Résumé

Alexis Pierron Histoire de la littérature grecque (1850)

C’est la nature ayant conscience d’elle-même, se possédant par la réflexion, se projetant ensuite au dehors et se manifestant aux yeux. Dans l’Iliade et dans l’Odyssée, l’œuvre est égale à la conception, le réel à l’idéal ; et l’on sent que le poëte, comme Dieu après la création, n’a pas été mécontent de ce qui était sorti de ses mains. Chacun des deux poëmes est une sorte de petit monde, un ensemble harmonieux, où se sont fondus, dans je ne sais quelle mystérieuse unité, pensées, sentiments, images, expressions, tout enfin, jusqu’à l’accent des syllabes, jusqu’au son des mots.
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Alexis Pierron Histoire de la littérature grecque (1850)

Hérodote n’a rien de commun avec les écrivains qu’on appelle éloquents. Il ne cherche pas plus les effets de style qu’Homère ne vise au sublime. Il ignore même ce que c’est que le style, ou du moins ce qu’on appelle ordinairement ainsi, cet agencement des phrases et des mots, ces savantes combinaisons qui donnent au discours l’aspect d’un tissu bien façonné. Il parle sa pensée, voilà tout son art : le mot le plus simple, le plus naïf et le plus nu, la tournure aussi la moins contournée, la moins tournure, si j’ose ainsi dire, voilà tout ce qu’on trouve d’un bout à l’autre de son ouvrage.
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Alexis Pierron Histoire de la littérature grecque (1850)

Le caractère d’Achille est le triomphe du génie d’Homère. Achille est à la fois un héros et un homme ; et c’est là ce qui fait l’intérêt profond de l’Iliade. La passion l’aveugle ; il voue aux Grecs une haine impitoyable ; son désespoir, à la mort de Patrocle, la fureur de vengeance qui le saisit, son acharnement contre Hector, toutes ces faiblesses d’une âme imparfaite, nous en sentons le germe en nous ; et les accents du poëte qui les raconte vibrent jusqu’au fond de nos entrailles.
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