Résumé

A. Bossert Revue des Deux Mondes

Tout cela vaut bien le prix d’une âme. Et pourquoi Faust ne donnerait-il pas son âme ? Son âme n’est-elle pas à lui ? Le mot de damnation ne l’effraye pas, car qu’est-ce autre chose qu’un mot ? L’enfer sera pour lui l’Élysée ; il conversera avec les anciens philosophes. Il a des momens où il est plus diabolique que Méphistophélès. Quand celui-ci lui parle du temps où il voyait la face de Dieu, il lui répond : « Quoi ! le grand Méphistophélès est à ce point ému d’être privé des joies du ciel ! Apprends donc de Faust le mâle courage, et méprise ces joies que tu ne posséderas plus jamais. »
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A. Bossert Revue des Deux Mondes

Méphistophélès, si vivant au début, s’atténue et s’humanise, et semble presque embarrassé de son rôle de tentateur ; on sent et il paraît sentir lui-même que son pari est perdu ; le poète l’incarne dans des figures secondaires ; il est le fou à la cour de l’empereur, l’Avarice derrière le char de Plutus, la gardienne du foyer de Ménélas. Faust lui-même n’est plus qu’un symbole, le symbole de l’humanité à la recherche de la beauté, de la vérité, de la liberté, du bonheur. Le plan se modifie, en suivant les transformations de l’esprit de Gœthe.
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Nulle distinction n’est faite, dans la forme du pari, entre la vie présente et la vie future. « Ce qui est au-delà m’inquiète peu, dit Faust à Méphistophélès. Quand tu auras brisé ce monde, que l’autre s’élève sur ses ruines ! C’est cette terre qui est la source de mes joies ; c’est ce soleil qui luit sur mes souffrances. Quand je pourrai prendre congé d’eux, qu’alors arrive ce qui voudra, ce qui pourra ! » C’est ce monde que Faust veut connaître, qu’il veut embrasser par la pensée, par l’action et par la jouissance, qu’il veut absorber en sa personne.
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