Maurice Croiset

Résumé

Maurice Croiset Histoire de la littérature grecque… (1887-1899)

L'instant si court de la perfection est irrévocablement passé. C'est une autre forme de l'art, celle du drame, qui va désormais appeler à elle et susciter le génie; elle succède au lyrisme comme le lyrisme lui-même avait succédé à l'épopée.
Debout ainsi à la limite de deux âges, entre le lyrisme dorien qui finit et le drame attique qui débute, Pindare n'en est que plus grand. Il est le témoin du passé plus que le prophète de l'avenir ; mais ce passé est si mal connu et Pindare le personnifie avec tant de puissance, qu'il faut se féliciter que le poète soit si peu un Attique.
Source : Gallica

Maurice Croiset Histoire de la littérature grecque… (1887-1899)

Il n'est pas rare, par exemple, que cette idée centrale du poème, cette idée génératrice d'où tout le reste sort, ne soit nulle part exprimée dans l'ode en termes explicites; ou, si elle l'est, c'est comme par hasard et en passant. Le poète insinue son idée plus qu'il ne l'explique ; il se garde de prêcher et de démontrer. On la sent au fond de son esprit ; elle est comme le pôle invisible vers lequel son inspiration se tourne sans cesse; mais elle ne s'offre pas aux regards avec la clarté que préférerait la prose.
Source : Gallica

Maurice Croiset Histoire de la littérature grecque… (1887-1899)

Théognis de Mégare est tout différent1. L'élégie grecque est vraiment une source inépuisable de contrastes.
Tandis que la poésie de Solon est harmonieuse et sereine, celle de Théognis est âpre et passionnée. Tous deux ont vécu au milieu de discordes civiles prolongées ; mais l'un, par la hauteur bienveillante de sa pensée, s'élève au-dessus d'elles comme un arbitre ; l'autre se mêle à la lutte, y donne et y reçoit des blessures, ressent des haines vigoureuses, et, jusque dans sa modération, semble moins un sage naturellement éloigné des excès qu'un violent qui se contient.
Source : Gallica

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