“ La peur fut plus grande que le mal ; voyant qu’il n’y avait point de danger, nous nous rassurons. Rufus, la tête baissée, pleurait comme si son fils était mort prématurément, et il n’en eût point fini, si le sage Nomentanus n’eût ainsi réconforté son ami : « Ô Fortune, quel Dieu nous est plus cruel que toi ? Toujours tu te plais à te jouer des choses humaines ! » ”
Rufus
Définition et enjeux
Citations sur “Rufus”
“ Qui mieux que moi a loué Quintilien, le suprême modérateur de la fougueuse jeunesse, la gloire de la toge romaine ? qui donc, sinon moi, a révélé le charmant esprit de Cassius Rufus, qui eût pu être le rival de Phèdre et qui s’est contenté de rire tout bas de la méchanceté des hommes ? ”
“ « Gargilianus est un homme aussi bien élevé que Cotilus : il s’épile le « visage et le menton. — Mais silence ! entendez-vous Rufus s’emporter « contre son cuisinier ? Rufus est à table avec ses hôtes : il prétend « que le lièvre n’est pas cuit, et il demande des verges. Rufus aime « mieux dépecer son cuisinier que son lièvre. » Pendant que je me livrais ainsi a la satire, Rome entière répétait mes épigrammes ; non-seulement Rome, mais la province ; non-seulement la province, mais même chez les barbares ; à Vienne, par exemple, dans les Gaules, on savait les vers de Martial. ”
“ Il frapperait en père et souvent à côté. Ta clémence, ô César ! doublement nous est chère ; Elle nous rend le fils en rappelant le père. 84.SUR PHILIPPE. Un octaphore à toi ! quelle sottise extrême ! Si tu n’es pas un fou, j’en veux être un moi-même. 85.PLEURS DONNÉS A LA MORT DE RUFUJS. J’espérais vainement présenter à Rufus Ce sixième recueil des produits de ma muse ; C’en est fait ! il ne lira plus Ces jeux badins où mon esprit s’amuse. ”
“ Page:Raoul - Trois satiriques latins, vol 1 Juvénal, 1842.djvu/98 Chargé d’un embonpoint dont le fardeau le gène. Puis paraît Crispinus, dès l’aube parfumé : Vous diriez les odeurs d’un cadavre embaumé. Ensuite vient Rufus dont la sourde imposture, D’un mot qu’avec mystère à l’oreille il murmure, Sait dans l’ombre et sans bruit égorger ses rivaux ; Et ce Cornélius qui, loin de nos drapeaux, Instruit dans sa campagne au grand art des batailles, Sur l’Hémus aux vautours doit porter ses entrailles ”
Louis Bertrand,
Sanguis martyrum
“ On l’obligea à lever ses deux bras joints au-dessus de sa tête, on lui lia les deux pouces avec une cordelette accrochée à une corde plus grosse, puis on attacha à ses pieds un cylindre de pierre qui servait à peser l’huile... Encore une fois, veux-tu avouer ? dit Rufus. « Non ! » La corde fila sur une poulie fichée dans une poutre : en une horrible tension, le corps du malheureux se souleva du sol, la pierre oscilla au bout des pieds, les articulations craquèrent, les côtes remontèrent affreusement, tandis que les flancs se creusaient. ”
Pline le Jeune,
Lettres de Pline le Jeune - Tome premier - Panckoucke 1826
“ I - Pline à Voconius Romanus.I - Pline à Voconius Romanus. La pompe funèbre de Virginius Rufus [1] , citoyen illustre, non moins remarquable par son rare bonheur que par son mérite éclatant, vient de donner aux Romains un spectacle des plus beaux et des plus mémorables qu’ils aient eus depuis long-temps. ”
“ J’étais le parasite d’un parasite, le valet d’un valet. Quelle fatigue ! répondre à chaque instant à ces riches, quoi qu’ils fassent et quoiqu’ils disent : C’est parfait ! c’est admirable ! suivre à pied la litière de Rufus couvert d’une toge plus blanche que la neige, et soi-même être en guenilles ! demander à Caïus un emprunt de mille sesterces, et n’en recevoir qu’un bon conseil ! ”
George John Whyte Melville, Les Gladiateurs : Rome et Judée… (1864)
“ L'ARÈNE. 267 que ce n'est qu'un demi-soulagement de ne l'y point trouver, et la. dame Romaine arrache la bordure de son manteau, tandis que la Juive murmure du fond du coeur une ardente prière, elle ne sait trop pourquoi. Le moment pour Esca n'est pas encore venu de paraître , et il est dans les coulisses se préparant soigneusement à la lutte. Pendant ce temps La Famille prend possession de ses postes. Le gigantesque Rufus se dirige vers la place qui lui est désignée avec un air froid et résolu qui ne promet rien de bon à son adversaire, quel qu'il soit. ”
George John Whyte Melville, Les Gladiateurs : Rome et Judée… (1864)
“ Les autres gladiateurs, formant cercle autour d'eux, suivaient avec intérêt cette lutte remarquable et s'étonnaient de la dextérité du barbare. « C'est l'un des meilleurs que nous ayons vu depuis un lustre au moins, » s'écria Rufus, gigantesque champion de l'Italie septentrionale, fier de sa-stature,, fier de son habileté, mais par-dessus tout fier d'être citoyen Romain, quoique gladiateur ”
Louis Bertrand,
Sanguis martyrum
“ Il y a des maladies qu’ils ne peuvent pas guérir. Pour le reste, ce sont des puissances mauvaises qui agissent sous leur nom ! – Assez ! » cria Rufus, impatienté par l’éloquence intempestive de Roccius Félix, autant que par l’obstination de l’accusé. D’un geste furibond, il fit signe au bourreau en roulant ses gros yeux : « Qu’on le suspende ! » Aussitôt les valets se précipitèrent vers l’estrade, afin d’en arracher Marien. C’est alors que Cécilius, qui guettait l’occasion propice pour intervenir, rompit le cordon des licteurs et s’avança vers le tribunal. ”
Jean-François Bareille, Émilia Paula. Tome 1 (1854)
“ Sachons ménager les hommes, mon cher ami, pour les faire servir à nos desseins. Il est peu cle patriciens aussi puissants dans Rome que les deux que tu viens de nommer. Si ton austère vertu ne te permet pas de flatter leurs idées, laisse faire des amis moins scrupuleux ou plus habiles. Nous avons en secret pris nos mesures pour déjouer les projets de Rufus, s'il tentait de les réaliser; nous serons tous là pour accomplir les serments de Scévinus, s'il les , renouvelle , et les prétentions de l'un seront sans danger comme celles de l'autre . ”
Hercule Géraud, Essai sur les livres dans l'antiquité… (1840)
“ Dig., XXXII, LII, 5. passages d'auteurs anciens prouvent qu'on faisoit de leur temps de fort gros volumes. Pline le jeune raconte (1) que Verginius Rufus, à l'âge de quatre-vingt-trois ans se préparant à composer le panégyrique de l'empereur, lisait debout un très-gros livre, librum grandiorem, qui, par son propre poids, s'échappa de ses mains. Le vieillard se penche pour ramasser et reployer le volume consequitar colligitque, mais il tombe lui-même sur le pavé poli et glissant, se casse la cuisse et meurt de sa blessure. ”
Amédée Thierry,
Revue des Deux Mondes
“ À cette voix, que couvrent bientôt d’autres clameurs, Rufin, comme réveillé en sursaut, reste stupide; il ne peut songer à s’échapper, car partout brille à ses yeux une forêt de pointes menaçantes. Il se rapprochait de l’empereur, pour se mettre à l’abri sous l’inviolabilité de la pourpre, quand un soldat s’élance hors des rangs, et, lui plongeant son épée dans le côté : « Tiens, lui dit-il; reçois ce coup, c’est Stilicon qui te le donne! » Arcadius, éperdu, souillé du sang de son ministre, cherche à s’enfuir; les soldats protègent sa retraite. Alors l’œuvre de vengeance s’achève. ”
Gilbert Augustin-Thierry,
Revue des Deux Mondes
“ Il eût préféré se servir d’un bourreau à gages, Brutus payé argent comptant. Les Brutus n’ayant son ni maille abondaient à Paris : moyennant un modique salaire, il espérait se procurer un « dernier Romain. » Cette expression, jadis toute jacobine, était devenue d’un fréquent emploi chez les royalistes. Dans son journal d’ordures, l’Ambigu, Peltier réclame, pour frapper le « singe vert, » — c’est-à-dire : Buonaparte, — Brutus et son classique poignard : O Rome, en ton destin funeste, Pour te venger, du moins il reste Le poignard du dernier Romain ! ”
Amédée Thierry,
Revue des Deux Mondes
“ On raconte qu’un songe alors le transporta dans la plaine de l’Hebdomon, où se faisait la proclamation des empereurs. Un trône était disposé sur le tribunal de marbre, et tout autour s’agitait une foule tumultueuse, appelant Rufin à grands cris... Il accourait le cœur joyeux, le sein haletant ; mais des ombres se dressaient comme une barrière entre cette foule et lui, et il reconnaissait ses victimes. « Allons, tu vas être grand, lui disait une d’entre elles avec un rire sinistre, que tardes-tu, Rufin? Le peuple se disputera l’honneur de te porter, et ta tête planera sur toutes les têtes.» ”
Amédée Thierry,
Revue des Deux Mondes
“ Non-seulement Rufin s’y refusa, mais de Milan il se transporta dans Aquilée, dont l’évêque était son ami. Les choses en étaient là, quand une lettre du patriarche d’Alexandrie notifia au pape de Rome qu’un synode par lui convoqué venait de frapper d’anathème la mémoire d’Origène, ses livres, ses doctrines, et tous leurs fauteurs et adhérons. Anastase, piqué d’honneur, réunit aussi un synode à Rome, et l’origénisme fut anathématisé en Occident comme en Orient. Il ne restait plus à Rufin vaincu que la dernière ressource des batailles : prendre son ennemi corps à corps et le perdre avec soi ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Dites-moi, digne Brutus, pouvez-vous voir votre propre visage ? brutus. — Non, Cassius ; car l’œil ne peut se voir lui-même, si ce n’est par réflexion, au moyen de quelque autre objet. cassius. — Cela est vrai, et l’on déplore beaucoup, Brutus, que vous n’ayez pas de miroirs qui puissent réfléchir à vos yeux votre mérite caché pour vous, qui vous fassent voir votre image. J’ai entendu plusieurs des citoyens les plus considérés de Rome (sauf l’immortel César) parler de Brutus ; et, gémissant sous le joug qui opprime notre génération, ils souhaitaient que le noble Brutus fit usage de ses yeux. ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
“ L’absence, et bientôt après la mort de ce grand prince, confirmèrent l’autorité absolue de Rufin sur la personne et sur les états d’Arcadius, prince faible et sans expérience, que l’orgueilleux préfet regardait plutôt comme son pupille que comme son souverain. Indifférent pour l’opinion publique, il se livra dès lors à ses passions sans remords et sans résistance ; son cœur avide et pervers était inaccessible aux passions qui auraient pu contribuer à sa propre gloire ou au bonheur des citoyens. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Le lendemain, la liberté romaine expirait dans les plaines de Philippes, et Brutus se perçait de son épée. On fait de fréquentes allusions au fantôme de Brutus : « Vous vous rappelez cette nuit du second des Brutus ? Au milieu des désastres de sa patrie, un soir, il songeait à tout ce qui préoccupe les hommes sérieux, lorsqu’ils portent dans leur pensée la poids d’un empire qui s’écroule. À ce moment, sa porte s’ouvrit ; une espèce d’ombre lui apparut ; il se leva et lui dit : « Qui es-tu ? » Et l’ombre lui répondit : « Je suis ton mauvais génie, et tu me reverras à Philippes. » ”
William Shakespeare,
Jules César
(1623)
“ Il charge l’ennemi. BRUTUS. — Et moi, je suis Brutus, Marcus Brutus, moi ! — Brutus, l’ami de ma patrie : reconnaissez— moi pour Brutus ! Il sort, chargeant l’ennemi. Caton est accablé par le nombre et tombe.LUCILIUS. — Ô jeune et noble Caton, te voilà donc à bas ! — Ah ! tu meurs aussi vaillamment que Titinius, — et tu peux être honoré comme le fils de Caton ! PREMIER SOLDAT, à Lucilius. — Rends-toi, ou tu meurs. LUCILIUS. Je ne me rends que pour mourir. Offrant de l’argent au soldat. — Voici qui te décidera à me tuer sur-le-champ : — tue Brutus, et sois honoré par sa mort. ”
Various, L'Illustration, No. 0009, 29 Avril 1843
“ Vous verrez à punir Sextus, et je l'approuve. Moi, j'ai dit n'avoir pas craint la mort, je le prouve!A ces mois, Lucrèce se tue. Voilà l'occasion que Brutus attendait: saisissant le fer sanglant, il voue les Tarquins à la vengeance et à l'exécration de Rome; et tous, Lucrétius. Collatin et Valère, jurent à son exemple, sur le poignard teint du pur sang d'une femme, de poursuivre sans relâche et d'exterminer cette race exécrable. Le peuple survient: Brute éveille sa colère: C'est le corps de Lucrèce! ”
“ Brute Et qu’avez-vous compris ? Qu’avez-vous cru comprendre ?Lucrèce Qu’un feu qui semble mort couve sous une cendre. Brute Que dites-vous ?Lucrèce En vain vous vous rapetissez ;Brute, vous n’êtes pas ce que vous paraissez. Depuis que j’ai les yeux sur vous, tout me l’atteste :L’effort de votre voix, votre air et votre geste. Votre stupidité n’est qu’un déguisement :Vous vous faites petit, de peur d’être trop grand. Brute Je suis grand en effet, et si grand qu’on me nomme D’un accord général, le plus grand fou de Rome. ”
Marie-Anne Barbier, Théâtre de Mademoiselle Barbier
“ Et nous devons, Brutus, verser tout notre sang Pour le faire monter à ce suprême rang. Brutus. Je sçai par sa vertu qu’il a droit d’y prétendre ; Et pour lui tout mon sang brule de se répandre, Oui, qu’il donne des loix au reste des humains : Mais il en faut, Antoine, excepter les Romains. Antoine. Pourquoi les excepter ? pourquoi leur interdire Le bonheur sans égal que promet son empire ? Brutus. Ce bonheur, quel qu’il soit, n’en est pas un pour eux, La seule liberté rend les Romains heureux. ”
Catherine Bernard, Brutus (1690)
“ VALERIE. Seigneur, soyez touché d’une vertu si pure, Elle doit vous aider à suivre la nature. Vos deux fils vont perir, employez-vous pour eux, Titus merite seul qu’on parle pour tous deux. Ne croyez pas blesser votre vertu severe, On peut-estre Consul sans cesser d’estre pere. On peut-estre Romain & proteger Titus. BRUTUS. Ouy, je me sens seduit mon fils par tes vertus. Ma rigueur contre toy n’a rien qui la soûtienne. Ta noble fermeté sçait ébranler la mienne. Je pars, & je vais voir de quels yeux le Senat, Aprenant ton remords, verra ton attentat. ”
Joseph Fabre, Les Libérateurs, ou l'Héroïsme civique en action… (1882)
“ Plutôt mourir que perdre la liberté. » — « Eh, reprit Cassius, quel Romain ne préférerait la mort de César à la mort de Brutus? Ne vois-tu pas que tu es l'homme sur qui comptent tous les gens de cœur? » Ce Brutus qui délivra Rome des rois t'a légué en héritage le soin de délivrer Rome d-e César. Mais peut-être aimes-tu trop César? » — « César m'aime, répondit Brutus, et j'aime César; mais j'aime Rome davantage. » - « Eh bien, Brutus, si tu penses qu'il y a quelque chose à faire pour la patrie, sache que nous sommes plusieurs qui pensons de même. Sois le chef ; nous serons les soldats. » ”
“ Valère Que dis-tu là ?Brute Je dis que Rome est délivrée. A la foule.Plus de rois !Citoyens Plus de rois !Brute Marchons alors !Valère Courons !Brute, sois notre chef, commande et nous suivrons. Brute, Se tournant vers le corps de Lucrèce qu’on emporte sur une litière. A Rome ! Donc, à Rome ! Ô mânes tutélaires,Faites que votre sang féconde nos colères !Précédez notre marche, et que votre convoi Porte le premier coup contre le dernier roi !Nous, pleins du même esprit, marchons comme un seul homme Romains de Collatie, à Rome !Citoyens A Rome ! A Rome ! ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Brutus. — Le visage de Titinius est tourné vers le ciel. Caton. — Il est tué. Brutus. — Ô Jules César, tu es puissant encore ! ton âme erre dans les airs, et tourne nos épées contre nos propres entrailles. (Sourdes alarmes.) Caton. — Brave Titinius ! Voyez, comme il a couronné Cassius mort ! Brutus. — Deux Romains pareils à ceux-là vivent-ils encore ? Adieu, toi le dernier de tous les Romains ! il est impossible que jamais Rome engendre ton pareil. Amis, je dois plus de larmes à cet homme ici mort, que vous ne me verrez lui en payer. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ « Mais, quant à Brutus, ses familiers amis par plusieurs sollicitations, et ses citoyens par plusieurs bruits de ville et plusieurs écriteaux l’appelaient nommément, et l’incitèrent à faire ce qu’il fit : car au dessous de celui sien ancêtre Junius Brutus qui abolit la domination des rois à Rome, on écrivit, Plût à Dieu que tu fusses maintenant, Brutus, et une autre fois, Que vécusses-tu aujourd’hui, Brutus ! le tribunal même, sur lequel il séait et donnait audience durant le temps de sa préture, se trouvait le matin tout plein de tels écriteaux, Brutus, tu dors, et n’es pas vrai Brutus. » ”
