“ La mère de Métellus n'avait pas une bonne réputation, et il était lui-même d'un caractère fort léger. Pendant qu'il était tribun, il se démit tout à coup de sa charge, pour aller trouver Pompée en Syrie, et il en revint avec encore plus de légèreté. Philagre, son précepteur, étant mort, Métellus lui fit de magnifiques obsèques, et mit sur son tombeau un corbeau de marbre. «Vous ne pouviez mieux faire, lui dit Cicéron ; car votre précepteur vous a bien plus appris à voler qu'à parler. » ”
Métellus
Définition et enjeux
Le général romain Quintus Caecilius Metellus, figure centrale de la République, incarne la complexité des chefs militaires de l’Antiquité. Plutarque souligne son caractère changeant et ses décisions contestées, tandis que Salluste valorise ses succès en armée, tels que la conquête d’Élide contre les Achaïens.
Cicéron, lui, évoque ses manœuvres politiques au Sénat. Velleius Paterculus, enfin, met l’accent sur sa longévité et son étonnante sérénité, illustrant une carrière marquée par les conflits avec Sertorius et Jugurtha. Ces visions révèlent un personnage à la fois tactique et ambigu, ancré dans les enjeux de l’histoire romaine.
Citations sur “Métellus”
Velleius Paterculus,
Histoire romaine
“ On citerait difficilement un homme, dans quelque pays, quelque siècle, quelque rang qu’on le cherchât, dont on pût comparer le bonheur à celui de Metellus ; car, sans parler de ses triomphes, des hautes dignités qui le placèrent à la tête de la république, de sa vie prolongée jusqu’à l’extrême vieillesse, des nobles démêlés qu’il soutint contre ses ennemis, et que justifiait l’intérêt de sa patrie, Metellus eut quatre fils, qu’il vit tous parvenir à l’âge viril, et qu’il laissa comblés d’honneurs. ”
“ Enfin, les soldats romains, désespérés, voulurent obliger Métellus d’accepter le défi d’un combat singulier que lui avait fait Sertorius ; ils disaient qu’il devait combattre général contre général, Romain contre Romain. Et comme Métellus s’y refusa, ils se permirent, sur son compte, beaucoup de plaisanteries. Mais il s’en moqua, et il eut raison ; car un général, dit Théophraste, doit mourir en capitaine, et non pas en soldat. ”
Salluste,
:commons:Category:Collection des auteurs latins
“ Métellus, alors chargé spécialement de régler les affaires de la Macédoine, le fut aussi de la vengeance de Rome, et la guerre d’Achaïe commença. Dès la première rencontre, le consul Métellus [45] tailla en pièces les troupes de Critolaüs, dans les champs spacieux de l’Élide, tout le long des rives de l’Alphée [46] . Une seule bataille avait terminé la guerre, et déjà Corinthe redoutait un siège ; mais, ô caprice du sort ! Métellus avait combattu ; Mummius se présenta pour la victoire. ”
Plutarque,
Vies des hommes illustres
“ Tant que Sertorius n’eut que Métellus à combattre, la plupart de ses succès semblaient dus à la vieillesse et à la lenteur naturelle de Métellus, incapable de résister à un homme audacieux, et dont les troupes ressemblaient plutôt à des compagnies de brigands qu’à une armée régulière. ”
Plutarque,
Vies des hommes illustres
“ Quand Métellus voit la tribune déserte, et ses adversaires fuyant à travers le Forum, il ne doute plus du succès : il fait retirer ses gens armés ; il s’avance d’un air modeste, et tâche de faire passer la loi. Mais les défenseurs de Caton, remis de leur effroi, reviennent avec de grands cris qui annoncent leur confiance. À cette vue, le trouble et la frayeur s’emparent de Métellus et de ses adhérents : persuadés que ceux du parti contraire ne montrent tant d’audace que parce qu’ils se sont procuré des armes, ils prennent eux-mêmes la fuite ”
“ Que Metellus écrit contre la vérité, ou qu’il veut nuire à son ami, ou qu’un préteur ignore l’état de sa province ? Greffier, lisez la lettre que L. Metellus a écrite aux consuls Cn. Pompée et M. Crassus, qu’il a écrite au préteur M. Mummius, qu’il a écrite encore aux questeurs de la ville. LETTRE DE L. METELLUS. J’AI AFFERME LA DÎME DES BLÉS D’APRÈS LA LOI D’HIÈRON. Lorsqu’il écrit qu’il a affermé d’après la loi d’Hiéron, que veut-il dire ? Qu’il a fait comme tous les préteurs, excepté Verrès. Lorsqu’il écrit qu’il a affermé d’après la loi d’Hiéron, que veut-il dire ? ”
Albert Le Roy,
Recueil de versions latines dictées dans les Facultés pour les examens du baccalauréat ès sciences
(1865)
“ Mais ce prince, averti de ce projet par des transfuges, précipite sa marche et prévient Métellus : il exhorte les habitants à se bien défendre, et les fait soutenir par les déserteurs, ceux de tous ses soldats sur qui il comptait le plus parce qu'ils ne pouvaient être infidèles : il promet en outre de venir lui-même à temps et avec son armée. ”
Salluste,
Traduction de Salluste
“ On avoit appris que Métellus observoit l’ancienne discipline, & la faisoit observer à son armée ; qu’il avoit su remporter une victoire dans un poste désavantageux ; qu’il étoit maître de tout le plat pays ; & qu’enfin il avoit contraint Jugurtha, si fier auparavant par la lâcheté d’Aulus, à ne trouver de sûreté qu’en s’enfonçant dans les déserts, ou en fuyant. En conséquence, le Sénat ordonna qu’on rendît de solemnelles actions de graces aux Dieux immortels. Les réjouissance succéderent dans la Ville au trouble & à l’inquitétude ; tout retentit des éloges de Métellus. ”
“ Sertorius désirait aussi d’en venir aux mains avec Pompée, avant l’arrivée de Métellus. Il se mit donc en bataille vers le soir, dans la pensée que les ennemis, qui, étrangers dans ce pays, ne connaissaient pas bien les lieux, seraient arrêtés par les ténèbres, et ne pourraient ni fuir, s’ils étaient battus, ni poursuivre les fuyards, s'ils remportaient la victoire. ”
Emmanuel Poulle, Considérations générales sur la régence d'Alger (1840)
“ BATAILLE LIVRÉE PAR LES NUMIDES , SOUS LES ORDRES DE JUGURTHA, AUX ROMAINS COMMANDÉS PAR MÉTELLUS. « Les hommes sont robustes en Afrique et lé» gers à la course... Ils sont fort sobres ; ils ne » mangent et ne boivent que pour la faim et pour » la soif, et non pour satisfaire une dispendieuse » sensualité. Ils étaient redoutables par une ma» nière de combattre qui confondait la tactique » romaine... Métellus, ignorant les mouvements » de l'ennemi, descend la montagne à la tête de » son armée. Il regarde, et reste d'abord en doute » sur ce qu'il aperçoit d'extraordinaire ”
Adolphe Berger, Histoire de l'éloquence latine depuis l'origine de Rome jusqu'à Cicéron… (1872)
“ Il est pire de commettre l'injustice que de la supporter. Enfin, dans sa censure, Metellus eut à s'expliquer sur la manière dont il avait géré sa magistrature, et en même temps à faire un de ces discours d'exhortation que les censeurs adressaient au peuple, selon l'usage, avant de sortir de charge. Il en reste quelques passages intéressants. Entre autres conseils, Metellus exhortait les citoyens à se marier. ”
Monsieur Masquelez, Étude sur la castramétation des romains et sur leurs institutions militaires (1864)
“ Q. Metellus, ayant vu cinq cohortes se laisser chasser d'un poste qu'il leur avait confié, leur commanda d'y retourner immédiatement ; il n'espérait pas qu'elles reprendraient la position perdue, mais il voulait les punir de leur manque d'énergie en les exposant au danger d'un combat plus difficile que le premier, et ordonna même à ses autres troupes, de tuer sans miséricorde tous ceux qui s'échapperaient pour rentrer au camp. ”
Salluste,
Œuvres complètes de Salluste
“ Metellus, qui dans son camp commençait à manquer de vivres, envoie à la provision Aquinus, un de ses lieutenants, avec six mille hommes. Sertorius forme la résolution de surprendre cet officier :cxiv. Il se place en embuscade dans un vallon couvert de broussailles et de bois. La troupe d’Aquinus, attaquée à l’improviste, est mise en fuite, non sans perdre beaucoup de monde : le convoi est enlevé, et Metellus se voit contraint de lever le siège de Leucobrige. On peut juger de la joie des habitants lorsque, pour signal de départ, cxv. ”
Nicolas-Louis Achaintre, Cours de thèmes composé de traits d'histoire… (1867)
“ Quintus Métellus, dans l'oraison funèbre qu'il prononça en l'honneur de son père, pontife, deux fois consul, dictateur, maître de la cavalerie, quindécemvir pour le partage des terres, et le premier qui ait conduit des éléphants dans son triomphe après la première guerre punique, a écrit que son père avait réuni au degré le plus éminent les dix choses les plus grandes et les plus excellentes qui puissent être l'objet des vœux et des travaux des sages : qu'il avait désiré d'être le premier guerrier de son temps, le meilleur orateur, le plus brave général ”
Salluste,
Traduction de Salluste
“ LIV Métellus demeura quatre jours dans le même camp. Il fit soigneusement panser les blessés, distribua des récompenses à ceux qui, suivant les Loix militaires, les avoient méritées, loua publiquement toute l’armée, la remercia & l’exhorta à faire toujours paroître le même courage. Il l’assura que tout seroit facile dans la suite ; qu’ils avoient assez combattu pour la victoire, & que ce qui restoit de fatigue, n’étoit que pour le butin. Il envoyoit en même temps des espions choisis, sur-tout entre les transfuges, pour découvrir où étoit Jugurtha ”
Salluste,
Traduction de Salluste
“ Il levoit des troupes, employoit la terreur & les promesses à l’égard des Villes qui l’avoient abandonné, fortifioit ses Places, faisoit fabriquer ou achetoit des armes, réparoit toutes les pertes qu’il avoit faites dans l’espoir de la paix, attiroit à lui nos esclaves, tâchoit, à force d’argent, de corrompre même nos Garnisons ; en un mot, il n’étoit aucun ressort qu’il n’essayât de mettre en mouvement. Métellus avoit mis garnison dans Vacca, avant que Jugurtha eût commencé à se défendre. Les habitants de cette Ville avoient toujours été bien intentionnées pour leur Roi ”
Jean-Baptiste Blanchin, Le disciple de Lhomond. Tome 2 (1812)
“ On dit que Metellus n'eut pas honte de mettre sa tête à prix , et qu'il promit cent talens, et vingt mille arpens de terre à celui qui la lui apporteroit. A combien de trahisons ne fut pas dès lors exposé ce grand capitaine ! on porta la barbarie et la perfidie jusqu'au point de Tégorger dans un festin. THEME CXXXI I. ROME eut à soutenir une guerre aussi dangereuse qu'humiliante contre ses propres esclaves. On exerçoit, malgré eux, à l'infâme métier de gladiateur plusieurs de ces infortunés. ”
“ Enfin, les deux armées étant accablées de chaleur et de fatigue, Metellus, qui voit les Numides ralentir leurs efforts, rassemble peu à peu ses soldats, rétablit leurs rangs, et oppose quatre cohortes légionnaires (51) à l’infanterie numide, dont la plus grande partie, épuisée, de fatigue, était allée se reposer sur la colline. En même temps i1 supplie, il exhorte les siens (52) à ne pas se laisser abattre, à ne pas abandonner la victoire à un ennemi qui fuit ; il leur représente qu’ils n’ont ni camp ni retranchement pour protéger leur retraite, que leur unique ressource est dans leurs armes. ”
“ Ma bonne Metella, votre nièce n'est pas ce que vous croyez. Ce n'est pas une petite fille, c'est une espèce d'oiseau déguisé. Je le lui ai dit, et je crois qu'elle rit encore.—Je vois avec plaisir, dit lady Mowbray avec un sourire mélancolique, que ma Sarah est devenue gaie. Chère enfant! elle est si aimable et si belle!—Oui, elle est jolie, dit Olivier, elle a une physionomie que j'aime beaucoup. Elle a l'air intelligent et bon; elle vous ressemble, Metella; je ne l'ai jamais tant trouvé qu'aujourd'hui. Elle a votre son de voix par instants. ”
Louis-Frédéric Rouquette, L'épopée blanche (1926)
“ Alexis Cardinal, métis, et Mgr Taché, évêque d’Arath, le dos rond, le cou rentré, vont au pas, les chevaux secouent les oreilles et font tinter les mors. Le métis songe au printemps disparu, aux courses dans l’herbe parfumée qu’animent l’anémone, l’aster, le tournesol, la rose, aux nuits étoilées dans le camp, aux récits des chasseurs ; à l’aube, aux départs joyeux, dans le piaffement des coursiers et l’impatience des hommes.Ils vont, du Sud au Nord et de l’Est vers l’Ouest, mobiles dans la Prairie comme les nuages dans le ciel ; on marche des jours et des jours sans changer d’horizon. ”
Alphonse Milcent,
Du dernier ouvrage de M. Flourens…
(1855)
“ « Le métis de quatrième génération est tout à fait chien. « Quatre générations ont donc suffi pour ramener l'un des deux types primitifs, le type chien ; et quatre générations suffisent de même pour ramener l'autre type, le type chacal. « Ainsi donc, ou les métis, nés de l'union de deux espèces •distinctes, s'unissent entre eux, et ils sont bientôt stériles ; ou ils s'unissent à l'une des deux tiges primitives, et ils reviennent bientôt à cette tige : ils ne donnent, dans aucun cas, ce qu'on pourrait appeler une espèce nouvelle, c'est-à-dire une espèce intermédiaire durable. » ”
Pierre Flourens,
De la longévité humaine et de la quantité de vie sur le globe
(1854)
“ Or, j'ai toujours vu, dans mes expériences sur le croisement des espèces, que le mâle avait une part égale à celle de la femelle dans la production du nouvel être. Le métis, provenant de l'union de la chienne avec le chacal, est un vrai métis : un animal mi-parti de chien et de chacal, un animal fait de deux moitiés, d'une moitié de chien et d'une moitié de chacal. ”
“ Eh bien ! le rouge vous sied à merveille. Regardez-vous, vous êtes superbe ; allons, Francesca, apportez les gants et l’éventail de milady, voici votre bouquet, Métella ; c’est moi qui l’ai apporté, c’est un droit que je ne veux pas perdre. Métella prit le bouquet et regarda tendrement le comte avec un sourire sur les lèvres et une larme dans les yeux. — Allons, venez, mon amie, lui dit-il, vous allez être encore une fois la reine du bal. ”
Pierre Flourens,
Ontologie naturelle
“ Pour juger de la fécondité continue des métis, la génération doit rester toujours circonscrite entre ces métis eux-mêmes, sans que jamais un animal de l’une ou de l’autre des deux espèces primitives, un chien ou un loup, y intervienne. ”
Sabin Berthelot,
Journal d’un voyageur ou recueil de notes pendant un voyage autour du Monde
“ En attendant, la race qui s’éteint est remplacée par une population mixte, provenant du mélange avec les étrangers. Ce sont les métis. Elle est encore belle cette race, mais elle a hérité des vices de ses pères, et son sang ne se purifiera qu’après plusieurs générations. Les métis ont la physionomie ouverte, très-intelligente, plus douce que celle des Hawaïens pur sang ; ils sont aussi plus blancs, ont les formes plus délicates, mais en même temps ils sont moins robustes. ”
“ Lady Mowbray s'était maintenue miraculeusement belle au delà de l'âge marqué pour le déclin du règne des femmes; mais, depuis un an, le temps inexorable semblait vouloir reprendre ses droits sur elle et lui faire sentir le réveil de sa main endormie. Souvent, le matin, Metella, en se regardant sans parure devant sa glace, jetait un cri d'effroi à l'aspect d'une ride légère creusée durant la nuit sur les plans lisses et nobles de son visage et de son cou. Elle se défendait encore avec orgueil de la tentation de se mettre du rouge, comme faisaient autour d'elle les femmes de son âge. ”
“ Le lendemain, Olivier fit seller son cheval pour aller à Genève, où il devait prendre la poste. Il vint à l'entrée du salon prendre congé des dames; Sarah, dont il baisa la main pour la première fois de sa vie, fut si troublée qu'elle n'osa pas lever les yeux sur lui; Metella, au contraire, l'observait attentivement; il était fort pâle et calme, comme un homme qui accomplit courageusement un devoir rigoureux. Il embrassa lady Mowbray, et alors sa force parut l'abandonner; des larmes roulèrent dans ses yeux, sa main trembla convulsivement en lui glissant un lettre humide.... ”
“ Mon Dieu! qu'une femme qui se croit offensée est cruelle dans sa plainte et persévérante dans sa vengeance!—Vengeance! moi, vengeance! dit Metella.—Non, je me sers d'un mot inconvenant, ma chère lady; vous êtes douce et généreuse, en ai-je jamais douté! Allons, ne nous querellons pas, au nom du ciel! Ne prenez pas votre air abattu et fatigué. Votre coiffure est bien plate, ne trouvez-vous pas?—Vous aimez ces bandeaux lisses avec un diamant sur le front....—Je trouve qu'à présent les tresses descendant le long des joues, à la manière des reines du moyen âge, vous vont encore mieux. ”
J. Clavé, Revue des Deux Mondes
“ Les métis qu’on obtient ainsi reproduisent en général le caractère de celui des parens qui appartient à la race la plus ancienne, et c’est à celle-ci que retournent, après quelques générations, les produits des métis entre eux. Il y a plus, le mélange du sang de deux races, au lieu de s’opérer uniformément, de façon à ce que le produit dans chacune de ses parties participe de l’une et de l’autre, se fait souvent d’une manière irrégulière et donne parfois des résultats monstrueux. ”
A. de Quatrefages,
Revue des Deux Mondes
“ Nos métairies, nos champs sont remplis de races métisses, et si ces races se maintiennent, ce n’est que grâce à la surveillance. Dès que celle-ci se relâche, l’instinct de la reproduction, agissant sans contrôle, confond et mêle tous les sangs avec une promptitude qui atteste mieux que toute autre chose la parfaite fécondité des métis à n’importe quel degré. ”
