé par le froid des années! De ce trouble fatal par où dois-je sortir?SCÈNE VI MITHRIDATE, ARBATE ARBATE Seigneur, tous vos soldats refusent de partir. Pharnace les retient, Pharnace leur révèle Que vous cherchez à Rome une guerre nouvelle.MITHRIDATE Pharnace? ”
Termes fréquents
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