Langue italienne

Définition et enjeux

J. Ferrari Revue des Deux Mondes

La logique instinctive de la poésie est infaillible. Les poètes des patois, par une déférence sans bornes envers cette Florence si odieuse aux défenseurs du parti national, ne faisaient en réalité que saisir le moyen le plus sûr pour se débarrasser de la langue italienne. En reléguant l’italien à Florence, ils s’assuraient le droit d’écrire dans leur langage. Ainsi quatre fois l’Italie s’est efforcée de résoudre le problème de sa langue, et quatre fois elle a interrompu son travail pour changer de voie.
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Ferrari Revue des Deux Mondes

Remontez au-delà du XVIe siècle ; tous les Italiens sont entraînés par la langue italienne ; après le XVIe siècle, ils se trouvent entre deux langues : l’italienne qui exprime la vieille civilisation des seigneuries, et la municipale qui représente des idées bornées, mais vivantes, et ils choisissent la langue de leurs idées, la langue vivante. Dans le patois, leur génie est à son aise, libre, railleur sans pédanterie, élégant sans artifice ; dès qu’ils touchent à la langue italienne, ils sont gênés, fardés comme s’ils écrivaient en latin ou en grec.
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Louis-Aimé Martin Plan d’une bibliothèque universelle

Cependant la langue latine affaiblie s’altère en se divisant, se popularise en s’altérant, se mêle aux dialectes des vainqueurs, et crée tous les idiomes modernes du Midi. Destiné à périr le premier, le Provençal naît le premier ; ce peuple a sa littérature aujourd’hui perdue ; chaînon intermédiaire et brillant, accent lyrique, élan merveilleux, éclair fugitif. L’Italie subit cette influence ; la langue italienne, fille du patois rustique de l’Italie ancienne, se développe sous l’inspiration provençale.
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