Martial

Martial

Résumé

Portrait de Martial Martial Épigrammes

Maintenant je ne serai plus le jouet du hasard et du vent qui souffle ; maintenant l’inspiration me viendra à mes heures, je serai poète à mes heures. Je dirai comme Horace : L’indépendance est le plus précieux des biens ; et je me plongerai dans ma douce paresse. Adieu donc, ma vie passée, et même adieu la gloire ! Ma gloire désormais, désormais mon bonheur, désormais ma fortune, c’est Marcella !
Je quittai Rome comme en triomphe. J’y étais arrivé pauvre, seul et nu, victime consacrée à la poésie : j’en sortais riche, et marié avec une charmante femme de cœur.
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Portrait de Martial Martial Épigrammes

Là j’étais véritablement mon maître ; je redevenais un homme ; j’osais chanter la liberté romaine, mon vieil amour ; je célébrais tous les grands hommes de la république, le vieux Caton, le vieux Bruius, tous les héros de cette Rome qui n’était plus ; j’écrivais à Juvénal, le maître de la satire romaine, et je lui envoyais les pâles fleurs de mon jardin. Quelquefois aussi, tout à l’amour, je célébrais les belles et jeunes femmes qui avaient daigné sourire à ma poésie, fille de l’amour ; quelquefois encore, tout à l’amitié, je me reposais de mon métier de parasite, et, chose incroyable !
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Portrait de Martial Martial Épigrammes

C’est que l’envie ne reconnaît que les talents qui ne sont plus. C’est ainsi que, par suite d’une vieille habitude, nous recherchons, de préférence aux constructions modernes, l’ombre dégradée des portiques de Pompée et le temple ruiné de Catullus. Rome lisait encore les vers d’Ennius du vivant de Virgile ; le siècle d’Homère faisait à peine l’aumône au sublime vieillard ; Ménandre, l’honneur du théâtre, n’y rencontra que froideur et dédain ; le charmant Ovide, de son vivant, ne fut reconnu un grand poète que par Corinne, sa maîtresse.
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