Victor Hugo

Victor Hugo

Hernani (1830)

Résumé

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo,  Hernani (1830)

“ Nous aimons bien. Nos pas sont lourds ? Nos yeux arides ?
Nos fronts ridés ? Au cœur on n’a jamais de rides.
Hélas ! Quand un vieillard aime, il faut l’épargner ;
Le cœur est toujours jeune et peut toujours saigner.
Ah ! Je t’aime en époux, en père ! Et puis encore
De cent autres façons, comme on aime l’aurore,
Comme on aime les fleurs, comme on aime les cieux !
De te voir tous les jours, toi, ton pas gracieux,
Ton front pur, le beau feu de ta douce prunelle,
Je ris, et j’ai dans l’âme une fête éternelle !
Doña Sol.
Hélas !
don ruy gomez.
”
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo,  Hernani

“ Don Ruy Gomez.
Hélas ! Et puis, vois-tu, le monde trouve beau,
Lorsqu’un homme s’éteint, et, lambeau par lambeau,
S’en va, lorsqu’il trébuche au marbre de la tombe,
Qu’une femme, ange pur, innocente colombe,
Veille sur lui, l’abrite, et daigne encor souffrir.
L’inutile vieillard qui n’est bon qu’à mourir.
C’est une œuvre sacrée et qu’à bon droit on loue
Que ce suprême effort d’un cœur qui se dévoue,
Qui console un mourant jusqu’à la fin du jour,
Et, sans aimer peut-être, a des semblants d’amour !
”
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo,  Hernani (1830)

“ Qu'ai-je en moi ?
Être empereur, mon Dieu ! j’avais trop d’être roi !
Certe, il n’est qu’un mortel de race peu commune
Dont puisse s’élargir l’âme avec la fortune.
Mais, moi ! qui me fera grand ? qui sera ma loi ?
Qui me conseillera ?
Il tombe à genoux devant le tombeau.
Qui me conseillera ?Charlemagne ! c’est toi !
Ah ! Puisque Dieu, pour qui tout obstacle s’efface,
Prend nos deux majestés et les met face à face,
Verse-moi dans le cœur, du fond de ce tombeau,
Quelque chose de grand, de sublime et de beau !
Oh ! Par tous ses côtés fais-moi voir toute chose !
”
Source : Wikisource

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