Étienne-Prosper Dubois-Guchan

Élements biographiques

Étienne-Prosper Dubois-Guchan De l'Esprit de mon temps, ou Considérations sur les tendances et les préoccupations contemporaines au point de vue moral… (1870)

Ce n'est pas toujours l'utopie qu'il faut haïr, car elle peut préparer l'idéal d'un mieux possible ; mais ce qui est haïssable, ce sont les Violents qui veulent introniser prématurément l'utopie.
De même que l'ordre et la liberté se disputent le gouvernement, l'utopie et le possible se disputent la société. Le grand art est de concilier l'idée et le fait, l'aspiration et la modération.
Ce qu'on peut reprocher aux utopistes, c'est de n'être pas de leur temps: devancer son époque d'un siècle, n'est ni moins fâcheux, ni moins périlleux, que d'être d'un siècle en arrière.
Source : Gallica

Étienne-Prosper Dubois-Guchan De l'Esprit de mon temps, ou Considérations sur les tendances et les préoccupations contemporaines au point de vue moral… (1870)

La civilisation elle-même n'est qu'un faux progrès, ou qu'un progrès fort étroit. Elle n'éclaire et ne féconde qu'un point du globe, et n'agit qu'un instant sur ce point même. Tout ce qu'elle n'éclaire pas est dans la pénombre, dans l'ombre, dans les plus sombres ténèbres; et, là où elle cesse de luire, la mort commence. Qu'est-ce que ce prétendu phare de l'humanité qui n'éclaire pas le centième des peuples, et ne luit pas sur le millième des hommes?
Source : Gallica

Étienne-Prosper Dubois-Guchan Bibliographie. De l'Esprit de mon temps… (1868)

Nous jetons des ponts sur tous les fleuves; nous trouons les Alpes; nous nous jouons des abîmes par nos viaducs; nous voyageons aussi promptement que la foudre ; nous nous jouons du temps et de espace ; nous détournons des fleuves pour abreuver nos villes que nous purgeons de tout ce qui offense l'oeil ou les sens ; nous en purifions l'air ; nous les pavons d'asphalte ; nos marchés regorgent de tout ce qui plait; notre pain est délicat; nous balayons jusqu'à nos grandes routes ; nous reproduisons les poissons et les coquillages ; les primeurs sont à peine des primeurs tant elles abondent
Source : Gallica

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