Étienne-Prosper Dubois-Guchan, De l'Esprit de mon temps, ou Considérations sur les tendances et les préoccupations contemporaines au point de vue moral… (1870)
“ Les statisticiens supputent gravement le nombre de jours, tels quels, que l'hygiène publique ajoute à notre existence, et s'écrient: quel progrès! depuis cent ans la vie moyenne s'est allongée d'un an, de deux, de trois ans même! Mais, quelle est cette vie moyenne qu'on allonge? Consiste-elle à veiller, ou bien à dormir? Prolonge-t-on la santé, ou la maladie? la virilité, ou la caducité? la vie heureuse, ou la vie inquiète? la vie active, ou la vie infirme? Dans un temps de fièvre morale, qu'allonge-t-on, sinon cette fièvre des esprits qui n'est qu'un état malsain ? ”
