“ Silius Italicus, d’une vie si modeste, le disciple de Cicéron et de Virgile tour à tour, l’homme du barreau et du Mont-Sacré, a sa place dans mes vers. Pas un grand nom n’a été oublié dans ma louange, jamais la pâle envie n’a approché de mon cœur ; tous mes contemporains qui ont eu du génie ou de la vertu, je les salue avec respect : Rabirius l’architecte, Celer le préteur, Silius le consul, Nerva l’orateur, Catinus l’honneur de la science, Agathinus le vaillant soldat, Marcellinus vainqueur des Gètes. ”
Silius Italicus
Définition et enjeux
Citations sur “Silius Italicus”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ SILIUS ITALICUS (C.) , poëte épique latin, né vers l'an 25 de J.-C., soit en Italie (à Rome ou à Corfinium) , soit en Espagne, à Italica (Séville-la-Vieille) , d'où son nom, fut consul sous Néron (68) , puis gouverneur de l'Asie-Mineure. Il avait pour Cicéron et Virgile une sorte de culte : il acquit à grands frais la maison de l'orateur à Tusculum et celle du poëte à Naples. Il quitta de bonne heure les affaires pour se livrer aux lettres. Ne pouvant supporter les douleurs d'un ulcère, il se laissa mourir de faim, à 75 ans. ”
Eugène Secretan, Du Sentiment de la nature dans l'antiquité romaine… (1866)
“ Silius Italicus, Valerius Flaecus et Stace, trois poëtes, plus ou moins épiques, de 3me ordre, mais qui sont, d'ordinaire, traités un peu trop dédaigneusement par ceux qui ne les ont pas lus. Silius Italicus était un homme riche qui possédait plusieurs villas au sud de l'Italie ; il doit avoir acheté, entre autres, des villas de Cicéron et de Virgile, ses deux modèles. Mais la fortune de Silius Italicus était plus considérable que son imagination. Son long poëme épique sur la guerre punique en fait foi : son imitation servile de Virgile lui a été plus utile pour la langue que pour les idées. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ C’est pourquoi les écrivains du siecle de cet empereur donnoient à cette vertu le nom d’antique, cana fides, pour marquer que les siecles où elle avoit été dans sa force, étoient déjà bien éloignés ; elle existoit avant Jupiter, dit Silius Italicus. ”
Jules Lacroix,
Théâtre : oeuvres de Jules Lacroix…
(1874)
“ Si je l'aime, cet homme au cœur vraiment romain : N'ai-je donc pas le droit de lui tendre la main? N'ai-je donc pas le droit, aujourd'hui, de lui dire : Vous que tant de vertus font digne de l'empire, Acceptez Valéria pour femme. Silius! Prenez pour votre fils mon fils Britannicus! Mouvement. SILIUS. Moi! moi!. Mourir pour vous, c'était ma seule envie!. Mais, madame, à présent, c'est trop peu de ma vie! VALÉRIA, à Silius. Ce que Rome a de plus illustre est sous nos yeux : Devant Rome, devant tous ces noms glorieux, Nous allons échanger nos serments. ”
George Perrot, L’Éloquence politique et judiciaire à Athènes
“ Il y a chez le Sicilien quelque chose de plus sérieux, de plus exalté, de plus passionné. Depuis le Ve siècle avant notre ère, à travers bien des révolutions apparentes, il a changé de religion, de langue et de costume, non de caractère. ”
non signé, Revue des Deux Mondes
“ Enfin, à la cour des rois normands, le vieux français était en usage. De ce mélange de grec, de latin, de goth, de sarrasin, de normand, naquit la langue sicilienne. Les Siciliens assurent que de leur langue a dérivé le toscan vulgaire, et ils se prétendent ainsi, et peut-être avec raison, les fondateurs de l’art et du génie italiens. Plus tard, la langue et les mœurs espagnoles vinrent se mêler à toutes ces mœurs et à tous les dialectes qui ont fait du peuple de Sicile une race si curieuse à observer, même dans sa misère et dans sa nudité. ”
Velleius Paterculus,
Histoire romaine
“ De même Aulus Licinius Nerva Silianus, fils de Publius Silius que ceux-là mêmes qui l’ont connu n’ont pas assez admiré et qui montra toutes les vertus qui font un excellent citoyen et un général plein de simplicité, perdit par une mort prématurée le bénéfice de la grande amitié du prince et ne put s’élever comme son père au faîte de la gloire. ”
“ En somme, si l’on veut voir la vie grecque se prolongeant encore de nos jours, c’est en Sicile, c’est dans la baie de Naples qu’il faut aller. La Grèce proprement dite a été trop dépeuplée ; il s’y est fait trop de substitutions de races. Ici, au contraire, la verve, l’élan primitif, l’abondance facile ont survécu à toutes les aventures hisloriques et s’épanouissent encore sous nos yeux. Une aisance surprenante, parfois un peu de présomption, sont le fruit du haut sentiment que le Sicilien a de sa noblesse. L’idée qu’il est inférieur à qui que ce soit ne lui vient jamais. ”
Joseph Anglade,
Les Troubadours, leurs vies, leurs œuvres…
“ Mais il est temps de quitter le Nord de l'Italie; transportons-nous en Sicile. C'est là, dans cette partie de l'ancienne Grèce, où s'étaient succédé les civilisations arabe et normande, qu'apparaissent dans la première moitié du XIIIe siècle, les premiers monuments de la poésie italienne; la cour de l'empereur Frédéric II devient un centre poétique. Ces premiers bégaiements de la poésie italienne ne portent aucune marque d'originalité; tout—sauf la langue qui est empruntée à la Toscane—est pris aux troubadours. ”
Louis Lemercier de Neuville,
Les Courtisanes célèbres, par L. Lemercier de Neuville…
(1864)
“ Silius était d' une des plus illustres familles de Rome , et dans toute la ville il n' y avait pas d' homme mieux fait que lui . Il était désigné consul et avait pour femme Julia Silana , dame de distinction et de mérite , que Messaline lui fit répudier dans l' extravagant dessein de pren dre sa place . Quoique cette impudique impératrice eût perdu toute honte et que depuis longtemps elle eût complétement rompu avec la bienséance et la pudeur , elle prévit pourtant qu' un mariage si monstrueux ferait un scandale effrayant dans tout l' empire . ”
Louis Bertrand,
Revue des Deux Mondes
“ Grecs, Carthaginois, Romains, Vandales, Byzantins, Arabes, Normands, Allemands, Angevins, Espagnols, — chacun laissant sur le sol de la très vieille Trinacrie des vestiges plus ou moins profonds de son passage, de ses arts, de ses religions, de ses langages. Les civilisations s’y superposent en couches si nombreuses qu’on ne sait plus où retrouver le terroir primitif. Mais surtout la Sicile est une des terres privilégiées de la poésie. ”
Christian Matthias Theodor Mommsen,
Histoire romaine
“ Que si, dans certains dialectes grecs de la Sicile, on rencontre en grand nombre des idiotismes quasi-latins, ceux-ci ne tiennent pas non plus le moins du monde à une prétendue communauté de langue entre les Latins et les Sicules ; ils sont tout simplement le résultat de rapports commerciaux anciens entre Rome et la Grèce sicilienne. Nous croyons d’ailleurs volontiers que la famille latine a occupé, dans les temps tout à fait reculés, le Latium, la Campanie, la Lucanie, l’Italie propre entre les golfes de Tarente et de Laüs [3] , et même la moitié orientale de la Sicile. ”
Charles Steur, Ethnographie des peuples de l'Europe avant Jésus-Christ… (1872-1873)
“ La Sicile tour à tour visitée par les Phéniciens qui y introduisirent le langage phonétique et le commerce, par les Grecs qui y firent fleurir les beaux arts et l'éloquence, par les Carthaginois qui l'enrichirent et y amenèrent le luxe et l'aisance, la Sicile ne pouvait manquer et ne manqua pas de se placer bien vite à la tête de la civilisation de l'Occident. ”
“ Don Carlos. Le pape veut ravoir la Sicile, que j’ai, Un empereur ne peut posséder la Sicile, Il me fait empereur ; alors, en fils docile. Je lui rends Naple. Ayons l’aigle, et puis nous verrons Si je lui laisserai rogner les ailerons. Don Ruy Gomez. Qu’avec joie il verrait, ce vétéran du trône, Votre front déjà large aller à sa couronne ! Ah ! seigneur, avec vous nous le pleurerons bien, Cet empereur très grand, très bon et très chrétien ! Don Carlos. Le saint-père est adroit. — Qu’est-ce que la Sicile ? ”
George Perrot, Un Peuple oublié - Les Sikèles
“ L’étude des origines de Rome n’a pas été moins largement renouvelée ; les horizons s’y sont ouverts dans la même proportion. Ce phénomène s’est reproduit, d’un bout à l’autre du domaine de la civilisation antique, partout où l’on a pu fouiller librement. La Sicile est un des pays où, dans ces derniers temps, il a été fait le plus d’efforts, et les efforts les plus heureux, pour reconquérir sur l’oubli une part du passé. On ne savait que bien peu de chose, par la tradition, de ce qu’avait été la Sicile avant que s’y fondassent les cités grecques et les comptoirs phéniciens. ”
Alexandre Dumas,
Les Garibaldiens
“ Il y a en ce moment-ci, en Italie, deux peuples différents de civilisation, de patrie, nous dirons même de race : la race latine pure, qui traverse la mer pour affranchir la Sicile, et qui trouve en Sicile une race croisée de Latins, de Grecs, de Sarrasins et de Normands. Si l’on est trop sévère pour Santo-Meli, les Siciliens ne diront-ils pas qu’un des premiers actes d’un de leurs frères de l’Italie du Nord a été de fusiller un patriote sicilien ? ”
J.-J. Ampère,
Revue des Deux Mondes
“ Les Romains et les Grecs se connaissaient bien peu quand ils se rencontrèrent. Le théâtre de leur activité était différent. Les Grecs, le regard tourné vers l’Asie depuis la guerre de Troie jusqu’à l’invasion d’Alexandre, n’imaginaient derrière l’Hémus et au nord de l’Épire que des peuples sauvages. Le détroit de Sicile était pour eux comme l’extrémité du monde ; là commençait le pays des fables et des merveilles. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Que le corps de ce fils du roi soit porté — devant notre armée... Ton Pacorus, Orodes, — nous paye Marcus Crassus (13) . silius. Noble Ventidius, — tandis que ton épée est encore chaude du sang des Parthes, — poursuis les fugitifs ; galope à travers la Médie, — la Mésopotamie et tous les repaires — où se dispersent les vaincus. Alors ton grand capitaine Antoine — te mettra sur un char triomphal, et — posera des couronnes sur ta tête. ventidius. Ô Silius, Silius ! — J’en ai fait assez. Un subalterne, remarque bien, — peut accomplir un trop grand exploit. ”
“ Voilà donc le sort qui, sous votre préture, attendait le peuple romain ! voilà donc la perspective assurée à nos négocians : les tourmens et la mort ! Les négocians n’ont-ils pas assez à redouter les coups de la fortune, sans que nos magistrats, dans nos provinces, fassent peser la terreur sur leurs têtes ? Était-ce donc là le sort que méritait la Sicile, cette province si voisine de Rome, et si fidèle, peuplée de nos alliés les plus utiles, de nos citoyens les plus honorables, et qui toujours nous accueillit avec tant d’affection ? ”
“ Il est digne de votre gravité et de votre sagesse, juges, de ne pas moins nous prêter votre attention par devoir que par plaisir. Dans cette cause relative aux blés, n’oubliez pas, juges, que c’est sur les propriétés et les revenus de tous les Siciliens, sur la fortune de tous les Romains cultivant des terres en Sicile, sur les tributs que nous ont laissés nos ancêtres, enfin sur la vie et sur la subsistance du peuple romain, que vous avez à prononcer. ”
“ Quoi donc ! tant d’hommes qui avaient de la fermeté, du crédit et de la considération, tant de Siciliens, tant de chevaliers romains, lésés par un seul homme aussi vil, aussi déshonoré, ne le poursuivaient pas pour lui faire subir la peine qu’il n’avait pas craint d’encourir ? ”
non signé, Revue des Deux Mondes
“ La grande quantité de Barbares venus en Italie avait fait perdre, dans le VIe siècle, l’usage de la langue italienne, qui n’était plus guère pratiquée que parmi les ecclésiastiques et les gens lettrés. Divers dialectes s’étaient introduits, et dans les villes d’Italie on parlait des langues différentes. Trois langues étaient communément usitées en Sicile. Les Siciliens, les Francs, les Lombards tenaient encore au latin. Les Juifs et les Sarrasins parlaient arabe, et les Grecs leur propre idiome. ”
“ Vous étiez préteur, et des soldats siciliens avaient pour toute nourriture des racines de palmier, alors que des brigands se nourrissaient du froment de la Sicile ! Ô spectacle douloureux, à jamais déplorable ! la gloire de Rome et le nom du peuple romain ont, sous les yeux d’une multitude immense, été en butte à la risée des plus vils ennemis ! Un pirate, sur un misérable esquif, dans le port de Syracuse, s’est promené en triomphateur d’une flotte romaine, tandis que ses rameurs faisaient jaillir l’onde écumante jusque dans les yeux du plus inepte et du plus lâche des préteurs ! ”
Cyriaque Lampryllos,
Quelques remarques sur les fonctions de la Grèce et de Rome dans la propagation du Christianisme
“ Les cinq ou six personnes venues des régions occidentales de l’empire, étaient les presbytres Victor et Vincent, députés de la part de l’Évêque de Rome, empêché d’y assister, au rapport des historiens, à cause de son grand âge, et les évêques Cécilien de Carthage, Hosius de Cordoue, Nicaise de Digne, Eustorge de Milan et Capiton de Sicile. Pour les mêmes motifs on peut présumer que tous devaient être d’origine ou d’éducation grecque. Quant au dernier, quoique portant un nom latin il ne saurait y avoir le moindre doute. [9] La Sicile était un pays grec et presque entièrement peuplée de Grecs. ”
“ Mais, avant de vous faire connaître les malheurs de la Sicile, je crois devoir dire quelques mots sur l’illustration, l’antiquité, l’utilité de cette province. Car si vous devez à tous les alliés, à toutes les provinces et vos soins et votre intérêt, il n’en est pas qui y aient plus de droits que la Sicile. De toutes les nations étrangères, c’est la première qui se soit réfugiée dans l’amitié et dans la foi du peuple romain ”
René Bazin,
Sicile : croquis italiens
(1904)
“ Tenez, dit-il, pour comprendre notre Sicile et pour l'aimer, car c'est tout un, il faut se souvenir qu'elle est une ancêtre, et lui pardonner si elle méle à la civilisation d'aujourd'hui beaucoup de traditions et de rites anciens. ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
“ Les troupes de la Sicile revêtirent de la pourpre un jeune homme obscur, dont l’inimitable beauté échappait, comme il est facile de le concevoir, à l’habileté des peintres et des sculpteurs de son temps. ”
“ Les Siciliens me haïssent parce que j’ai beaucoup fait pour les Romains ? — Mais ceux-ci sont très-fortement prononcés contre vous, ils vous détestent cordialement. — J’ai les Romains pour ennemis parce que j’ai défendu et les droits, et les intérêts des alliés ? — Mais les alliés se plaignent d’avoir été traités par vous comme s’ils s’étaient mis en guerre avec la république. — Les laboureurs sont mes ennemis, à cause de la dîme ? — Mais ceux qui cultivent les terres franches, pourquoi vous haïssent-ils ? ”
George Perrot, Un Peuple oublié - Les Sikèles
“ Pour ce qui est plus particulièrement des Sikèles, on comprend qu’il ne puisse être indifférent à tous ceux qu’intéresse l’histoire de la Sicile et surtout aux Siciliens de savoir ce qu’ont été ces premiers habitans de l’île, dont ses habitans actuels retrouvent partout la marque dans ces milliers de grottes qui trouent les flancs de leurs vallées. Personne n’ignore combien de races diverses, Phéniciens, Grecs et Latins, Arabes et Normands, ont apporté leur contingent à la formation du peuple de sang mêlé qui donne tant de soucis aux ministres du roi d’Italie ”
Cicéron,
Discours choisis
(1863)
“ La louange est belle, la défense honorable ; mais par quel combat avez-vous sauvé cette province ? Nous savons que depuis la guerre terminée par Aquilius la Sicile n'a pas vu de nouvelle guerre d'esclaves. Mais il en a éclaté une en Italie ; je l'avoue, et même grande, redoutable. Revendiquez-vous donc quelque part dans l'honneur de cette guerre, et prétendez-vous être associé pour la gloire du succès aux Crassus, aux Pompée ? Il ne manquerait plus, pour mettre le comble à votre impudence, que de tenir un pareil langage. ”
Claude-Henri-Augustin Plantier, Enseignements et consolations attachés à nos derniers désastres… (1872)
“ L'Italie sait fort bien qu'il ne lui est pas permis d'en douter. Et qu'on ne répète pas cette stupide allégation que les populations romaines ne supportent qu'en frémissant cette milice venue au Saint-Siége de tous les pays du globe. A part les révolutionnaires italiens, qui après tout le disent eux-mêmes sans y croire, qui n'a pas vu le contraire? L'armée pontificale n'était pas pour les Romains le fruit amer de la conscription ni le symbole de l'impôt forcé du sang ; tous ses soldats s'étaient enrôlés volontairement sous le drapeau du Saint-Siége. ”
