Résumé

Ferrari Revue des Deux Mondes

Ainsi, Foscolo et Gioja divinisaient le plaisir et le cherchaient dans l’illusion : Foscolo, en poète, regardait tristement ce rêve de la vie ; Gioja, en économiste, jouait avec les illusions pour obtenir la plus grande somme possible de plaisirs. M. Rosmini voit l’alternative et la pousse aux extrêmes. « C’est l’alternative, dit-il, du désespoir et de la folie ; rejetez-vous l’illusion ? vous désespérez de la vie ; l’acceptez-vous ? votre bonheur, c’est le bonheur de la folie. » — C’est que la nature, poursuit-il, ne suffit pas à l’homme. Aristote n’y trouve que l’image du bonheur.
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On croit que les idées, continue M. Rosmini, nous viennent des sens, grace à l’intelligence qui analyse, abstrait, compare et généralise nos connaissances ; mais toute comparaison, toute abstraction, toute analyse suppose déjà cette connaissance, cette pensée dont on veut retrouver l’origine, et la pensée se fonde déjà sur la préexistence d’une idée. Obscure, mystérieuse, incompréhensible, incapable de s’affirmer, parce qu’elle n’a pas en elle-même l’existence, la sensation ne peut, ni par la parole, ni par une opération de l’entendement, devenir ce qu’elle n’est pas, une idée.
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Donc, ce Dieu qui n’est ni en nous ni hors de nous, que nous voyons sans le comprendre, n’est pour nous qu’une idée vide, négative, un infini qui commence, un Dieu négatif qui nous sert d’initiation au Dieu positif, réel, infini, que nous verrons dans l’éternité. En attendant, l’idée de l’être possible explique la pensée, elle nous fait sortir de nous-mêmes pour affirmer le monde, elle plane au-dessus de la création, et rend compte de ce passage continuel de l’être au néant, de la vie à la mort, que l’on voit dans la nature
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