Résumé

Eugène Secretan Du Sentiment de la nature dans l'antiquité romaine… (1866)

Des chants aussi vibrants sont inconnus à l'antiquité romaine ; néanmoins, on y trouverait en germe, dans Virgile, dans Properce, dans Ovide, cet effort pour transformer la nature tantôt en un confident intime, tantôt en un spectateur presque ironique.
Une chose est complétement neuve dans notre sentiment moderne de la nature, c'est qu'il a conscience de lui-même : en un mot, nous avons une esthétique de la nature, et le monde ancien ne la soupçonna même pas.
Le sentiment de la nature à Rome sert donc d'intermédiaire entre celui de l'Orient et de la Grèce et celui de notre temps.
Source : Gallica

Eugène Secretan Du Sentiment de la nature dans l'antiquité romaine… (1866)

Voilà une concision pittoresque qui le dispute à Virgile et à Horace.
Avant qu'Ovide eût mis la dernière main aux Métamorphoses et aux Fastes, une sentence d'Auguste le reléguait à Tomi, sur les bords de la mer Noire, dans un exil lointain. Il est des talents que l'épreuve mûrit, d'autres qu'elle dessèche prématurément, mais en général elle rapproche l'homme de la nature. S'il n'en a pas été ainsi pour Ovide, la faute n'en est pas seulement à lui, dont le caractère le portait vers la société et non vers l'isolement, mais surtout au climat inhospitalier de son lieu d'exil.
Source : Gallica

Eugène Secretan Du Sentiment de la nature dans l'antiquité romaine… (1866)

Nul ne le contestera, la grandeur de Rome, après que l'Orient et la Grèce eurent échoué à fonder des états, c'est d'avoir lentement élevé une puissante nationalité, majestueux mais lourd édifice qui pesait trop fortement sur la terre. Le ciment romain, au moral comme au physique, voilà l'emblême du peuple constructeur et organisateur. Après l'homme-nature en Orient, l'homme artiste en Grèce, l'homme citoyen était venu; or l'homme citoyen n'a pas le temps d'admirer beaucoup la nature.
Source : Gallica

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