“ Mais Hector qui, sur un tel sujet, ne s’embarrassait guère de l’opinion de Quintus Curtius, ni même de celle de l’Antiquaire, répondit étourdiment : « N’ayez pas peur, monsieur, n’ayez pas peur. » « À ces mots il lâcha la bride à son coursier, Et l’éperon sanglant aussitôt l’aiguillonne ; Comme un trait il s’élance, intrépide guerrier, Il dévore la route et n’écoute personne. » ”
Quintus Curtius
Définition et enjeux
Citations sur “Quintus Curtius”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ Il était depuis longtemps membre de l'Académie de Madrid ; il reçut en 1845 la couronne d'or de poëte lauréat. Quintana continua la tradition des grands poètes espagnols : il éleva le vol de la poésie populaire, et par ses vers, où respirait un enthousiasme vrai, il enflamma toutes les âmes. Outre ses œuvres originales, on lui doit un recueil estimé des poètes castillans (Tesoro del Parnasso) . J. M. Maury a traduit quelques-unes de ses poésies dans l’Espagne poétique (1826) ; Laffon de St-Marc a trad. sa Vie du Cid (1843) . QUINTE-CURCE, Quintus Curtius Rufus, historien latin. ”
Charles Giraud,
Oeuvres mêlées de Saint-Évremond…
(1865)
“ Inter quse Bagoas erat specie singulari spado, atque in ipso flore pueritke ; cui et Darius fuerat assuetus, et moz Alexander assltevit. Quintus Curtius, VI, cap. v, 22. pouilla de toutes choses, et ne garda rien pour lui, que l'espérance des conquêtes, ou la résolution de périr. Lorsqu'il n'avoit presque plus besoin de personne, il paya les dettes de toute l'armée. ”
Edgar Quinet,
Revue des Deux Mondes
“ Seize ans après, elles furent appliquées avec beaucoup plus d’éclat encore à l’histoire romaine, par un homme qui possédait toutes les qualités nécessaires pour détruire et pour édifier ; car il avait du scepticisme et de l’enthousiasme dans une mesure égale, presque autant d’imagination que de science, et par-dessus tout cela, une ardeur de prosélytisme, une gravité, un héroïsme d’intelligence, tels qu’il est bien difficile à ses adversaires même de prononcer son nom sans vénération. Imaginez un Curtius érudit, toujours prêt à se jeter dans les gouffres inconnus. ”
“ Et Curtius, croyez-moi, portant l’auréole de son dévouement romanesque, est, à l’heure où il sort vainqueur de son gouffre, précisément l’homme qu’il faut pour patronner telle impossibilité qui va tourner en évidence. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ L’amour de la gloire & de la profession des armes, porta le jeune Curtius à imiter le généreux désespoir de ces vénérables vieillards, en se précipitant dans un gouffre qui s’étoit ouvert au milieu de la place de Rome, & que les devins avoient dit être rempli de ce qu’elle avoit. ”
Pierre Alexis de Ponson du Terrail, La Bouquetière de Tivoli
“ Mais il était libre, la nuit était silencieuse, la berge déserte, et ses ennemis, fort tranquilles, le croyaient au fond de la cave du moulin. Nous l’avons dit, il faisait clair de lune. Curtius se sécha de son mieux en se roulant dans l’herbe ; puis il chercha à s’orienter. ”
Victor Marchand, L'utopiste (1882)
“ Aujourd'hui, si ces trois jeunes gens vivaient encore, ils n'auraient ni l'un ni l'autre sans doute trouvé l'occasion de mourir comme Curtius; mais toute leur vie aurait été remplie non-seulement d'actions honnêtes, mais d'actes généreux inspirés par une foi profonde; et, quoi qu'ils eussent fait, ils auraient encore regretté, à leur dernière heure, de n'avoir pas fait assez pour aider au sauvetage, au rachat de l'humanité. Mais, hélas! ce n'est point la vie d'un homme, ni de trois, ni de mille, qu'il faut pour cette œuvre ardue, immense. Dieu n'accepte pas les sacrifices à la Curtius. ”
Claude-Adrien Helvétius,
De l’Esprit
“ Pour former un Curtius, il suffit qu’un homme, fatigué de la vie, se trouve dans la malheureuse disposition de corps qui détermine tant d’Anglais au suicide ; ou que, dans un siecle très superstitieux, comme celui de Curtius, il naisse un homme qui, plus fanatique et plus crédule encore que les autres, croie par son dévouement obtenir une place parmi les dieux. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ On ne sait rien de sa vie ; on présume qu'il vécut au Ier siècle de notre ère parce qu'on trouve un écrivain de ce nom parmi les rhéteurs sur lesquels Suétone avait écrit des notices. Tacite et Pline citent un Curtius qui fut consul, puis gouverneur d'Afrique ; mais rien n'autorise à voir notre historien dans ce personnage. Quelques-uns le font vivre sous Constantin ou même sous Théodose. Quinte-Curce nous a laissé une Histoire d’Alexandre en dix livres ”
Pierre Alexis de Ponson du Terrail, La Bouquetière de Tivoli
“ Dix ans s’écoulèrent, la Révolution arriva ; Curtius se trouva un grand patriote. On le nomma capitaine de la garde civique de son village. Force lui fut de monter à cheval pour la seconde fois. Au mépris de ses épaulettes toutes neuves et des fonctions majestueuses dont il était revêtu, son cheval lui fit, en pleine place de la Révolution, ce qu’on appelle un saut de mouton, et le citoyen Curtius rentra chez lui boueux et contusionné. ”
Paul Duplessis,
Les Étapes d'un volontaire
“ Mon représentant est le meilleur vivant qu’il soit possible d’imaginer. Aimant par-dessus tout le plaisir et ayant en moi une confiance absolue et sans bornes, il représente, mais c’est moi qui gouverne. Curtius, m’a-t-il dit, il y a trois mois de cela, à la suite d’un fabuleux dîner qui dura quarante-huit heures, Curtius, je suis un bel homme, et je représente mieux que personne au monde ”
Abel Quinton, Le gladiateur et les communeux de Rome ancienne (1876)
“ Son habileté consisteraitet c'était l'objet de ses résolutions du moment—d'une part à faire marcher, ainsi qu'elle venait de le dire, ceux qui paraissaient s'endormir dans leurs complots et à mettre le feu aux étoupes, et, d'autre part, à tenir en éveil la vigilance du consul, en l'avertissant de certains faits, ou même à l'éclairer complètement si les circonstances lui inspiraient de le faire. Il fallait donc bien se garder d'exciter le moindre soupçon dans l'esprit de Quintus Curius et de cette Tucça, qu'elle avait devant elle. ”
Arsène Houssaye,
Blanche et Marguerite, par Arsène Houssaye
(1864)
“ J'ai répondu que cela vous regardait... — Ah ça! que chantes-tu, Jeanne-aux-Bluets? s'écrie Curtius, qui s'est levé et qui se rapproche des deux jeunes filles.—Est-ce que le citoyen Mi-réfa-sol serait bigame?Il ne lui manque plus que cela ! — Mi-ré n'a épousé ni l'une ni l'autre, cela se voit bien, dit un sans-culotte, l'ex-sacristain de la paroisse. — A quoi vois-tu cela, toi? — Parbleu, à sa tranquillité... Un homme qui a deux femmes sur les bras n'est pas aussi calme que cela. — Je veux savoir la vérité! s'écrie Curtius. Il n'y a ni folie, ni calme, ni violon qui tienne! ”
Jules Girard, Revue des Deux Mondes
“ Il faut lire dans M. Curtius le détail précis et ingénieux de ce parallèle. Bien que peut-être on n’y trouve pas toujours au degré qu’on serait en droit d’attendre la netteté supérieure et les brillantes qualités de l’éminent historien, c’est l’œuvre généreuse et le plus souvent juste d’un esprit élevé. ”
Charles Loriquet, Catalogue historique & descriptif du musée de Reims… (1881)
“ Voir sur ce dernier, Peinture, Ecoles d'Italie, n° 4. Ach. en 4 841. 18. Le dévouement de Curtius. Bas-relief en pierre. H. 1,50. — L. 0,55. L'an de Rome 390, un gouffre s'étant inopinément ouvert sur le forum, et rien ne pouvant éteindre les gaz enflammés qui s'en échappaient, une crainte superstitieuse s'empara des esprits. Marcus Curtius y mit un terme en se précipitant tout armé dans le gouffre, après s'être voué aux dieux infernaux. Offert en <1845, par M. de S'-Marceaui, maire de Reims. 19. La Résurrection du Christ. ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal
“ Valère-Maxime rapporte l’exemple d’un chevalier romain, nommé Curtius, qui voulut attirer sur lui-même tous les malheurs dont Rome était menacée. La terre s’était épouvantablement entrouverte au milieu du marché ; on crut qu’elle ne reprendrait son premier état que lorsqu’on verrait quelque action de dévouement extraordinaire. ”
Gaston Boissier,
Revue des Deux Mondes
“ Il a enfin les lettrés, qui admirent en lui le plus grand orateur de Rome ; parmi eux, des jeunes gens en grand nombre, dont plusieurs portent un nom illustre, et qui tiennent à honneur de passer pour ses disciples. Ils le suivent partout, prêts à exécuter ses ordres, à lui servir de messagers, à le défendre si on l’attaque, Quintus nous apprend que cette sorte de jeune garde, quand elle est bien composée, comme celle dont s’entoure Cicéron, produit un excellent effet au Champ de Mars, les jours d’élection. La jeunesse semblait se partager entre Catilina et lui. ”
Abel Quinton, Le gladiateur et les communeux de Rome ancienne (1876)
“ Marcius, attiré par la souffrance, et sachant d'ailleurs ce que le gladiateur vaudrait pour lui, au milieu des circonstances qui allaient naître, lui avait juré solennellement, que la haine de Curion le lanista ne s'assouvirait pas par un combat à mort dans le cirque entre le père et ses enfants, que Dacus et Lydus lui seraient rendus avant les jeux de César, et, en faisant ce serment, il avait pensé à Caius Scribonius Curion, attendu que le lanista était un affranchi de son père. ”
Gaston Boissier,
Revue des Deux Mondes
“ Or, à Rome, c’est une des premières conditions de succès pour un candidat de ne se montrer jamais en public qu’entouré d’un cortège imposant ; on n’a de considération pour lui que s’il traîne la foule à sa suite ; il lui faut, dit Quintus, vivre toujours avec la multitude, esse cum multitudine. Ces amis qui doivent venir le saluer le matin à son réveil, ces cliens qui le suivent et l’écoutent au Forum, Cicéron, malheureusement pour lui, ne les a pas trouvés, comme les patriciens, dans l’héritage de sa famille et il a été forcé de se les procurer à lui-même. ”
Abel Quinton, Le gladiateur et les communeux de Rome ancienne (1876)
“ Erox semblait les compter en souriant amèrement et en les montrant à son interlocuteur. Les deux hommes gardèrent le silence pendant quelques instants. Jéchonias le rompit le premier, en disant : — Ainsi, il n'y a pas eu moyen d'empêcher Curion de s'emparer de ton fils ? — Derrière Curion est le peuple romain tout entier. Mon fils appartient au peuple comme je lui appartiens moi-même. Ceux qui assistaient Curion avaient leurs glaives nus à la main. Curion, au premier effort que j'ai tenté, a dit à la mère et à la sœur de Dacus : « Pas de résistance! ou Dacus est mort!. » ”
Antonin Deloume,
Les manieurs d'argent à Rome jusqu'à l'Empire
(1892)
“ C’est au Forum, évidemment, ou dans les basiliques, qu’il retrouve tous les jours les représentants de ces très honorables et très grandes sociétés [340] ; à moins qu’il ne les voie aussi, se succédant à son domicile, pour exprimer leurs sentiments au frère du proconsul d’Asie, ce qui n’est guère vraisemblable, même avec les habitudes obséquieuses des Romains de cette époque. Le rendez-vous universel et journalier, c’est le Forum. [340] « Quod tibi quotidie ad forum descendenti, meditandum esse dixeramus », dit Quintus à son frère Cicéron, candidat au consulat. ”
“ Curtius tenait dans sa main la gorge du chef d’une gigantesque maison qu’il pouvait à son gré étrangler ou relever ; Curtius planait à cent coudées au-dessus de son dangereux passé, et le jeune duc, au profil bourbonien, arrivant sous son aile, muni de titres capables de faire chanceler la plus robuste incrédulité, possédant des fidèles au faubourg Saint-Germain, ayant pour lui l’hésitation d’un parti, le prestige d’une tradition, le caprice d’un souverain : tout cela doublé d’or, car Lecoq et le baron Schwartz allaient être d’accord pour jouer leur-va-tout sur cette chance féerique ”
Charles-Guillaume Étienne,
Vie de Chrétien-Guillaume Lamoignon-Malesherbes…
(1802)
“ Rome compta parmi ses oppres ¬ seurs plusieurs tyrans aussi féroces que Néron ; plusieurs courtisans aussi lâches qu'Antoine : elle ne nous offre qu'un seul Curtius se précipitant dans un gouffre pour sauver sa patrie. ”
Pierre Alexis de Ponson du Terrail, La Bouquetière de Tivoli
“ Curtius tressaillit. — Quand la guillotine sera prête, ils le guillotineront. — Ah ! diable ! fit Curtius, l’idée est drôle. — C’est la peine du talion, comme ils disent. — Mais, s’il en est ainsi, dit Curtius, pourquoi donc me demandes-tu sa vie ? C’est à eux qu’il faut s’adresser. — Écoutez bien ce que je vais vous dire, reprit Brulé. — Voyons. — Les royalistes sont dans la forêt de Bréchat. La forêt est épaisse, et jamais on ne les en débusquera ; mais on peut y mettre le feu. ”
Ferdinand de Saussure,
Recueil des publications scientifiques de Ferdinand de Saussure
“ Plus tard les différentes langues ont laissé s’accomplir, séparément les unes des autres, un second scindement de l’a qui a produit l’o. Au sud de l’Europe néanmoins, cette voyelle a dû prendre naissance dès avant la fin de la période gréco-italique, vu la concordance de l’o des deux langues classiques, notamment dans la déclinaison des thèmes masculins en -a (ἵππος = equos) . Nous croyons représenter exactement le système de M. Curtius par le tableau suivant [2] : L’exposé de M. Fick (Spracheinheit der Indogermanen Europas, p. 176 seq.) reproduit en gros le système précédent. ”
Pierre Théodore Morin, Chronique de la famille Morin, de Dieulefit…
“ Son beau-père le condamne à la mort. Alors le père de Quintus qui est Sénateur en appelle au Sénat. Le Sénat indécis renvoie ce jugement au peuple qui tour à tour vote pour la mort ou la grâce de Quintus, suivant les discours du Consul qui représente que la discipline romaine en sera relâchée si on lui fait grâce, ou de ceux du père et de l' ami; Le second dit au peuple : "le condamnerezvous à la mort lui qui a donné la vie à vos enfants, etc.. On recueille les suffrages et du temps qu'on les dépouille la femme et le beau-père de Quintus attendent dans l'impatience le résultat. ”
A. Bossert, Revue des Deux Mondes
“ Au fond, Curtius n’était ni républicain ni monarchiste : toute sa politique remontait à la Grèce en passant par Rome, comme celle de Bossuet était tirée de l’Écriture sainte. Plus tard, dans un de ces discours d’apparat où il excellait, il mettra les victoires de la Prusse sous l’égide de Pallas Athéné, et il comparera la lignée des Hohenzollern aux Pélopides d’Argos, aux Cadméens de Thèbes, aux Tarquins de Rome. ”
Abel Quinton, Le Dieu Plutus, par M. A. Quinton… (1868)
“ Mais Furius n'était pas ce dieu Plutus, immobile sur son piédestal d'airain, abaissant les plus fiers ou les relevant à son gré, ne faisant que sourire au bruit de tous les autres dieux, tombant autour de lui, dans la capitale du monde, sous les coups du Christianisme, et se disant que désormais il serait seul, toujours seul à régner sur Rome et sur l'univers ! Furius était esclave, et comme esclave il lui fallait avoir le regard sans cesse fixé sur la main qui, d'un coup, pouvait l'abattre et, en s'emparant de toutes ses richesses, faire de lui, et à tout jamais, le dernier des misérables. ”
Abel Quinton, Le gladiateur et les communeux de Rome ancienne (1876)
“ Mais toi-même tu exècres Rome et tu l'as déjà combattue. Comment ce que je te propose peut-il te paraître si infâme, quand il ne s'agit que d'aider ceux qui sont prêts avec tes compagnons d'infortune, et empêcher par là que le peuple romain ne se repaisse, dans les jeux de César, du spectacle de ton agonie par les coups de tes deux enfants?. Je ne te comprends pas, Érox. — Tu hais Rome, Judaeus, et tu dis que je l'exècre aussi. Tu as raison, car je suis la preuve vivante de la plus grande souffrance, que cette ville impitoyable ait jamais imposée à un malheureux. ”
Abel Quinton, Le gladiateur et les communeux de Rome ancienne (1876)
“ Jusque-là ne compte pas sur moi Tu prétends que je ne hais pas Rome et que je n'ai jamais même pensé à m'en venger! Voilà ma haine et voilà ma vengeance! Eh! je sais que le temps approche où ce que je souhaite sera pleinement réalisé. J'ai rencontré un homme, c'est Marcius, le descendant des anciens rois de Rome, qui m'a dit qu'un Dieu allait venir, et toi-même, Jéchonias, tu m'as confirmé dans cette espérance, car plus d'une fois tu m'as parlé de ce Messie que les livres sacrés de ta patrie annoncent. ”
Abel Quinton, Le gladiateur et les communeux de Rome ancienne (1876)
“ Tout justement et comme pour confirmer le lanista dans ses soupçons, Mathon s'évertuait en ce moment, avec un redoublement d'éloquence, à déclarer : « Que les plus illustres citoyens de Rome comptaient sur le peuple pour faire passer la loi Servilia, malgré tous les efforts des intéressés et des intrigants en sens contraire ; que le peuple serait vigoureusement secondé par ces hommes généreux ; que les plus grandes ressources avaient été amassées dans ce dessein, et que des forces considérables étaient, depuis un certain temps, tenues en réserve. » Ces derniers mots décidèrent Curion. ”
