“ XIII. La renommée rapportait des merveilles de la sagesse de Numa Pompilius ; c’était un Sabin ; mais le peuple, sans vanité patriotique, choisit pour roi, sur la proposition même du sénat, ce vertueux étranger, et l’appela de Cures à Rome pour régner. A peine arrivé, quoique le peuple l’eût nommé roi dans les comices par curies, Numa fit confirmer son autorité par une nouvelle loi que les curies votèrent également ; et comme il vit que les institutions de Romulus avaient enflammé les Romains pour la guerre, il jugea qu’il fallait peu à peu amortir cette ardeur et calmer leurs sens. ”
Numa Pompilius
Définition et enjeux
Numa Pompilius, deuxième roi légendaire de Rome, est réputé pour avoir instauré un ordre religieux et politique apaisé après la guerre. Selon Plutarque, il organisa le calendrier romain, établit les Vestales ainsi que les cultes de Jupiter et Mars, façonnant ainsi la structure sociale. Cicéron met en avant sa sagesse, tandis que Voltaire souligne son rôle de pacificateur.
Les sources antiques et modernes, comme Tite-Live ou Jean-Jacques Ampère, insistent sur son héritage institutionnel, marqué par une quête de justice et de paix. Son règne, caractérisé par la construction du temple de Janus, symbolise la transition entre guerre et introspection spirituelle.
Citations sur “Numa Pompilius”
Pierre Larousse,
Fleurs historiques : clef des allusions aux faits et aux mots célèbres que l'on rencontre fréquemment dans les ouvrages des écrivains français…
(1913)
“ Numa Pompilius, législateur et deuxième roi de Rome, naquit à Cures, dans le pays des Sabins. La tradition le représente comme un prince pacifique et rempli de sagesse. Pas une guerre ne troubla son règne, consacré tout entier à la législation et aux institutions religieuses. Il créa ou organisa les flamines, les vestales, les pontifes, bâtit des temples et institua des fêtes. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ Je suis Numa Pompilius, me dit-il ; je succédai à un brigand, et j’avais des brigands à gouverner : je leur enseignai la vertu et le culte de Dieu ; ils oublièrent après moi plus d’une fois l’un et l’autre ; je défendis qu’il y eût dans les temples aucun simulacre, parce que la Divinité qui anime la nature ne peut être représentée. Les Romains n’eurent sous mon règne ni guerres ni séditions, et ma religion ne fit que du bien. ”
Ambroise Rendu, Cours complet d'histoire et de géographie… (1857)
“ IS. NUMA POMPILIUS. (715-672) . — Les sénateurs essayèrent de gouverner eux-mêmes, et tour à tour; mais au bout d'un an le désordre s'était mis dans l'État : le peuple voulut un roi. Le Sabin Numa Pompilius, paisible cultivateur, fut élu à cause de sa sagesse, ou peutêtre parce qu'il ne faisait ombrage à personne. Cette élection prouve, au reste, combien était grande l'influence des Sabins établis dans Rome. Numa, qui se disait inspiré par la nymphe Égérie, perfectionna, compléta les lois de Romulus, et organisa le culte religieux. ”
Jean Geoffroy, Cours complet et gradué de thèmes latins… (1845)
“ Pour que la religion fleurisse dans un empire, il faut que cet empire soit gouverné par ce qu'il y a de plus religieux et de plus intègre parmi les hommes. Numa Pompilius, pour attacher le peuple romain à la religion, feignait d'avoir des entretiens, non-seulement avec les génies les plus respectables, mais même avec une nymphe qu'il nommait Egérie, et d'apprendre d'elle les cérémonies sacrées qui pouvaient plaire aux dieux. ”
Abel Quinton, Le gladiateur et les communeux de Rome ancienne (1876)
“ En sa personne entourée de tous les malheureux et de tous les souffrants; ils eussent reconnu le descendant d'Ancus Marcius, troisième roi de Rome, c'est-à-dire le continuateur de la pensée religieuse de son aïeul Numa Pompilius, le consécrateur des autels dédiés, dans les temps les plus anciens, aux dieux protecteurs de la patrie. ”
Élisée Reclus,
Histoire d’un ruisseau
(1882)
“ Que nous dit cette légende, sinon que la nature seule, et non pas le tumulte des foules, peut nous initier à la vérité ; que pour scruter les mystères de la science il est bon de se retirer dans la solitude et de développer son intelligence par la réflexion ? Numa Pompilius, Egérie ne sont que des noms symboliques résumant toute une période de l'histoire du peuple romain aussi bien que de chaque société naissante : c'est aux nymphes, ou pour mieux dire, c'est aux sources, aux forêts, aux montagnes, qu'à l'origine de' toute civilisation les hommes ont dû leurs moeurs et leurs lois. ”
Jean Geoffroy, Cours complet et gradué de thèmes latins… (1845)
“ Numa Pompilius naquit dans la ville de Cures, chez les Sabins, le jour1 où Romulus jeta les fondements de Rome. La nature, jointe à l'étude, avait imprimé dans l'âme de Numa l'amour de la justice et de la vertu. Après la mort de Romulus, les Romains crurent qu'il leur était avantageux de lui donner pour successeur Numa Pompilius, qui, âgé de quarante ans2, avait ajouté aux dons que lui avait faits la nature, beaucoup de qualités acquises par l'étude et la réflexion. Il passait d'ailleurs pour un des hommes les plus vertueux ”
Charles Rollin,
Oeuvres Completes de Rollin Tome 1
(1845)
“ Dès qu'on eut nommé Numa Pompilius, lous les esprits se trouvèrent réunis. Les vues d'intérêt particulier disparurent; on oublia qu'il était étranger, Sabin, et établi ailleurs qu'à Rome; on ne vit en lui que l'homme de bien , qu'un sage capable de rendre des sujets heureux. Sur-le-champ, du consentement dû peuple, on députa vers lui les principaux des deux corps du sénat, pour le prier de venir et d'accepter le sceptre. Numa élait dans sa quarantième année lorsque les ambassadeurs romains arrivèrent auprès de lui. ”
François Rabelais,
Oeuvres de Rabelais. Texte collationné sur les éditions originales avec une vie de l'auteur…
(1873)
“ Telle estoit la considération de Numa Pompilius, roy second des Romains, juste, politic & philosophe, quand il ordonna au dieu Terme, le jour de sa feste, qu'on nommoit Terminales, rien n'estre sacrifié qui eust prins mort : nous enseignant que les termes, frontières & annexes des royaumes, convient en paix, amitié, debonnaireté garder & régir, sans ses mains souiller de sang & pillerie. Qui aultrement fait, non seulement perdra l'acquis, mais aussi patira ce scandale & opprobre qu'on l'estimera mal & à tort avoir acquis : par ceste conséquence que l'acquest luy est entre mains expiré. ”
Eugène Muller, Curiosités Historiques et Littéraires
“ Numa Pompilius introduisit son culte à Rome; et ce peuple, tout entier livré aux travaux de l'agriculture, adorait le dieu sous la garde duquel étaient placées les bornes des champs. La légende racontait que lorsqu'il s'agit d'inaugurer la statue de Jupiter sur le Capitole, et que, dans cette vue, on fit subir un brusque déplacement à tous les dieux qui avaient une portion de terrain sur le mont Tarpéien, Terme seul résista opiniâtrément, et que nul effort humain ne put réussir à déplacer sa statue. ”
Charles-Joseph Panckoucke,
Encyclopédie méthodique/Agriculture
(1787)
“ Les Romains ont singulièrement honoré l’agriculture. Le premier soin de leur fondateur fut d’instituer douze prêtres, pour offrir aux dieux les prémices de la terre & pour leur demander des récoltes abondantes. On les nomma arvales, de arva, champs. Un d’eux étant mort, Romulus prit sa place, & dans sa fuite cette dignité ne fut accordée qu’à ceux qui pouvoient prouver une naissance illustre. Numa Pompilius, l’un des plus sages rois de l’antiquité, avoit partagé le territoire de Rome en différens cantons. ”
Charles Rollin,
Oeuvres Completes de Rollin Tome 1
(1845)
“ Il est honoré comme un dieu. .5Interrègne. Après un interrègne d'un an, Numa. Pompilius est choisi pour roi. 55
AIIT. II. — Règne de Numa Pompilius. 68
g L — Numa s'applique à adoucir les moeurs des Romains, et à leur inspirer un esprit pacifique par les exercices de la religion. Il construit le temple do Janus. Ses entreliens avec la nymphe Egérie. Il réforme le calendrier. Il créé des prêtres et des pontifes. Il règle les fonctions dos vestales. Il établit les Saliens, puis des bérauts d'arrmes, appelés féciaux, et d'autres hérauts pour les cérémonies de la religion.
”
Élisée Reclus,
Histoire d’un ruisseau
(1882)
“ Numa Pompilius, nous dit la légende romaine, avait pour conseillère la nymphe Egérie. Seul, il pénétrait dans les profondeurs des bois, sous l'ombrage mystérieux des chênes; il s'approchait avec confiance de la grotte sacrée, et, pour sa vue, l'eau pure de la cascade, à la robe ourlée d'écume, au voile flottant de vapeurs irisées, prenait l'aspect d'une femme belle entre toutes et souriante d'amour. Il lui LA SOURCE. 7 parlait comme un égal, lui, le chétif mortel, et la nymphe répondait d'une voix cristalline, à laquelle le murmure du feuillage et tous les bruits de la forêt se mêlaient comme un choeur lointain. ”
d'Angers Halbert, Le Quadruple Oracle des dames et des demoiselles ou la Vérité obtenue suivant les règles de la divination ancienne et moderne… (1930)
“ Numa Pompilius conférait avec la nymphe Egérie, l'empereur Auguste avec la sybille Tiburtine 1, Platon, Socrate et Thémistocle avaient quelque croyance aux fèves symboliques appelées la Cuarnonismancie. César, le plus savant de Rome, César, le plus grand capitaine des temps anciens, dont le manteau couvrait l'Orient et l'Occident, fit un traité des augures. ”
Denis Diderot,
Correspondance littéraire, philosophique et critique de Grimm et de Diderot depuis 1753 jusqu'en 1790…
(1829-1831)
“ NUMA POMPILIUS, second roi de Rome; par M. de Florian, capitaine de dragons, et gentilhomme de S. A. S. monseigneur le duc de Penthièvre, de l'Académie de Madrid, etc. A Paris, un volume in-8°, de l'imprimerie de Didot l'aîné. Il est aisé de voir qu'il n'y a pas de grands efforts de génie dans l'invention de ce poëme; on n'y trouve pas l'apparence d'une situation neuve, d'une comparaison originale, et la manière dont ce plan est exécuté n'annonce assurément pas plus d'imagination que le plan même. ”
Claude-François-Xavier Millot,
Abrégé de l'histoire romaine..…
(1789)
“ An de Rome 38. Comment il succéda à Romulus, Planche V. Couronne & sceptre offerts à Numa. Son caractere. LE peuple se lassa d'obéir à tant de rois. Le sénat fut obligé de faire une élection. Comme il étoit composé de Romains & de Sabins en nombre égal, les deux partis se disputoient la couronne. On convint par accommodement que les Romains éliroient & que leur choix tomberoit sur un Sabin. Numa-Pompilius, retiré à la campagne, indifférent pour les honneurs, parut l'homme le plus capable de gouverner, ou le moins propre à inspirer de la crainte. ”
Léonce de Lavergne,
Dictionnaire encyclopédique usuel…
(1858)
“ GRAECINA, Romaine qui, apres la mort de Julie, fille de Drusus, porta le deuil de cette princesse pendant ; les quarante ans qu'elle lui survécut. Elle fut ensuite accusée en 57 après J.-C. de superstition étrangère; ce qui a fait dire qu'elle était chrétienne. POMPONIUS (Marcus) , père de Numa Pompilius , lui conseilla d'accepter la dignité royale. POMPONIUS (Sextus) , jurisconsulte célèbre , disciple de Papinien , eut beaucoup de part au gouvernement sous le règne d'Alexandre Sévère, et mourut à l'âge de soixante-dix-huit ans. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Au reste Numa craignant avec juste raison qu’on ne se méfiât de la réalité de ses entretiens avec une divinité, résolut de la prouver par un miracle, & il en fit un qui ne fut rejetté en doute que par quelques esprits forts ; au nombre desquels on peut mettre Denis d’Halicarnasse, dans les antiquités duquel ceux qui aiment les contes merveilleux pourront lire le détail du miracle opéré par Numa Pompilius, pour la vérité de ses entretiens avec Egérie, & la divinité de ses lois. ”
Alfred Poizat,
La civilisation et ses tournants
(1936)
“ Ces habitudes engendrèrent aussi un état d'esprit superstitieux, contre lequel le Christianisme eut certes, plus tard, longtemps à lutter, mais qui, au fond, procé- dait tout de même du sentiment que la vie de l'homme est sous la dépendance d'un ordre de choses transcendant, devant lequel il convenait de rester humble et tremblant. Et maintenant, que faut-il croire réellement de la royauté de Numa Pompilius? Si l'organisation du culte est un fait, le personnage n'est-il pas un mythe? ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ On lui sacrifioit les entrailles d’un chien & celles d’une brebis, selon Ovide ; & selon Columelle, un petit chien nouvellement né. Numa Pompilius avoit lui-même institué une fête & des sacrifices à ce dieu. Onuphrius Panvinius dit qu’il avoit à Rome un temple & un bois dans la cinquieme région de la ville. Il avoit encore un autre temple sur la voie Nomentane, hors la porte Capene. Les Rhodiens invoquoient Apollon contre la nielle ou rouille des blés, & ils donnoient à ce dieu le nom de Erythibius, de ἐρυθίβη, qu’ils disoient au lieu de ἐρυσίβη, qui signifie la nielle des blés. ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal/6e éd., 1863
“ Il était si habile dans ses conjurations, qu’il forçait Jupiter à quitter son séjour et à venir causer avec lui. Numa-Pompilius fut le plus grand sorcier et le plus fort magicien de tous ceux qui ont porté couronne, dit Delancre ; il avait encore plus de pouvoir sur les diables que sur les hommes. Il composa des livres de magie qu’on brûla quatre cents ans après sa mort... Voy. Égérie. ↑ Entre autres choses, il présenta aux Romains, un jour, un certain bouclier (qu’on nomma ancile ou ancilie) et qu’il dit être tombé du ciel pendant une peste qui ravageait l’Italie ”
John Henry Newman, Callista, ou Tableau historique du IIIe siècle… (1857)
“ La tradition établissait que l'Ancile avait été envoyé du ciel à Numa Pompilius; la garde en était confiée à douze prêtres saliens. Pour rendre plus difficile l'enlèvement de ce bouclier, Numa en fit faire onze autres exactement semblables. 66 CALLISTA. " Nous aussi nous avions longtemps désiré d'en faire, répondit Corneille, sans savoir comment nous y prendre. Alexandre l'essaya, il y a vingt ans ; et les philosophes y ont toujours visé. ”
Réflexions politiques sur l'influence funeste de la guerre sur la littérature… (1814)
“ L'étude de l'histoire ne doit pas être infructueuse : si en la lisant on ne réfléchit pas, la lecture, au lieu d'être un véritable travail , ne sera qu'un amusement qui tient de l'oisiveté. Reportons principalement nos regards vers l'époque où l'état romain, encore dans son berceau, passa subitement du gouvernement dé Romulus , dont les talens étaient presqu'entièrement militaires, à celui de Numa Pompilius, ami zélé de la paix et de la civilisation. Si les talens militaires de Romulus firent sentir aux états voisins qu'on ne pouvait attaquer Rome impunément ”
Adolphe Berger, Histoire de l'éloquence latine depuis l'origine de Rome jusqu'à Cicéron… (1872)
“ « Ces lamies terrestres, dit-il, que les faunes et les 1. Aulu-Gelle, XVIII, 5. 2. 'Cicéron, De l'orateur, III, 43. 3. Aulu-Gelle, XVIII, 8. Numa Pompilius ont inventées, il en a peur, et pour lui tout est là. Les petits enfants croient que toutes les statues d'airain vivent et sont des hommes; de même, ces gens-là prennent ces fictions pour des vérités, ils croient que ces statues d'airain ont une âme. Ce ne sont que des galeries de peinture : il n'y a rien de vrai, tout est mensonge 1. » Les dieux euxmêmes sont tournés en raillerie. ”
Marc Lescarbot,
Histoire de la Nouvelle-France
“ Quant aux Latins le méme Plutarque en la vie de Numa Pompilius dit qu'il institua le college des Saliens (qui étoient des Prétres faisans des danses & gambades, & chantans des chansons à l'honneur du Dieu Mars) lors qu'un bouclier d'airain tomba miraculeusement du ciel, qui fut comme un gage de ce Dieu pour la conservation de l'Empire. Et ce bouclier étoit appellé Ancyle, mais de peur que quelqu'un ne le derobât il en fit faire douze pareils nommez Ancylia, lèquels on portoit en guerre, comme jadis nous faisions nôtre Oriflamme, & comme l'Empereur Constantin le Labarum. ”
Christian Matthias Theodor Mommsen,
Histoire romaine
“ Est-il besoin de constater un fait aussi incontestable, aussi nécessaire ? Que deviennent après cela les fables, selon lesquelles Rome serait allée un jour chercher son roi à Cures (Numa Pompilius) ? ↑ [V. Hultsch, Gr. unde Rœm. Metrologie, Berlin, 1862. Bina jugera, quæ a Romulo primum divisa heredem sequebantur, heredium appellerunt, hæc postea a centum centuria dicta, etc. (Varro, de re rust. I, 10.) Le jugère équivalait à hect. 0,252 ; l’heredium à 2 jugères, ou 0,504 ; la centurie à 100 heredia, ou 200 jugères, ou hect. 50,377.] ”
Jan Denucé, Exportation d'oeuvres d'art au XVIIe siècle à Anvers… (1930)
“ Samen pont 95.3.10 d. Facture van een kamer tapeyten die tot Antwerpen gearbeyt worden voor reckeninge van Monsr Jan Frans Cornelensens voor prijs te verkoopen alst volcht, is de historie van Numa Pompilius 4 y2 diep Romse historie : Een stuck lanck 8 ellen Triumph van Pompilius. Een stuck lanck 7 ellen daer hij traut met seyn bruyt. Een stuck lanck 6 ellen de krooninch van Pompilius. Een stuck lanck 5 ellen daer hij de philosophie leert. ”
Plutarque,
Vies des hommes illustres
“ L’homme le plus digne de régner est donc celui qui sait inspirer à son peuple ces sentiments, cette conduite ; et c’est ce que Numa sut faire mieux qu’aucun autre roi. Il y a, chez des historiens, des opinions fort diverses, quant au nombre des femmes et des enfants de Numa. Suivant les uns, il n’épousa point d’autre femme que Tatia, dont il eut une fille unique, Pompilia. Il eut, selon d’autres, outre Pompilia, quatre fils : Pompon, Pinus, Calpus et Mamercus, qui furent les tiges des plus illustres maisons de Rome, les Pomponius, les Pinarius, les Calpurnius et les Mamercius ”
Plutarque,
Vies des hommes illustres
“ D’autres enfin accusent ces derniers d’avoir voulu flatter ces quatre familles, en les faisant descendre de Numa par de fausses généalogies : ils prétendent que Pompilia n’était point fille de Tatia, mais d’une autre femme nommée Lucrèce, que Numa avait épousée depuis son élévation. Ils conviennent tous que Pompilia fut mariée à Marcius : c’était le fils de ce Marcius qui avait persuadé à Numa d’accepter l’empire ; qui l’avait suivi à Rome et qui avait été élevé au rang de sénateur ; qui, à la mort de Numa, disputa la royauté à Tullus Hostilius, fut vaincu, et se donna la mort. ”
