“ Tu n’as pas seulement le corps sans l’âme. Les Dieux t’ont donné la beauté, les richesses et l’art d’en jouir. Que peut souhaiter de plus une nourrice à son cher nourrisson que d’être sage, de bien exprimer ce qu’il pense, d’avoir la faveur, la réputation, la santé, une vie délicate et suffisamment d’argent ? Entre l’espérance et le souci, la crainte et la colère, crois que chacun de tes jours est le dernier. L’heure qui viendra par surcroît, et qui n’est pas espérée, sera la bienvenue. ”
Horace
Résumé
Les Satires d'Horace, publiées en deux livres vers 35 et 29 av. J.-C., forment un recueil de poèmes en hexamètres dactyliques dédiés à son mécène, Mécène. À travers des anecdotes, des dialogues et des parodies, Horace dénonce les vices de la société romaine (avarice, gourmandise, luxure) tout en prônant une morale épicurienne de modération et de satisfaction.
L'œuvre combine réflexions personnelles, portraits de personnages désagréables et récits de voyages, illustrant l'ambivalence du poète entre ses défauts et ses vertus. Son style, moins âpre que celui de Lucilius, célèbre la sagesse de la simplicité.
Citations de Satires (Horace)
“ Maintenant, apprends les biens qu’apporte avec soi un régime sobre. Tout d’abord, tu te portes bien ; car une nourriture variée nuit à l’homme, crois-moi ; et tu en seras convaincu en te souvenant du jour où tu t’es bien trouvé d’un régime simple. Les rôtis mêlés aux bouillis, comme les coquillages aux grives, tournent les douceurs en bile, et la pituite épaisse porte le trouble dans l’estomac. Vois comme chacun se lève pâle d’un repas où il avait à choisir. Un corps chargé des excès de la veille pèse aussi sur l’esprit et courbe vers la terre cette parcelle de l’intelligence divine. ”
“ Dès qu’il entre en scène, on bat des deux mains : A-t-il dit quelque chose ? — Rien encore. — Qu’est-ce qu’on admire ? — La laine de sa robe, teinte de la pourpre de Tarentus, qui imite la couleur des violettes. Ne pense pas que je loue avec restriction ce que je refuse de traiter et que d’autres traitent bien. Il me semble pouvoir marcher sur la corde tendue, le poëte qui, par une vaine fable, me remue le cœur, m’irrite, m’apaise, m’emplit de terreurs imaginaires comme un magicien, et me transporte tantôt à Thébae, tantôt à Athénæ. ”
