Résumé

Jules Girard Revue des Deux Mondes

Cependant, en réalité, laquelle des deux races répond le mieux par son caractère aux conditions et aux destinées naturelles d’une contrée si remarquablement maritime ? N’est-ce pas plutôt l’Ionien, navigateur, actif, aventureux, tenant toujours en éveil les facultés les plus vives et les plus brillantes de sa souple nature ? Qu’est-ce que le génie grec, sinon le mouvement et l’éclat dans la vie et dans la pensée ? La poésie, les arts, l’éloquence, la philosophie, l’instinct de liberté qui les inspire et leur donne l’élan : voilà par où la Grèce s’est révélée.
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Jules Girard Revue des Deux Mondes

Sous la gracieuse influence de l’amour, Polyphême a perdu son aspect sauvage ; il garde seulement de la lourdeur et de la gaucherie. Théocrite, au contraire, qui ne parle qu’à l’imagination, peut insister sur le trait essentiel, l’œil unique. C’est ce qu’il fait, avec un juste sentiment de l’art : autrement, son Cyclope n’aurait été qu’un berger amoureux. Il en a tout le langage. Aux manèges de sa maîtresse il oppose ses propres malices : il feint d’aimer une autre femme ; il excite et fait aboyer contre elle son chien, qui naguère l’accueillait par de doux jappemens et des caresses.
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Jules Girard Revue des Deux Mondes

Il est toujours là, et il y a toujours été. C’est le spectateur perpétuel de la tragédie, depuis son origine, qui remonte à plus d’un siècle, jusqu’au temps présent. C’est en effet à ce titre qu’Aristophane le choisit pour décider la querelle d’Eschyle et d’Euripide, et non comme divinité de l’inspiration poétique. Bacchus devient une personnification du public athénien, convié à se reconnaître dans cette image peu flatteuse. Inintelligent, fantasque, mauvais plaisant, il ne brille ni par la sûreté du goût ni par la fermeté du jugement ; il est de l’avis du dernier qui parle.
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